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Édouard Balladur : de quoi est mort l’ancien Premier ministre ? Un drame personnel avant sa disparition
(Marianne Fenon – Rédaction de l’intern@ute)
Édouard Balladur : de quoi est mort l’ancien Premier ministre ? Un drame personnel avant sa disparitionL’ancien Premier ministre Édouard Balladur est mort ce lundi 31 août, a annoncé sa famille. Il était âgé de 97 ans. Il est décédé huit mois, jour pour jour, après la disparition de son épouse.
l’intern@ute.- Édouard Balladur est mort. L’annonce a été faite ce lundi 31 août 2026 par sa famille auprès de l’AFP. L’ancien Premier ministre s’est éteint à l’âge de 97 ans, seulement quelques mois après le décès de sa femme, Marie-Josèphe, rappelle Paris Match. Celle qui fut sa femme pendant soixante ans et avec qui il a eu quatre fils, Pierre, Jérôme, Henri et Romain, s’était éteinte des suites d’une longue maladie le 31 décembre 2025, huit mois jour pour jour avant le décès de son mari.
Presque centenaire, l’ex-locataire de Matignon, entre 1993 et 1995, avait souffert par le passé d’un cancer. Dans leur livre Le Dernier tabou, révélations sur la santé des présidents, les journalistes Denis Demonpion et Laurent Léger révélaient en 2012 qu’Édouard Balladur avait été victime d’un cancer des intestins juste après avoir quitté ses fonctions de Premier ministre. « Puisque j’étais simple député ça n’a intéressé personne », avait alors lâché Édouard Balladur aux journalistes. Ce lundi, les causes exactes de sa mort n’ont pas été précisées par sa famille, bien que son âge avancé et le chagrin suscité par la perte de sa femme sont à prendre en compte.
Édouard Balladur, de la Turquie à Matignon
Né le 2 mai 1929 à Izmir, en Turquie, Édouard Léon Raoul Balladur, de son nom complet, est le fils cadet de Pierre Balladur, un banquier et directeur de la Banque ottomane à Smyrne, et d’Émilie Latour. Il naît Turc mais devient Français via la naturalisation de ses parents en 1932. Les parents d’Édouard Balladur se réfugient en France en 1935, à Marseille, avec leurs six enfants.
Édouard Balladur étudie par la suite le droit à l’université d’Aix-Marseille durant un an, puis il intègre l’Institut d’études politiques de Paris, section service public. En 1955, il entre à l’École nationale d’administration (ENA). Par la suite, il intègre le Conseil d’État, sections Contentieux et Travaux publics. Entre 1968 et 1980, Édouard Balladur préside celle qui s’appelle alors la Société française pour la construction et l’exploitation du tunnel sous le Mont-Blanc. Puis, en 1977, il prend les rênes de la Générale de service informatique, société au sein de la Compagnie générale d’électricité.
Parallèlement, il mène aussi sa carrière politique. Entre 1973 et 1974, il est Secrétaire général à la présidence de la République française, sous Georges Pompidou. À cette époque, il devient particulièrement influent en raison de la maladie du chef de l’État. Édouard Balladur aura également été député à Paris moins d’un jour en 1986 (puisque nommé ministre dans la foulée), puis entre 1988 et 1993 et à nouveau entre 1995 et 2008.
Ministre de l’Économie, des Finances et de la Privatisation sous François Mitterrand, entre 1986 et 1988, il connaît finalement sa consécration entre mars 1993 lorsqu’il devient Premier ministre, sous François Mitterrand. Un poste qu’il occupera jusqu’en mai 1995. Entre 2002 et 2007, Édouard Balladur a également été président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Édouard Balladur s’était retiré de la vie publique en 2009. Il n’en restait pas moins le conseiller informel de nombreuses personnalités situées à droite de l’échiquier politique.
Les faits d’armes d’Édouard Balladur
Édouard Balladur aura profondément marqué la vie politique français en devenant Premier ministre de cohabitation entre 1993 et 1995 sous François Mitterrand. À l’époque, son calme apparent lui vaut un fort soutien des Français, avec 58% d’opinions favorables. Suffisant pour celui qui ne comptait pas se présenter à l’élection présidentielle de 1995 pour finalement y tenter sa chance. Longtemps donné gagnant, le favori est finalement battu au premier tour par Jacques Chirac et Lionel Jospin. Au soir de sa défaite, alors que ses partisans huent le nom de Jacques Chirac pour qui il s’apprête à appeler à voter, Édouard Balladur coupe court à la scène en lançant un très autoritaire et désormais célèbre : « Je vous demande de vous arrêter ! »
Avant cela, en tant que ministre de l’Économie, Édouard Balladur avait mis en place une politique libérale dont l’objectif était d’améliorer la compétitivité des entreprises françaises. Au programme : un grand plan de privatisation d’entreprises parmi lesquelles TF1, Paribas, la Compagnie financière de Suez ou encore la Société générale. Il a également veillé à réduire le nombre de fonctionnaires et les dépenses de l’État ou encore à développer l’actionnariat salarié. De multiples mesures qui ont engendré une diminution du chômage, mais aussi des impôts, des déficits et l’augmentation de la production. À l’époque, le FMI lui avait remis le titre de « ministre des Finances de l’année ».
Avec le Premier ministre Jacques Chirac, Édouard Balladur aura aussi été, en 1968, l’un des deux piliers des accords de Grenelle qui s’étaient soldés par une augmentation de 35% du Smic de l’époque et de 10% des autres salaires, ainsi que la diminution des heures de travail et l’abaissement de l’âge de départ à la retraite.
Édouard Balladur, « un homme d’État, à l’esprit réformateur »
Dans la foulée de l’annonce du décès d’Édouard Balladur, les réactions et hommages se sont multipliés. « Édouard Balladur était un homme d’État, à l’esprit réformateur et restera une référence pour beaucoup d’hommes et de femmes de sa famille politique », a jugé Sébastien Lecornu. « Je pleure ce soir la perte de l’un des hommes qui aura le plus compté dans ma vie », a confié Nicolas Sarkozy, tandis qu’Emmanuel Macron a salué un « serviteur exigeant, mesuré, dévoué » de la France.
De son côté, François Fillon a rendu hommage à « l’un des derniers dirigeants gaullistes ». « Cherchant à convaincre et jamais à séduire, il était de ces hommes politiques qui se font une haute opinion des électeurs parce qu’ils se font une noble idée de la France », a estimé Bruno Retailleau. « Aujourd’hui de saluer un homme d’État qui aura marqué la vie publique française, qui aura porté avec constance ses convictions et sa conception du service de la République et qui aura toujours su faire preuve d’un respect du débat démocratique », a de son côté remarqué Marine Le Pen.
(Source : l’intern@ute)
