À l’heure ou ces lignes sont écrites, nous pensons que les trois listes en présence, enfin complètes, ont déposé les noms en préfecture ou vont le faire. Nul doute pour cette échéance électorale, la démocratie pourra s’exprimer. Les électeurs pourront réfléchir, s’ils ne l’ont déjà fait, vers qui porter leur préférence
Trois choix possibles donc. Continuer sur la lancée de dix-huit ans du maire sortant, empreinte d’un certain passéisme parfois destructeur pour la pensée collective. S’engager sur une voie nouvelle avec une liste de gauche LFI/PCF, qui demande à faire ses preuves sur le terrain, mais marquée par une certaine confusion au niveau départemental et national. Ou alors, la liste restante, “Faisons Estagel Tous Ensemble” (FETE), qui se proclame citoyenne, ce mot rappelant quelque part, la Révolution de 1789. Pour ce que nous en savons, une liste avec une moyenne d’âge de 50 ans, dont tous les membres ont un savoir certain.
Une histoire sans histoire
Pourquoi cette épithète direz-vous ? Et bien parce que, jusqu’à aujourd’hui, rien ne vient troubler l’ordre public. Mais cet ordre-là, est-il réellement démocratique ? En effet, mis à part quelques escarmouches sur les réseaux sociaux du niveau des pâquerettes du genre “que fais-tu là, va voir ailleurs chez toi”, rien de probant sur ces lieux qui ne sont vus en vérité, que par une infime partie de la population. Celle à la recherche d’inédit, à l’abri derrière un petit écran.
Rien de probant en tout cas, car voilà une campagne qui donne fortement l’impression d’être rangée derrière le conformisme et le politiquement correct. N’en déplaise aux uns comme aux autres, c’est bien l’impression qui ressort de cette période électorale. Mais ou est donc cette fougue, cette volonté opiniâtre de montrer, d’exprimer cette soif de changement ? Sans cette volonté franchement exprimée, les espoirs de faire autrement restent minimes, incertains. Le moins que nous puissions dire, c’est qu’elle n’entraîne pas la passion des foules. Ceci entraînant cela, c’est-à-dire l’abstention de tous les déçus depuis des lustres, par la non prise en compte de leur vie de tous les jours. Cette fougue, en principe, est l’apanage de la jeunesse. Il est vrai que lorsque le grand âge est atteint, il est même compliqué de venir s’asseoir à la terrasse d’un bistrot, ou pourtant des liens se tissent, liens tellement indispensables pour comprendre, apprécier l’autre. En quelque sorte, des rapports humains simples et qui enrichissent tellement la vie.
Des regards furtifs, fuyants
En lieu et place, ce sont des regards furtifs entre concurrents. Parfois même, et c’est visible à l’œil nu, le refus de toute discussion pour ne pas dire le rejet de l’autre. Nous avons envie de dire : “Revenons sur terre. Après les élections, nous devrons continuer de vivre ensemble”.
Voilà en quelques mots acerbes certes, décrite une ambiance électorale à la veille d’un scrutin important pour la démocratie, la vie de tous les jours d’une population. Ceci pour six ans. Ne l’oublions pas.
Espérons toutefois, sans attendre de grandes envolées lyriques, que le ton va monter d’un cran, chacun des camps montrant sa détermination à gérer les affaires de la commune, mais aussi pour permettre à chaque électeur de pouvoir situer les listes. C’est aussi ça aider la démocratie à vivre.
Joseph Jourda
*Ndlr. Roger Ferrer, maire d’Estagel

