Une coalition de 40 gouvernements et d’acteurs clés du secteur de l’eau appelle à une plus grande coopération transfrontière dans le domaine de l’eau lors de la conférence des Nations unies sur l’eau

New York, 23 mars 2023 – 40 pays, organisations d’intégration régionale et internationales, institutions financières internationales, ONG, centres universitaires et de recherche ont lancé un appel commun lors de la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2023 pour intensifier les efforts mondiaux en faveur de la coopération transfrontière dans le domaine de l’eau

 

Une déclaration commune présentée à la plénière de la conférence par la présidente de la Slovénie, Nataša Pirc Musar, au nom de la Coalition pour la coopération en matière d’eaux transfrontières, met en garde contre le fait que “la coopération dans la plupart des bassins transfrontières n’est pas suffisante pour faire face aux défis futurs et que les progrès sont trop lents“, appelant à “accroître l’ambition des efforts du monde dans ce domaine“.

“L’existence d’une coopération efficace et durable dans le domaine de l’eau transfrontière peut catalyser l’intégration régionale, stimuler la coopération dans d’autres domaines ou instaurer une paix durable. L’absence d’une telle coopération est au mieux un gaspillage de ressources et, dans le pire des cas, peut multiplier les risques qui peuvent contribuer à la déstabilisation des sociétés et menacer la sécurité”, a averti la Coalition.

Les eaux transfrontières représentent 60 % des flux mondiaux d’eau douce, dont dépendent plus de trois milliards de personnes. “La coopération sur les eaux de surface et souterraines transfrontières est donc essentielle pour promouvoir le développement économique durable, la santé humaine et environnementale, la biodiversité, l’action climatique et la résilience, la réduction des risques de catastrophe et la paix”, souligne la déclaration.

Dans un monde incertain et dans un climat changeant, le renforcement de la coopération pour la gestion des bassins transfrontières de nos lacs, rivières et aquifères est essentiel pour atteindre nos objectifs communs en matière d’eau, d’énergie, d’alimentation et de sécurité écologique dont dépendent nos sociétés. La coopération transfrontière dans le domaine de l’eau est un accélérateur pour la réalisation de nos objectifs mondiaux de développement durable et pour la santé et la qualité de vie de chaque être humain sur cette planète !“. Eric Tardieu, Secrétaire Général, Réseau International des Organismes de Bassin (RIOB)

Afin de mener une action transformatrice dans le domaine de l’eau à l’échelle mondiale, la Coalition appelle à redoubler d’efforts pour :

  • Mieux tirer parti des avantages économiques, sociaux, environnementaux et politiques de la coopération transfrontière, et s’appuyer sur eux pour développer une coopération durable et résiliente et surmonter les goulets d’étranglement vers des résultats mutuellement bénéfiques, y compris au-delà de l’eau en soi.
  • Créer des environnements juridiques, politiques et institutionnels favorables ainsi que des incitations économiques, financières et politiques à la coopération, par-delà les frontières et les secteurs, pour les eaux de surface et souterraines transfrontières, de la source à la mer.
  • Améliorer le cadre de gouvernance pour la coopération transfrontière dans le domaine de l’eau en élaborant ou en renforçant les accords entre les États riverains, qui répondent aux pressions changeantes, telles que le changement climatique, en mettant en place les organismes de bassin et d’aquifère existants et en renforçant leur impact et leur efficacité, et, le cas échéant, en encourageant l’adhésion et l’utilisation de la Convention des Nations unies sur l’eau de 1992 et de la Convention des Nations unies sur les cours d’eau de 1997, ainsi que l’utilisation du projet d’articles sur le droit des aquifères transfrontières.
  • Renforcer la base scientifique et d’information pour la prise de décision en améliorant l’interface technique et politique, en renforçant les réseaux de surveillance hydrométéorologique, en soutenant la production de données, d’informations et de connaissances, et en adoptant des politiques d’échange de données et d’informations ouvertes.
  • Renforcer les capacités à tous les niveaux pour gérer les ressources en eau partagées de manière intégrée, durable et inclusive en améliorant l’éducation et la formation, ainsi que par le biais de l’assistance technique et du partage des meilleures pratiques.
  • Accroître le financement international et national de la coopération transfrontière dans le domaine de l’eau, renforcer la résilience financière des organismes de bassin transfrontière et augmenter les investissements publics et privés dans les bassins transfrontières qui combinent les avantages régionaux et nationaux, tels que les investissements dans les plans d’investissement conjoints, les infrastructures coopératives et les solutions basées sur la nature.

Les membres de la coalition ont soumis des engagements en faveur des besoins susmentionnés, qui font partie du programme d’action pour l’eau de la conférence, et ont incité d’autres personnes à faire de même. Certains de ces engagements seront présentés lors de l’événement parallèle organisé par la coalition le 23 mars à 18 h 30 (heure de New York) et en ligne sur la Web TV de l’ONU.

La Coalition pour la coopération dans le domaine des eaux transfrontières est une coalition d’acteurs diversifiés et multipartites composée des pays suivants : le Chili, la République dominicaine, l’Estonie, la Hongrie, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suède : Allemagne, Chili, Estonie, Finlande, France, Hongrie, Irak, Kazakhstan, Maroc, Namibie, Ouganda, Panama, Pays-Bas, République dominicaine, Sénégal, Slovénie, Suisse ; l’Union européenne en tant qu’organisation d’intégration régionale ; ainsi que les organisations suivantes : CESAO, Fonds pour l’environnement mondial (FEM), Banque interaméricaine de développement (BID), Organisation des États américains (OEA), FENU, PNUD, CEE-ONU, PNUE, UNESCO, Banque mondiale, Centro Regional para la Gestión de Aguas Subterráneas en América Latina y el Caribe (CeReGAS), EcoPeace Middle East, Geneva Water Hub, Global Water Partnership (GWP), International Groundwater Resources Assessment Centre (IGRAC), IHE Delft Institute for Water Education, Réseau international des organismes de bassin (RIOB), UICN, Stockholm International Water Institute (SIWI), Université de Kinshasa, Water Diplomacy Center/Jordan University of Science and Technology.