
C’est hier, vendredi 9 octobre, dès 17H, que l’espace Sarda devait accueillir la toute première partie de la 2e édition du Festival international de guitare, se déroulant du 9 au 11 octobre. Il était question de découvrir la fabrication des guitares par des luthiers chevronnés. Bien sûr, Lucien Dubois résidant à Estagel et bien connu dans le village, était à la manœuvre

Si nous connaissons cet instrument de musique et que nous apprécions sa sonorité, pour la plupart d’entre nous, sa fabrication reste un mystère. Mystère en partie levé à la suite de la prestation des luthiers présents, aidés en cela par des images produites sur écran. Luis Alberto Soria, grâce à sa double expertise de concertiste international et de luthier, devait ravir l’assistance par ses explications.
Des guitares faites main
De nos jours, la fabrication de cet instrument de musique est devenue quasiment industrielle. Venus d’Espagne, les traditions de fabrication doivent pourtant être respectées pour avoir l’assurance que les qualités des sons anciens continuent d’être transmises au travers des âges et de générations en générations. Il est question là de préserver un patrimoine vieux de plusieurs siècles. C’est ce à quoi s’évertuent nos luthiers, qui transportent leur savoir d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre. Et nous imaginons, au travers des explications données, la somme de savoir, de patience, de précision et de subtilités dans la fabrication pour obtenir une guitare qui chante. À titre indicatif, 200 heures de travail sont nécessaires pour achever une guitare dans la tradition. Bien évidemment, comme dans n’importe quel métier, des quantités énormes de procédés de construction existent. C’est ainsi que nous apprenons que dans le même arbre, suivant l’exposition, des différences existent, ce qui vient rendre la tâche encore plus compliquée, complexe, lorsqu’il est question de choisir le bois pour obtenir la sonorité souhaitée. Ceci en sachant que chaque luthier a sa propre sensibilité. C’est en fait cela qui nous amène à qualifier cette transmission de savoir d’humaine et qu’il est indispensable de préserver pour les générations futures.
C’est ce même humanisme que nous avons pu apprécier ensuite à la salle Arago avec Luis Alberto Sorial, James Kline né aux États-Unis et créateur de l’arch-harpe guitare à 18 cordes, et la chanteuse lyrique Florencia Altieri, également chef d’orchestre. Sa particularité est de concevoir l’art et le travail de la voix comme des transformations de reconnexion profonde et de lien avec la nature.
Une soirée à revivre.
Félicitations aux bénévoles de l’Office estagellois de la culture pour leur engagement dans cette volonté d’apporter la culture au plus près des populations avec des programmations de qualité et de haut niveau.
Joseph Jourda

