
Samedi 21 février ne manquez pas une belle journée de traditions carnavalesques à Amélie-les-Bains ! C’est la cavalcade qui commence à 15H qui ouvrira les festivités, profitez de voir défiler deux fois en ville la dizaine de char et groupes à pieds ! Ne lésinez surtout pas sur les conféttis et les deguisements ! Et à  21H parez vous de votre plus beau pyjama blanc pour prendre partie au fameux défilé des Grégoires Améliens
Tradition unique en France qui a été consacrée « Plus belle fête de France » par un label du celebre Guide Michelin depuis 2025.
Chaque mercredi des cendres, avait autrefois lieu une procession parodique qui marquait l’entrée dans le Carême. Ce véritable pendant des fêtes de la Passion qui n’amène pas le Christ au Golgotha, mais bien Sa Majesté Carnaval au bûcher, ce sont les Grégoires, certainement nés d’une procession préexistante à Palalda miraculeusement épargné par la Peste.
Des pénitents vêtus de blanc et coiffés soit d’une cagoule qui rappelle la procession de la Sanch, soit d’un bonnet de nuit défilent dans les rues. Pour se reconnaître et ne pas se perdre, ils ont dessiné sur leur cagoule des signes cabalistiques. Tous se rangent derrière un garde suisse d’opérette tout de blanc vêtu et accompagnent une dépouille recouverte d’un drap blanc posée sur une échelle, figure métaphorique de la mort. La cobla, indispensable, joue un air très vieux et très lent, mélancolique à souhait « Adeu pobre Carnaval ».
Il n’y a pas de quoi se réjouir en effet puisque dans quelques heures commencera le Carême. Sur la place de la République, autour d’un grand bûcher ou trône sa Majesté Carnaval, les pénitents forment des cercles, se prosternent, gémissent et pleurent tandis que les flammes attaquent l’effigie. Ils s’élancent bientôt dans une folle ronde qui évoque les transes, se prosternent puis s‘élancent encore jusqu’à ce qu’il ne reste rien de Sa Majesté, sinon quelques braises. Il est temps, alors de se livrer à une autre tradition locale, le bal des Grégoire. Un des attraits de ce bal, c’est de ne pas savoir avec qui l’on danse, autre grand classique des temps de carnaval et version locale du bal
masqué ! Voilà qui n’empêche pas le plaisir de la danse, avec ce supplément d’âme qu’ont les bals de village, quand chacun ou presque met ses pas, non seulement dans ceux de son cavalier ou sa cavalière, mais dans ceux de générations de danseurs !
Question bals, il y a encore une curiosité amélienne, celui du Tio-tio…
Dans une salle des fêtes comble, des carnavaliers en longue chemise de nuit arborent une sorte de queue en papier tandis que d’autres brandissent une chandelle allumée. Le jeu commence au son d’une vieille chanson entonnée par tous les spectateurs « ja te
l’encendré el tio tio, ja te l’encendré, el tio de paper » (je l’allumerai, ta bûche de papier).
Ce rituel catalan a gardé toute sa fraîcheur et ses fervents partisans et ne manque jamais de faire rire.
Alors à samedi !

