(Communiqué)
-“Le Centre LGBT+66 de Perpignan exprime sa profonde indignation et sa vive inquiétude suite à la décision du maire nouvellement élu d’Elne, Steve Fortel, de faire disparaître les symboles LGBT+ présents dans l’espace public de la commune, notamment le drapeau arc-en-ciel et le passage piéton installé en 2021 devant la mairie, symbole de visibilité, de respect et de lutte contre les discriminations
Prise très rapidement après son élection, cette décision interroge sur les priorités municipales. Elle ne saurait être réduite à un simple choix d’aménagement urbain ni à une question de « neutralité ». Elle constitue un acte symbolique fort, qui revient à invisibiliser une partie des habitantes et habitants de la commune et envoie le message que leur place dans l’espace public serait devenue
indésirable.
L’argument de neutralité avancé ne peut justifier l’effacement des réalités humaines qui composent notre société. Être un élu de la République implique de représenter et de protéger l’ensemble de la population, dans toute sa diversité, sans distinction. À ce titre, la municipalité a la responsabilité de garantir à toutes et tous un cadre de vie respectueux, apaisé et inclusif.
Nous nous interrogeons : quelle urgence justifiait une telle décision ? En quoi ces symboles portaient-ils atteinte à la vie communale ? Alors que les véritables enjeux concernent le quotidien des habitants, les services publics ou encore la cohésion sociale, ce choix apparaît comme un recul préoccupant des valeurs d’égalité et d’accueil.
Effacer aujourd’hui des symboles, est-ce ouvrir la voie à d’autres formes d’effacement demain ? Ce type de décision, loin d’être anodin, s’inscrit dans des dynamiques observées ailleurs, où la visibilité de certaines populations est progressivement remise en cause.
Au-delà des personnes directement concernées, ces symboles représentent également leurs familles, leurs proches, leurs collègues et l’ensemble des citoyennes et citoyens attachés à une société ouverte et respectueuse. Leur suppression envoie un signal négatif, y compris en matière d’image et d’attractivité pour un territoire dont l’économie repose en partie sur le tourisme et l’accueil.
Le Centre LGBT+66 tient à rappeler que les personnes LGBT+ font pleinement partie de la communauté nationale. Elles vivent, travaillent, fondent des familles et participent à la vie locale comme n’importe quel autre citoyen. Rien ne saurait justifier leur effacement de la société.
Nous appelons la municipalité d’Elne à revenir sur cette décision et à engager un dialogue constructif avec les associations concernées. Une commune n’a rien à perdre à reconnaître toutes les composantes de sa population ; elle a, en revanche, beaucoup à gagner en envoyant des signaux d’inclusion.
Nous assurons enfin les habitantes et habitants LGBT+ d’Elne de notre entière solidarité : vous n’êtes pas seuls. Le Centre LGBT+66 restera pleinement mobilisé et vigilant face à toute forme de discrimination ou d’ostracisation, qu’elle soit visible ou plus insidieuse”.
Centre LGBT+66 de Perpignan

