Ici et là encore, le vieil adage populaire se vérifie, à savoir : « On est toujours rattrapé par son histoire »… Cette histoire, c’est celle de Dominique Baudry, 65 ans, gérante d’entreprise, ex-maire de Granville, dans le Cotentin, poussée à la démission par les électeurs normands et aujourd’hui candidate aux élections municipales en pays catalan, plus précisément en Cerdagne, très exactement à Font- Romeu-Odeillo-Via (environ 1 700 habitants), commune où elle est née
–“Pour mener campagne à Font-Romeu-Odeillo-Via, Dominique Baudry rappelle d’emblée qu’elle y est née, pensant sans doute que le droit du sol, s’applique aussi aux élections, mais surtout, surtout, elle enjolive et récrit son histoire normande. Car bien sûr la vérité est tout autre …”.
Ces premières lignes, repérées sur la Toile (lire ici les réseaux sociaux), ont attiré l’attention de la rédaction de Ouillade.eu et, de fil en aiguille, en consultant, en compulsant, en compilant une certaine revue de presse, il apparait que Dominique Baudry, élue à la mairie de Granville en 2014*, y aurait “fait d’emblée régner une atmosphère irrespirable”.
Les coups bas, les chausse-trappes, y compris il semblerait dans son propre camp, auraient été monnaie courante à tel point que deux ans seulement après son arrivée à la mairie de ce tranquille port normand (station balnéaire peuplée d’environ 12 500 habitants), habitué à davantage de civilités, sa propre majorité vole en éclats : ses propres adjoints l’abandonnent et non des moindres ; à commencer par Jean-Marc Julienne, 1er adjoint, qui jette l’éponge en dénonçant ses méthodes, son manque de dialogue, bref à l’en croire un comportement tyrannique, déclarant à la presse locale « Dominique Baudry doit avancer avec les autres et ne pas être en conflit permanent ».
A la mairie l’air est irrespirable : suivent les démissions de la 2e adjointe, Marie-Mathilde Lezan, puis du 5e adjoint Gilles Ménard, puis encore du 7e adjoint, Jean-Marie Wojylac. Deux conseillers municipaux Antonina Julienne et David Letort claquent eux aussi la porte. Au total, ce sont quatorze élus qui vont démissionner. A la mairie de Granville toujours, c’est l’hémorragie. Dans ce pays normand personne n’avait jamais connu pareil climat à la Dallas, pas même pendant son célèbre et traditionnellement osé carnaval populaire “satirique & humouristique”**…
Interviewée par France 3 Normandie, à l’automne 2016 où elle affronte donc une crise au sein de sa majorité municipale, en guise de réponse à ses détracteurs et au lachage en règle de six élus qui ont quitté sa majorité, elle reconnaît : “Oui j’ai du caractère ! Mais je ne suis pas née de la dernière pluie. Quand une femme a du caractère, on dit qu’elle est autoritaire. Quand un homme a du caractère, on dit que c’est un bon manager qui tient ses équipes. Je pense que je suis victime de mon sexe. Hélas, je ne suis pas la seule”.
Cependant, cette explication de texte dans le verbe ne suffira pas à éteindre l’incendie : les élus qui viennent de quitter la majorité, sa majorité, lui reprochent sa “manière” d’exercer le mandat et d’appliquer le programme : “La balle est dans son camp, prévient notamment son maire-adjoint, qui lui intime “de ne plus rester si elle pense que toutes les conditions ne sont pas réunies pour bien fonctionner”.
Pour la gestion des grands dossiers, c’est alors le même climat délétère et d’affrontement, observe un fin limier de la politique locale “made in Normandie”. Le plan local d’urbanisme – le fameux PLU – se discute devant le Tribunal administratif puis devant la Cour administrative d’appel de Nantes. On ira même jusqu’à saisir le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative de notre pays. “Madame le maire ne lâche rien : elle ne gère pas, elle règne. Elle ne discute pas, elle impose. Elle n’écoute pas, elle méprise”.
Il est vrai que déjà lors de la campagne les coups bas se sont multipliés. A tel point que peu de temps avant le scrutin le maire doit se résoudre à déposer plainte pour diffamation. Alors qu’un autre tract tend à discréditer le candidat UDI, Michel Peyre et sentant le vent du boulet, la candidate Dominique Baudry (ancienne adhérente à l’UMP) porte plainte à son tour contre … X !
Verdict des urnes aux élections municipales de 2020 : elle rejoint les rangs de l’opposition***.
Aujourd’hui, en 2026, pour retenter sa chance devant les électeurs de Font-Romeu-Odeillo-Via, face au maire sortant Alain Luneau****, candidat à sa propre succession pour un second mandat, elle a repris son nom de jeune fille, Dominique Batllo. Un Granvillais qui a suivi ses péripéties normandes l’assure : “Mais si le nom change, le tempérament, le caractère… demeurent ! Peut-on jamais changer complètement ?”. Réponse dans la soirée du dimanche 15 mars 2026.
L.M.
*Elue au second tour des municipales 2014 dans une quadrangulaire avec 43,42% des voix, devenant la première femme maire de Granville.
**De mémoire de carnavalier, il n’y a aucun doute, aucune contestation possible. C’est bien Dominique Baudry , qui a été l’élue la plus brocardée, la plus caricaturée sur les chars du fameux carnaval . Toutes les archives de la presse locale l’attestent, en ce domaine aussi, elle tient le haut du pavé : Il y eut ainsi à son effigie et à sa gloire le char « Monobaudry », celui du village « Barbabaudry » ou encore le char « Charbonique 1ère » , tous applaudis à tout rompre par le public !
***Au premier tour des élections municipales de 2020, sa liste Granville un cap arrive en tête avec 32,81% des voix devant son ancien adjoint Gilles Ménard (30,09%), Fany Garcion (25,42%) et Denis Féret (11,68%). Au second tour, Gilles Ménard, ayant fusionné avec la liste de Fany Garcion, emporte la triangulaire face à Dominique Baudry et Denis Féret. Elle reste conseillère municipale au sein d’un groupe qu’elle préfère qualifier de minoritaire plutôt que d’opposition. Le 20 février 2024, Dominique Baudry démissionne du conseil municipal de Granville et de la communauté de communes Granville, terre et mer. Elle annonce vouloir retrouver ses racines à Font-Romeu-Odeillo-Via…
****La liste ci-dessous recense l’ensemble des candidatures déposées à Font-Romeu-Odeillo-Via pour les élections municipales des 15 & 22 mars 2026
“Nos villages, notre station”
- Alain LUNEAU
- Michelle LEBECQ
- Michel RIFF
- Rachel LARROZE
- Jean-Luc FOUIN
- Gwendolyn PEYRE
- Paul ESCARO
- Laetitia BISSIRIEIX
- Rodolphe BOSSELUT
- Inès ARTIGUES
- Guillaume MALBOSC
- Emilie MENUET
- François MONTEFUSCO
- Christine BLANCHARD
- Bruno GÉNARD
- Chloé TURBLIN JACOB
- Michael GLAIS
- Marion MARGAIL
- Raphaël HARDELIN
- Hélène BAUX-LEGAL
- Marc BREFEL
“Agir Pour Mieux Vivre”
- Dominique BATLLO-BAUDRY
- Jean-Michel LATUTE
- Christine DELIAS
- Sylvain MARTY
- Fabienne CAUCHOIS-GRÉGOIRE
- Philippe PIERA
- Julie GRIERA
- Julien PEREZ
- Suzanne GARRABÉ-MARTY
- Christian THIERRY
- Nicole BONARD
- Fabrice ESCUDIE
- Marie-Paule WAGNER
- Yann LEFEBVRE
- Cécile HEROGUEL
- Stephane LENFANT
- Laura RAYNAUD
- Jean-Louis DEMELIN
- Sandra CASSAGNAUD

