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Montpellier/ « Quand la gauche se divise, elle perd » : Julie Frêche* revient sur son élection au Sénat

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« Quand la gauche se divise, elle perd » : Julie Frêche* revient sur son élection au Sénat
Deuxième sur la liste d’union de la gauche conduite par Hussein Bourgi, Julie Frêche a été élue sénatrice de l’Hérault ce dimanche 27 septembre. Première femme socialiste du département à entrer au Sénat, l’élue montpelliéraine revient sur un résultat qu’elle savait « possible, mais pas du tout gagné à l’avance », ses priorités pour le territoire et son départ prochain de la vice-présidence de Montpellier Méditerranée Métropole.

(par Garlonn Gaud – Rédaction du magazine Hérault Tribune)

 

Hérault Tribune.- Avec 793 voix et près de 30 % des suffrages, la liste menée par Hussein Bourgi a décroché deux des quatre sièges de sénateurs attribués dans l’Hérault. Un résultat qui permet à Julie Frêche, placée en deuxième position, de faire son entrée au Palais du Luxembourg. Au lendemain du scrutin, elle participait déjà à sa première sortie publique en tant que nouvelle sénatrice, au CHU de Montpellier. Pour Hérault Tribune, elle revient sur la campagne, les dossiers qu’elle souhaite porter et la manière dont elle conçoit son nouveau mandat.

-Vous étiez deuxième sur la liste d’Hussein Bourgi. Est-ce que vous vous attendiez réellement à être élue ?

Julie Frêche : « Nous savions que c’était possible, mais pas du tout gagné à l’avance. C’est d’abord le résultat de l’immense travail d’Hussein Bourgi sur le terrain, autant au niveau parlementaire, au Sénat, que par son ancrage territorial. Ensuite, ensemble, puis avec les colistiers, on s’est déplacés et on a sillonné le département depuis le mois de janvier, et de manière très intensive depuis juin. Cela fait quatre mois qu’on est sur le territoire, à la rencontre des maires et des élus locaux, lors des fêtes votives, des courses camarguaises, des manifestations autour des animaux totémiques, mais aussi lors de réunions de travail. Hussein Bourgi a présenté son bilan et nous avons pu esquisser les sujets et les priorités qui sont les nôtres ».

-Au moment où les résultats sont tombés, on vous a vue très émue. Qu’est-ce que cette élection représente personnellement pour vous ?

Julie Frêche : « J’avoue que j’étais très émue parce que j’avais mes deux enfants à côté. Cela m’a beaucoup touchée que mes enfants et mon mari soient là, parce que quand on se présente à une élection comme celle-là, on embarque aussi toute la famille. Ce sont des moments très forts, parce que c’est beaucoup de tension, de travail et d’engagement. C’était aussi un grand bonheur d’être à côté de personnalités politiques que j’estime et que je respecte énormément, et avec l’ensemble des partenaires de la gauche et des militants avec lesquels on a fait campagne. Ce sont des victoires collectives ».

-Vous avez déclaré vouloir être une sénatrice pour tous les territoires, urbains comme ruraux. Quels seront les premiers dossiers héraultais que vous souhaitez porter ?

Julie Frêche : « Ce matin, j’ai eu l’honneur de faire ma première sortie publique aux côtés de Michaël Delafosse, au CHU de Montpellier, à l’hôpital public. Je crois que c’est le signe que notre liste considère comme une priorité le maintien, le développement et l’accompagnement de tous les services publics, qu’ils soient de santé, de transport ou encore le service postal, qui constitue une vraie présence de proximité sur l’ensemble des territoires.

Avec Hussein Bourgi, on a porté plusieurs sujets. D’abord, la question du réchauffement climatique. Je crois que le sujet qui est revenu le plus, c’est celui de l’eau. Il y a des communes aujourd’hui dans l’Hérault qui ne sont pas raccordées à des syndicats d’eau potable. Cela veut dire que, potentiellement, dans les années qui viennent, elles pourront être en pénurie d’eau lors des épisodes de canicule. Il y a un sujet de gouvernance de l’eau, d’irrigation agricole et de réutilisation des eaux usées. La question majeure est de savoir comment on définit les priorités et comment on assure une solidarité territoriale entre les communes les plus reculées et celles particulièrement exposées aux changements climatiques, notamment sur le littoral.

Le deuxième sujet, c’est la dépendance et la manière dont on accompagne le vieillissement de la population à domicile. Quant à moi, j’ai beaucoup développé les questions autour de l’alimentation durable. On a la chance d’avoir une demande des consommateurs de plus en plus forte pour manger sainement et localement, et dans le même temps des producteurs, des éleveurs et des maraîchers qui n’arrivent pas à vivre de leur travail parce qu’il y a trop d’intermédiaires.

Il faut simplifier les démarches des structures et des coopératives qui rapprochent les consommateurs des producteurs, mais aussi les règles de la commande publique pour les cantines, les Ehpad ou les centres de santé. C’est comme cela qu’on pourra construire des circuits courts de manière pérenne ».

-Vous allez devoir quitter vos fonctions de vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole. Comment le vivez-vous, après avoir notamment porté le gros chantier de la gratuité ?

Julie Frêche : « Je ne les ai pas encore quittées. J’étais encore avec le président de la Métropole ce matin et nous en avons parlé. J’ai 30 jours pour le faire, donc je serai là au prochain conseil. J’aurai l’honneur et le plaisir de présenter la délibération sur le tramway à l’aéroport entre Montpellier Méditerranée Métropole et la communauté d’agglomération du Pays de l’Or. D’ici quelques semaines, je quitterai mes fonctions de vice-présidente. Je resterai conseillère municipale, conseillère métropolitaine et présidente du groupe majoritaire ».

-Votre liste est arrivée en tête avec près de 30 % des voix. Hussein Bourgi a notamment attribué ce résultat à l’union de la gauche. Est-ce également votre lecture ?

Julie Frêche : « Je pense que cela dit trois choses. La première, c’est que le travail d’Hussein Bourgi est récompensé. Sa rigueur, sa ténacité et son ancrage local l’honorent. C’est une des premières raisons d’explication du vote. La deuxième raison, c’est effectivement l’union. Hussein l’a rappelé : depuis 1958, il n’y avait jamais eu d’accord, notamment avec le Parti communiste, ce qui avait fait rater le deuxième siège la dernière fois. Aujourd’hui, on incarne une gauche républicaine, sociale et écologiste. On assume une gauche de gouvernement, pragmatique, une liste de rassemblement et d’union.

Je crois que c’est une des raisons pour lesquelles notre liste est arrivée en tête. Ceux qui ont fait le choix de la division ont pris une autre voie. Cela montre une chose : quand la gauche se divise, elle perd et elle fait rentrer le Rassemblement national à la chambre haute.

La troisième raison, c’est aussi une méthode de travail d’une certaine génération qui a à cœur de montrer que les élus, ce n’est pas « tous pourris ». Le travail, l’engagement, la transparence, la clarté des alliances et l’union, même si ce n’est pas toujours facile : je crois que c’est aussi une méthode de travail qui a été récompensée ».

-Le rôle d’un sénateur reste assez mal connu du grand public. Pour un habitant de l’Hérault, à quoi voulez-vous que votre élection serve concrètement dans les six prochaines années ?

Julie Frêche : « Être sénateur, c’est connaître au millimètre près les réalités du territoire de l’Hérault. C’est connaître aussi les difficultés que rencontrent ses habitants. C’est être à la disposition et au service des 341 communes de l’Hérault pour porter leurs difficultés au niveau national et obtenir les arbitrages, les règles et les budgets nécessaires.

On est un département particulièrement vulnérable au changement climatique. On a deux exigences : l’adaptation de nos collectivités au réchauffement, mais aussi l’atténuation du changement climatique.

Hussein Bourgi dit souvent que le rôle d’un sénateur, c’est d’être médiateur, facilitateur et surtout de porter au niveau national les problématiques des communes pour y trouver des solutions, simplifier et faire évoluer certaines doctrines réglementaires ou juridiques. Ce sont des choses très concrètes qui simplifient la vie, font avancer des sujets et s’adaptent aux réalités locales ».

 

Hérault Tribune

*Ndlr. Julie Frêche est la fille de feu Georges Frêche (PS), qui a été, entr’autres mandats politiques : maire de Montpellier de 1977 à 2004, président du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon de 2004 à 2010, député de l’Hérault 1997 à 2002… Elle a été collaboratrice de feu le sénateur socialiste des P-O et président du Conseil Général des Pyrénées-Orientales, Christian Bourquin (lequel d’ailleurs avait succédé à son père aux commandes de la Région Languedoc-Roussillon).