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Paris/ Philippe Bouvard : le journaliste, emblématique animateur des « Grosses Têtes », est mort à l’âge de 96 ans

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Le journaliste et animateur radio Philippe Bouvard est mort à l’âge de 96 ans
(Article de Fabien Morin et Magali Rangin • Rédaction BFMtv)

 

 

BFMtv.- Philippe Bouvard s’est éteint à l’âge de 96 ans ce lundi 24 août 2026, a annoncé son épouse à RTL. Journaliste et animateur bien connu des Français, il était notamment une figure de la station RTL où il a présenté ses célèbres Grosses Têtes pendant 37 ans.

Il avait annoncé le 23 juin 2024, lors de sa dernière chronique de la saison des portraits de Philippe Bouvard, son souhait de prendre sa retraite à l’âge de 95 ans, après 60 ans de carrière, en janvier 2025.

-« Il y a une tentation, qui n’est pas une tentation de paresse, mais une tentation de record, c’est d’aller jusqu’au 1er janvier, ce sera déjà pas mal, et ensuite d’écouter les autres et de faire silence », avait alors expliqué Philippe Bouvard, qui devait fêter ses 95 ans le 6 décembre.

Il visait un double record, “60 ans de radio et 60 ans de RTL”. « J’aimerais bien avoir celui-là (ce record, ndlr), parce que, je ne vous le cache pas, j’ai beaucoup aimé la radio, et la radio me l’a bien rendu ».

Né à Coulommiers le 6 décembre 1929, Philippe Bouvard était fils unique. Son père biologique abandonne sa mère le jour de naissance en lui dérobant une partie de ses biens. Le jeune Philippe est élevé par son beau-père Jules Luzzato, un tailleur juif, que sa mère rencontre sept ans plus tard. Son enfance difficile est marquée par la Seconde Guerre mondiale. Il doit alors se cacher avec sa famille et vivre dans la clandestinité.

Philippe Bouvard se passionne très jeune pour le métier de journaliste. Après un bref passage à l’école supérieure du journalisme de Paris, il prend la tête d’une revue militaire baptisée Kléber Digest, puis devient coursier au Figaro avant de gravir les échelons au sein du journal, dont il deviendra quelques années plus tard rédacteur en chef.

 

 

La consécration avec Les Grosses Têtes

 

S’il collabore avec de nombreux titres de presse (France soir, Paris-Match, L’Express, Le Point…), Philippe Bouvard doit surtout sa popularité à l’émission Les Grosses Têtes qu’il présente à la radio sur RTL à partir de 1977, dix ans après sa première émission RTL non stop. Avec ses pensionnaires des Grosses Têtes, l’animateur va accompagner les après-midi des Français et régner en maître à la radio pendant près de 37 ans.

L’émission, souvent associée à son humour potache et caustique, deviendra culte et fera de Philippe Bouvard une star de la station.

-« Même si je revendique une certaine complaisance dans le registre de la braguette, l’exercice est plus périlleux qu’il n’y paraît. En radio, un bon mot qui vient cinq secondes trop tard n’est plus un bon mot », déclarait celui qui citait Coluche, Desproges et… Cioran comme ses humoristes préférés.

Remplacé une première fois par Christophe Dechavanne en 1999, il reprend les commandes de l’émission deux ans plus tard avant de voir Laurent Ruquier lui succéder définitivement en 2014, non sans une certaine amertume qu’il ne cache pas dans la presse.

« Ce n’est pas moi qui ai pris la décision (d’arrêter) mais je l’ai acceptée. L’annonce de cet abandon, car c’en est un, est un déchirement », déclare-t-il alors.

Il continuera malgré tout sa collaboration avec la station avec l’émission Allô Bouvard.

 

 

Un révélateur de talent

 

Dans une volonté de faire découvrir les futurs talents de l’humour, Philippe Bouvard a également marqué les esprits à la télévision avec son émission Le Petit Théâtre de Bouvard, diffusée entre 1982 et 1987 sur Antenne 2. Le programme a notamment permis de révéler des personnalités comme Mimie Mathy, Chevallier et Laspalès ou encore Les Inconnus. Sur le petit écran, Philippe Bouvard officiera par la suite sur la Cinq (Boulevard Bouvard, Bouvard et compagnie…), sur TF1 (Les Grosses Têtes, Le Pied à l’étrier…) ou France 3 (Bouvard du rire…).

Boulimique de travail, celui qui a vendu en octobre 2016 son « Petit Musée » à Paris aux enchères, maison dans laquelle il vivait depuis plus de 30 ans, partageait ces dernières années son temps entre la capitale française et Cannes. Le journaliste, qui a publié plus de soixante-cinq ouvrages au cours de sa carrière, continuait d’assurer un billet quotidien dans Nice-Matin, « douze mois sur douze », et une chronique hebdomadaire dans le Figaro Magazine.

 

 

« Je suis passé à côté de la vie »

 

Dans une interview à Gala à l’occasion de ses 85 ans en 2014, l’hyperactif journaliste confiait n’avoir jamais pris de vacances, consacrant son temps à son travail, plus qu’à sa vie de famille. « Mais le pire, vous savez, c’est que je suis passé à côté de la vie, expliquait-il. Je ne me suis octroyé aucune de ces plages de réflexion que certains s’ac­cordent. J’étais toujours dans l’ac­tion. La fuite en avant. »

Lors de ce même entretien, Philippe Bouvard, qui n’épargnait pas la nouvelle génération à la télévision, revenait sur l’épitaphe qu’il s’était choisi : « Il est passé, comme les autres ». « Elle corres­pond parfai­te­ment à ce que je ressens, ce que je suis, avoue-t-il. Ça s’est très bien passé la vie pour moi, quand même. Et, au fond, je ne m’ac­corde pas tant de valeur. Mes histoires me lassent, je les connais trop, j’aime mieux celles des autres. »

De son éviction des Grosses Têtes, en 2014, il conservait une certaine aigreur, assurant ainsi n’avoir jamais écouté l’émission animée par Laurent Ruquier.

« Je dois être le seul dans l’histoire de la radio qui a été remplacé par celui qui essayait de le rattraper en vain depuis des années. Et je me croyais intouchable. C’était une faiblesse d’interprétation de ma part », avait-il ainsi déclaré au quotidien régional montpelliérain Midi Libre.

Au Parisien, en octobre 2016, le journaliste et animateur à l’étonnante longévité avait assuré être plutôt « résigné » : « Je suis d’une époque révolue. Je suis coupé du monde. C’est la rançon d’une vie déjà longue. »

Philippe Bouvard a toujours été un hyperactif : 30.000 articles, 6 000 émissions de télé, recensait-il début 2013 dans le quotidien Nice Matin avec lequel il a collaboré. Marié à Colette Sauvage depuis 1953, il était père de deux filles, Dominique et Nathalie.

(Source : BFMtv)