(Vu sur la Toile)
Épinglé par le « Canard enchaîné », Bally Bagayoko visé par une plainte d’une asso anticorruption
(Rédaction Le HuffPost)
Le HuffPost.- Une utilisation « indue » de fonds publics ? AC ! ! Anti-Corruption a déposé une plainte visant notamment l’Insoumis Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, pour des soupçons de détournement de fonds publics et d’emploi fictif, après un article du Canard enchaîné évoquant un cumul de fonctions à temps plein à la RATP et d’élu.
Cette plainte contre X a été adressée au Parquet national financier (PNF), a indiqué l’association à l’AFP ce vendredi 7 août. Elle porte également sur des faits présumés de prise illégale d’intérêts, de favoritisme, de manquement à la probité et de cumul irrégulier d’activités publiques.
Dans la soirée, Bally Bagayoko a posté sur X une lettre de remerciements à ses soutiens : « cette succession de séquences médiatiques participe d’une volonté de me discréditer politiquement (…) » afin d’« affaiblir une dynamique qui dépasse ma seule personne », a estimé l’édile LFI, mettant en cause notamment « l’entourage de l’ancien maire socialiste de Saint-Denis », Mathieu Hanotin.
–« Je n’ai pas le souvenir qu’un maire d’une grande ville ait été confronté dans un délai aussi court après son élection à une telle succession d’attaques et de mises en cause », a ajouté Bally Bagayoko, élu dès le premier tour en mars, avant de conclure : « ils cherchent à nous arrêter, nous continuerons à avancer ».
La RATP se dit « très sereine »
Dans un article intitulé Le ticket gagnant de Bally Bagayoko, Le Canard enchaîné expose qu’« avant de conquérir la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko a longtemps cumulé mandat local et poste de cadre à la RATP ». L’hebdomadaire fait état d’un « recrutement sans concours » ni entretien en 2000, d’« horaires “élastiques” » et de « généreuses indemnités ». Une fonction qu’il cumule avec celle d’adjoint au maire, auxquelles s’ajoute un temps celle de vice-président du conseil départemental.
Le cumul de deux emplois publics à temps plein est prohibé sauf autorisation expresse et motivée, rappelle AC ! ! Anti-Corruption, qui demande donc la vérification d’un certain nombre d’éléments comme l’autorisation de cumul d’activités délivrée par la RATP ou la préfecture ou celle de la présence effective de Bally Bagayoko à la RATP pendant ces mandats électifs. Si les rémunérations sont perçues pour un emploi en réalité non exercé à plein temps à la RATP, « il s’agirait d’une utilisation indue des fonds publics », note l’association.
Selon le journal satirique, lorsque Bally Bagayoko a perdu en 2015 son mandat départemental, le conseil municipal de la ville dirigée par le PCF lui a accordé une « hausse de 102 % de ses indemnités d’adjoint », « de quoi compléter un salaire de cadre qui dépassera ensuite les 6 000 euros par mois ». « En intégrant le 13e mois et les primes », a confirmé l’édile insoumis au Canard.
« Une association comme la nôtre doit signaler ce qui lui paraît illégal et attentatoire aux intérêts de nos concitoyens », a déclaré à l’AFP le président d’honneur d’AC ! ! Anti-Corruption, l’ancien juge Éric Halphen, que les faits soient « commis par des gens classés à gauche comme à droite ».
« À partir du moment où des faits semblent mettre en cause un élu municipal et une institution telle que la RATP, nous nous devions de les dénoncer au Parquet national financier. Après, nous verrons ce que le parquet décide de faire. Mais nous avons un rôle de lanceur d’alerte en quelque sorte », a-t-il ajouté, en souhaitant qu’une enquête soit ouverte. La RATP, sollicitée par l’AFP, « affirme se tenir très sereinement à la disposition de la justice pour lui fournir tous les éléments nécessaires, si celle-ci décidait de donner suite à cette plainte ».
(Source : Le HuffPost)
