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Montpellier/ « 700 élèves en moins dans le primaire, je n’y croyais pas ! » : une rentrée marquée par une chute de la démographie

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« 700 élèves en moins dans le primaire à Montpellier, je n’y croyais pas ! » : une rentrée marquée par une chute de la démographie
Cette rentrée 2026 est marquée par une baisse du nombre d’élèves dans les écoles. À Montpellier comme dans les communes de l’Hérault, la diminution des effectifs, conséquence du recul démographique, pose une question aux élus et à l’Éducation nationale : faut-il en profiter pour réduire les moyens ou, au contraire, améliorer les conditions d’accueil des enfants dans les classes ?

(par Nicolas Bonzom, rédaction Hérault Tribune)

 

Journal Hérault Tribune.- Dans l’académie de Montpellier, 243 947 enfants ont fait leur rentrée, ce mardi 1er septembre 2026, dans les écoles maternelles et élémentaires du territoire. C’est 6 612 élèves de moins qu’à la rentrée 2025, dans le premier degré. Une baisse qui s’explique, notamment, par la chute de la démographie, qui touche tous les départements de France. À Montpellier, ce sont 700 élèves de moins qui ont fait leur rentrée qu’en 2025, dans les 108 écoles de la ville.

Mais pas question pour Michaël Delafosse, le maire de la commune, de profiter de cette baisse de la fréquentation des établissements dont il a la charge pour raboter le budget de l’éducation, a-t-il assuré, lors d’une visite de l’école Louisville, à la Mosson : la ville a consacré 113 millions d’euros pour la réussite éducative en 2026, comme en 2025 et en 2024. L’enveloppe dédiée aux écoles a même augmenté à Montpellier de 8 %, depuis 2023, année au cours de laquelle elle représentait 104,6 millions d’euros. “700 élèves en moins dans le primaire à Montpellier, je n’y croyais pas, s’étonne Michaël Delafosse. Même la ville qui a la plus forte croissance démographique de notre pays connaît une baisse de la démographie. Nous en prenons acte. Mais ce n’est pas parce que ça baisse que l’on doit cesser nos efforts. C’est une opportunité pour continuer à améliorer l’action éducative.”

 

 

« Je préfère m’occuper de ça, que de m’occuper de faux débats comme l’uniforme », confie le maire de Montpellier

 

La mairie de Montpellier a en effet lancé de nombreuses rénovations d’établissements et, surtout, des chantiers de nouveaux groupes scolaires : Milan Kundera et Tomi Ungerer qui seront livrés à la rentrée 2028 au Parc 2000, Chevalier de la Barre et Rosa Bonheur qui sortiront de terre à Croix d’Argent à la même période, le Pôle éducatif des Halles qui ouvrira ses portes à la Mosson en 2029 et Rimbaud, attendu pour 2030. Et devant l’entrée de l’école Louisville, c’est un square flambant neuf, baptisé Ginette Kolinka, qui est accessible aux parents et aux enfants.

“On pourrait dire ‘Le nombre d’élèves baisse, on investit moins dans l’école’. À Montpellier, le nombre d’élèves baisse, et on continue à investir la même ambition dans l’école. Les Montpelliérains ont fait le choix d’un professeur comme maire. Résultat, on s’en occupe ! Il faut poursuivre l’effort, pour être aux côtés des enseignants”, confie Michaël Delafosse, avant d’énumérer les investissements qui ont été consentis, depuis son élection, en 2020 : des vidéoprojecteurs dans toutes les salles, des bibliothèques dans les nouvelles écoles, le soutien scolaire gratuit, la tarification “très sociale” de la cantine, la disparition progressive des Algeco, etc. “Moi, je préfère m’occuper de ça, que de m’occuper de faux débats comme l’uniforme”, glisse l’élu, faisant allusion à la mesure appliquée par Robert Ménard à Béziers.

 

 

« Une salle, qu’il y ait 22 ou qu’il y ait 25 enfants, vous la chauffez de la même façon, vous faites le ménage de la même façon »

 

Cette baisse du nombre d’élèves dans les écoles ne concerne pas que la capitale de l’Hérault. À Jacou, un village de 6 900 habitants situé au nord de Montpellier, les effectifs ont aussi chuté, ces dernières années. “Dans nos territoires, la baisse de la démographie est réelle, il ne faut pas la nier”, assure Renaud Calvat, le maire de Jacou et vice-président du Département délégué à l’éducation, qui a, dans les classes de sa commune, 105 enfants de moins en cette rentrée qu’en 2020 (680 en 2020, 575 en 2026). Mais ce n’est pas, pour autant, une source d’économies, poursuit le maire. “Une salle de classe, qu’il y ait 22 ou qu’il y ait 25 enfants, vous la chauffez de la même façon, vous faites le ménage de la même façon, donc il n’y a pas d’impact majeur sur le budget, confie Renaud Calvat. Il y a, certes, un peu d’impact sur la restauration scolaire, qui coûte un petit peu moins cher.” Mais aussi sur les maternelles, quand une classe ferme, emportant avec elle un poste d’Atsem, l’agente qui assiste les enseignants en petite section.

Mais la démographie scolaire ne peut pas être vue “de façon comptable”, poursuit l’élu. “Et de toute façon, l’économie, si économie il y a, n’est pas du tout proportionnelle au nombre d’enfants. Si j’ai 10 % d’enfants en moins, ça ne va pas me coûter 10 % moins cher. Pas du tout. En réalité, aujourd’hui, j’ai moins d’enfants qu’il y a 10 ans, mais ça me coûte… plus cher ! La baisse de la démographie, aujourd’hui, ne suffit pas à compenser l’augmentation des coûts.” La faute à l’explosion des prix de l’énergie ou du matériel scolaire, notamment. Pour Renaud Calvat, “il faut profiter de cette baisse de la démographie scolaire pour améliorer les conditions d’accueil des enfants”. À Jacou, les effectifs par classe ont d’ailleurs baissé, ces dernières années. “Aujourd’hui, et beaucoup de mes collègues maires vous diront la même chose, j’ai beaucoup moins d’enfants par classe qu’il y a dix ans”, poursuit l’élu.

La baisse du nombre d’enseignants est “moitié moindre que ce qu’elle aurait pu être en s’appuyant sur la seule logique comptable”, assurent les services de l’académie.

Du côté des services de l’État, face à cette chute de la démographie, les moyens alloués à l’enseignement ont baissé, en revanche : 75 postes en moins, en cette rentrée, dans le premier degré, dans un contexte de perte de 4 661 élèves par rapport à l’année dernière. Mais pas autant qu’on aurait pu le craindre. “Ce qui a été décidé pour cette année scolaire par le gouvernement, c’est (…) de ne pas supprimer autant de postes de professeurs qu’il y a d’élèves en moins dans nos classes”, confie Aymeric Meiss, directeur académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) de l’Hérault. Ainsi, selon les services de l’Académie de Montpellier, cette baisse est “moitié moindre que ce qu’elle aurait pu être en s’appuyant sur la seule logique comptable”.

“Cela nous a permis d’avoir un meilleur taux d’encadrement et de pouvoir continuer à maintenir des classes sur tout le territoire, et de diminuer encore le nombre d’élèves par classe de quelques dixièmes, moins de 21 élèves par classe en moyenne dans les écoles de l’Hérault, poursuit le DASEN du département de l’Hérault. Et nous avons pu mettre en œuvre des premiers dispositifs d’appui à la scolarité, sur la partie ouest du territoire pour cette rentrée, qui vont permettre de mieux prendre en charge, et surtout beaucoup plus rapidement, les enfants qui ont des difficultés que l’on n’arrive pas encore tout à fait à identifier, (…) pour leur permettre d’avoir une scolarité parfaitement pleine.”

 

 

« Ce n’est pas parce qu’il y a une baisse de la démographie qu’il faut supprimer des postes et diminuer le nombre de classes »

 

Du côté de la FCPE 34, on aurait préféré qu’il n’y ait pas autant de suppressions de postes, et que cette baisse de la démographie soit l’occasion de songer au bien-être de l’enfant en classe. “La baisse de la démographie est indéniable, même si elle est probablement moins marquée dans l’Hérault que dans les autres régions de France, confie Marie Nikichine, la présidente de la Fédération des parents d’élèves dans l’Hérault. Ceci dit, pour des parents dont les élèves sont dans des classes de 26, 27 ou 28 élèves, ça peut être difficile à croire. Des classes de 20, 21 élèves, ce n’est pas partout, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire, en parlant de moyennes, plutôt que d’effectifs concrets. Ce n’est pas parce qu’il y a une baisse de la démographie qu’il faut supprimer des postes et diminuer le nombre de classes.”

Mais l’évolution de la démographie ne touche pas seulement les écoles primaires. Les collèges et les lycées sont eux aussi progressivement impactés, au fil des années. Au nord de Toulouse, la construction d’un nouveau lycée a été abandonnée par la région Occitanie, en raison des prévisions démographiques sur ce territoire. Quant à celui qui est en projet à l’est de Montpellier, il est en suspens, pour les mêmes raisons. “Il n’est pas acté, mais il n’est pas non plus arrêté”, a assuré Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, lors d’une conférence de presse, le 26 août 2026.

(Source : journal Hérault Tribune)