(Vu sur la Toile)
« Je vais rendre 50 millions d’euros aux propriétaires » : Éric Ciotti baisse la taxe foncière et la taxe d’habitation à Nice
(Article de Anne Rovan • Rédaction journal Le Figaro)
Le Figaro.- C’est une mesure que nombre de propriétaires rêvent de voir appliquer, sans trop y croire. Éric Ciotti, le nouveau maire UDR de Nice, va bel et bien baisser les impôts immobiliers dans sa ville, comme il s’y était engagé lors de la campagne municipale. Tous les propriétaires sont concernés, y compris ceux qui ne vivent pas sur place à l’année. «Il y a aura une baisse de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires», a-t-il confirmé lundi 1er avril au micro de BFMTV, parlant d’une mesure qui sera à l’ordre du jour du Conseil municipal du 24 avril et sera visible dès «septembre 2026», lorsque les résidents secondaires recevront leur taxe d’habitation. Elle est lourde. La ville applique, en effet, de très longue date le plafond des 60%.
Ces baisses d’impôts pourraient faire bien des envieux parmi les propriétaires de résidences secondaires en France qui, des Sables-d’Olonne à Paris, de Saint-Cast-le-Guildo à Marseille pestent contre cette surtaxe de 5 à 60 %, consécutive à la suppression de la taxe d’habitation sur les résidences principales décidée par Emmanuel Macron au début de son premier quinquennat. Quelle sera l’ampleur de ces baisses? «Je vais maintenir la surtaxe à 60 % mais le taux de base va baisser. La taxe d’habitation rapporte de l’ordre de 40 millions d’euros à la ville. Je vais rendre 4 millions d’euros aux résidents secondaires. Si les finances de la ville le permettent à terme, je réduirai la surtaxe de 60 %», confiait Éric Ciotti au Figaro, mercredi. Selon une étude récente de Green Acres, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires représentait en moyenne 2360 euros en 2024 à Nice. Un montant qui est loin d’être négligeable dans une ville qui ne compte pas moins de 54.000 résidences secondaires (15 %) pour 262.000 résidences principales (73 %) et quelque 41.000 logements vacants (11 %).
Le geste est d’autant plus appréciable qu’il viendra s’ajouter à la diminution de la taxe foncière, un impôt qui frappe tout autant les propriétaires de résidences principales que ceux de résidences secondaires. Éric Ciotti a donné des ordres de grandeurs dans une récente interview au Figaro. «Nous baisserons les taux de la taxe foncière de 20% pour effacer la hausse voulue par Christian Estrosi en 2024. Nous ramènerons la fiscalité au niveau de 2023. C’est un engagement de cohérence : je refuse que les Niçois subissent cette fiscalité confiscatoire qui asphyxie les Français, à l’échelle locale comme nationale. Concrètement, cela représente un gain immédiat de 250 à 300 euros par an pour une famille vivant en cœur de ville». Mercredi matin, sur BFMTV, l’édile de la cinquième de ville de France parlait d’un gain de pouvoir d’achat un peu moins important, «autour de 200 euros pour les propriétaires qui disposent d’un appartement trois pièces en centre-ville».
Au total, le coup de pouce aux Niçois sera conséquent. «La taxe foncière et la taxe d’habitation qui représentent 320 millions d’euros de recettes pour Nice. Au total, nous allons rendre 50 millions d’euros au titre des baisses sur ces deux impôts», assure au Figaro le premier édile. C’est, à ses yeux, le remède à la crise du logement : «Il faut absolument redresser l’offre de locations de longue durée et produire davantage de logements. Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est d’aider les propriétaires.»
Des valeurs locatives parmi les plus élevées de France
Les impôts avaient beaucoup augmenté à Nice ces dernières années. Ce dont l’ancienne majorité s’était défendue, publiant à l’été 2025 un communiqué sur le site de la ville titré «La vérité sur vos impôts» . «Nice affiche le taux de fiscalité locale le plus bas parmi les grandes villes de France, avec 35,30 %. En comparaison, Strasbourg est à 37,44 %, Toulon à 39,9 %, Marseille à 44,54 %, Saint-Étienne à 44,68 %, Rennes à 45,66 %, Nantes à 46,34 % et d’autres villes comme Lille, Bordeaux, Dijon, Montpellier et Grenoble dépassent les 48 %», peut-on lire dans le document.
Pour Éric Ciotti, comme pour des élus issus de partis de gauche, cette démonstration ne tient pas. «Dans une ville comme Nice où les valeurs locatives sont les plus élevées de France après Paris, comparer les taux de Nice avec ceux d’autres villes n’a aucun sens», souligne-t-il, rappelant au passage que l’ancienne équipe municipale avait fortement augmenté les taux en 2024. Le taux foncier bâti était passé, il y a deux ans, de 29,62 % à 35,30 % quand celui sur la taxe d’habitation sur les résidences secondaires grimpait de 21,10 % à 25,15 %. Conjuguées à des valeurs locatives très élevées, ces hausses ont été explosives. Jusqu’à faire perdre son siège de maire à Christian Estrosi.
(Source : Le Figaro)

