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Mort de Quentin à Lyon : La France insoumise sur le banc des accusés, la gauche fait presque bloc pour la défendre
(Rédaction BFMtv)

 

BFMtv.- Jean-Luc Mélenchon doit se défendre depuis le décès d’un jeune militant identitaire, après des affrontements en marge d’une conférence de Rima Hassan. Le collectif antifasciste de la Jeune garde est sous le feu des critiques. À l’exception de Place publique, le reste de la gauche reste mesuré face à LFI.

Un dossier qui met le feu aux poudres. Depuis la mort ce samedi 14 février d’un étudiant et militant nationaliste de 23 ans, Quentin, les insoumis sont attaqués par plusieurs ministres et Les Républicains. Le jeune homme a perdu la vie après une violente agression en marge d’une conférence de la députée européenne La France insoumise Rima Hassan à Sciences-Po Lyon.

“LFI encourage depuis des années maintenant un climat de violence. Elle a des liens avérés et assumés avec des groupes d’ultragauche extrêmement violents”, a asséné la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon ce lundi matin sur

“C’est manifestement l’ultragauche qui a tué”, a déclaré de son côté le ministre de la Justice Gérald Darmanin sur RTL. “Ce n’est pas la police qui tue en France, c’est l’extrême gauche”, a jugé de son côté l’ancien ministre de l’Intérieur, et désormais candidat à la présidentielle, Bruno Retailleau sur X.

 

 

Un collectif fondé par un futur député LFI

 

Mais pourquoi LFI est ainsi ciblée? Selon le collectif Némésis, proche de l’extrême droite, Quentin, faisait partie du service d’ordre chargé d’assurer la sécurité des militants qui manifestaient contre la conférence de Rima Hassan. La famille du jeune homme, étudiant en mathématiques, a cependant mis à mal cette version, précisant par le biais de son avocat qu’il n’avait jamais été “ni agent de sécurité, ni membre d’un quelconque service d’ordre”.

D’après Alice Cordier, la directrice de Némésis, qui dit lutter contre les violences faites aux femmes – en faisant le lien avec l’immigration – le jeune homme aurait été agressé par des militants antifascistes dont certains issus de la Jeune garde. À ce stade, le parquet n’a pas établi de lien. “Les auteurs directs n’ont pas été identifiés”, a expliqué le procureur de Lyon Thierry Dran lors d’une conférence de presse ce lundi après-midi.

Quant à la Jeune garde, ce collectif qui rassemble des militants antifascistes, il rejette toute responsabilité dans la mort de Quentin. À sa création, le collectif se présente comme une “réaction d’autodéfense” face à des mouvances d’extrême droite particulièrement violentes et prospères à Lyon, dont le Bastion social, qui a été dissous depuis.

Cofondée en 2018 par Raphaël Arnault, devenu en 2024 député LFI, la Jeune garde a été dissoute en juin 2025 sur demande du ministre de l’Intérieur de l’époque Bruno Retailleau. Depuis, une procédure pour annuler cette dissolution était en cours devant le Conseil constitutionnel, soutenue par LFI. Une audience était prévue ce 11 février, elle a finalement été reportée sine die.

 

 

Haro contre LFI pour Glucksmann

 

Le fondateur de Place publique Raphaël Glucksmann, l’un des plus farouches contempteurs de LFI, a saisi l’affaire au bond. “Il va falloir maintenant qu’on mette un terme à cette brutalisation du débat public”, a estimé l’eurodéputé ce lundi sur RTL, affirmant “une responsabilité de tous les dirigeants politiques qui attisent la haine, y compris ceux de la France insoumise”.

Pour celui qui ferme la porte depuis des mois à toute primaire commune à LFI qui s’y refuse tout autant en vue de la présidentielle, la mort de Quentin lui permet de rappeler qu’il est “impensable” que la gauche “cultive le moindre doute” sur une “possible alliance avec LFI”.

“Il y a aussi des morts causées par les milices d’ultradroite”, a néanmoins reconnu Raphaël Glucksmann. En 2013, Clément Méric, un étudiant de Sciences-Po Paris, avait ainsi tué au cours d’une rixe opposant des militants anti-fascistes et un groupe de militants d’extrême droite.

Commentaire d’un député socialiste issu de l’aile gauche du mouvement : “comment vous voulez que les ennemis des insoumis ne sautent pas sur un cas comme ça? Mais il faut rester très prudent. Pour l’instant, on ne sait rien de cette affaire”.

 

 

“On a bien fait de ne pas mettre le doigt là-dedans”

 

Dans les rangs du parti à la rose, on reste en effet très mesuré. Si les relations entre le PS et LFI se sont fortement tendues ces derniers mois autour de l’accord entre le PS et le Premier ministre sur le budget 2026 et les municipales, la direction socialiste n’a pas eu envie de mettre de l’huile sur le feu.

“Le niveau de violence atteint est inacceptable. Dans une démocratie, personne ne devrait mourir pour ses idées. Toutes mes pensées pour la famille de Quentin. À la police et à l’autorité judiciaire de mener une enquête diligente et de rendre la justice”, a expliqué Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, sur X.

Pas de défense franche, donc, de La France insoumise, mais pas d’attaque non plus contre le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.

“Imaginez qu’on découvre que la Jeune garde n’a à la fin rien à voir dans cette affaire. Franchement, on a bien fait de ne pas mettre le doigt là-dedans”, observe un élu socialiste.

 

 

La venue de Rima Hassan auprès de Sophia Chikirou annulée

 

Chez les écologistes, on est tout aussi prudents sur le dossier, d’autant plus qu’une union à Lyon entre le maire vert Grégory Doucet et le camp insoumis est possible au second tour.

“LFI est victime d’une cabale incroyable, alors que là, ils ne sont pour rien dans la mort de Quentin. Quels appels à la violence ont-ils faits ? Oui, ils ont un projet politique radical, mais citez-moi le moindre appel à la violence”, a défendu la députée écologiste Sandrine Rousseau sur France info.

En attendant, les insoumis font le dos rond. La venue de Rima Hassan samedi dernier à Paris pour soutenir la candidate LFI Sophia Chikirou dans la capitale a ainsi été annulée.

“Sidération” pour Jean-Luc Mélenchon
À moins de trois semaines des municipales pour lesquelles les insoumis ont quelques ambitions, le fondateur du mouvement Jean-Luc Mélenchon a assuré “n’avoir rien à voir avec cette histoire et ceux qui nous accusent sont des calomniateurs”.

“Nous exprimons notre sidération, mais aussi notre empathie et notre compassion pour la famille, pour les proches”, a-t-il ajouté lors d’un meeting à Montpellier pour soutenir sa candidate Nathalie Oziol.

Problème cependant pour le fondateur de LFI: lors d’une réunion publique à Auxerre en avril 2025, il avait déclaré que la Jeune garde était “une organisation alliée, liée au mouvement insoumis”.

La candidate aux municipales insoumise à Lyon, la députée Anaïs Belouassa-Cherifi, consciente des dégâts potentiels sur sa campagne, a pris en tout cas immédiatement ses distances, condamnant “toute violence physique”.

 

 

La Jeune garde “ne saurait être tenue pour responsable”

 

De son côté, le cofondateur de La Jeune garde Raphaël Arnault, a exprimé sur X son “horreur et son dégoût” après l’annonce de la mort de l’étudiant de 23 ans. Le député du Vaucluse a appelé à ce que “toute la lumière soit faite” sur le drame.

Son collaborateur parlementaire, mis en cause par le collectif identitaire Némésis, “dément formellement être responsable de ce drame” et “se retire de ses fonctions” de collaborateur “durant le temps de l’enquête”, a déclaré son avocat dans un communiqué. La présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a de son côté annoncé suspendre la possibilité pour l’assistant parlementaire d’y pénétrer.

Le groupe antifasciste “ne saurait être tenue pour responsable” de la mort de Quentin à Lyon, “ayant suspendu toutes ses activités”, a encore assuré le collectif dans un communiqué de presse dimanche.

(Source : BFMtv)