De moins en moins regardés, de moins en moins suivis, côté spectateurs, de plus en plus boudés, désertés, voire boycottés, côté candidat(e)s : force est de constater que les débats publics organisés par les médias locaux, en cette période électorale, n’attirent plus grand monde. En tout cas, ils n’alimentent plus les conversations politiques dans l’air du temps, bref ils ne feraient plus la pluie et le beau temps !

 

“Les médias locaux ont déjà choisi leur candidat, dès lors à quoi bon aller perdre mon temps pour expliquer ma démarche et mon programme, je serai plus utile en terrasse du bistro du coin, dans les cages d’escaliers des cités ou dans les lotissements”, confie un opposant à un maire confortablement installé dans l’agglomération perpignanaise.

Un(e) autre, maire en place, enfonce la clou : “Depuis le début je suis insulté par la gauche qui se permet tout alors qu’elle est responsable de la politique économique et sociale du Département et de la Région. Les médias, pas tous certes, passent leur temps à me prendre pour cible sans discernement, sans nuance et tous les jours assènent contrevérité et mensonges sur ma politique. Je ne vois pas pourquoi je mettrai ma notoriété au service de leur mépris et par la même de la publicité qu’ils se feront sur mon dos”.

Vous l’aurez compris, localement en tout cas, en pays catalan, sous le soleil du Roussillon, la presse n’a plus la cote, en témoignent également les très nombreux commentaires qui font écho sur les réseaux sociaux, qui détournent à souhaits  Honoré de Balzac – “Si la presse n’existait pas il faudrait ne pas l’inventer” -, et Gustave Flaubert – “La presse est une école d’abrutissement parce qu’elle dispense de penser” -, et encore Pierre Dac : “Plus un citron est pressé, plus il se Dépêche”… à la place du mot “presse”, les Internautes jubilent, se régalentde (re)fourguer le titre d’un média des P-O en y accolant le nom du candidat ou de la candidate qui, selon eux, y a lui toutes ses entrées à grands coups de campagne publicitaire? tout le long de l’année, sans tambour ni trompette, mais pas de stress toute la fanfare est là, signée, en lettres (très) minuscules s’il vous plaît : “publi-reportage”.

Parmi les candidats qui assument cette liberté d’y aller ou pas, d’y être ou pas : Louis Aliot (RN), maire de Perpignan, candidat à sa propre succession les 15 & 22 mars prochains : “J’ai dit dès le début de la campagne que cette élection se passerait entre les Perpignanais et moi. CAP a cap ! Sans intermédiaire. Je leur fais confiance. Ils sont la source de ma légitimité et je leur porte une grande attention. J’ai multiplié les réunions de quartiers et les réunions Tupperware. Je les ai informé de cette démarche et de ne pas vouloir débattre avec des médias partisans, de gauche et militants. Ils ont très bien compris. En plus, j’ai débattu déjà devant les Perpignanais. Devant les forces économiques au MegaCastillet. Donc le débat a eu lieu. Ensuite, je n’ai rien à voir avec un parti « détestable, violent, complotiste, passionnément antisémite »*, comme le relève Monsieur Gluksmann**”.

 

L.M.

*Louis Aliot fait ici allusion au parti La France Insoumise (LFi).

**Raphaël Glucksmann, essayiste, député européen, coprésident de France Publique (avec Aurore Lalucq) formation politique destinée à rassembler la gauche proeuropéenne.