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Perpignan/ Francis Daspe* : « Les promesses n’engagent que ceux qui les croient… »

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Education. Les promesses n’engagent que ceux qui les croient…

-« Après plusieurs semaines de mobilisation des lycéens et des étudiants, le gouvernement de Sébastien Lecornu vient d’annoncer une série de mesures à leur destination. Il s’agit pour l’instant de simples déclarations d’intentions rappelant la triste formule indiquant que « les promesses n’engagent que ceux qui les croient ».

Le flou domine pour l’essentiel des propositions en apparence concédées. C’est le cas pour le dispositif d’orientation post-bac Parcoursup censé évoluer pour être ensuite remplacé à l’horizon 2028. L’application d’un certain nombre des promesses ne pourra l’être qu’après le départ de ce gouvernement : dans ces conditions promettre n’engage à rien, selon le précepte cousu de fil blanc « après moi le déluge ! ».

Des moyens jusqu’alors refusés, ou même retirés, semblent comme par enchantement être disponibles pour être enfin accordés : créations de places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, baisses des effectifs des classes au lycée, abrogation des suppressions de postes d’enseignants pourtant ininterrompues etc.

En réalité, les problèmes de fond subsisteront. Changer de plateforme ne réglera pas les difficultés d’accès aux études supérieures. L’ampleur de la précarité étudiante, principal facteur d’échec scolaire, n’est pas prise en compte de manière véritablement résolue. Les moyens concrets et les financements pérennes ne sont nullement garantis. La question du statut des enseignants recrutés se pose, tout portant à penser qu’il s’agira d’un moyen pour précariser encore davantage le métier. L’enveloppe de quatre milliards d’euros pour la rénovation des lycées ne correspond qu’à des prêts par lesquels les régions sont invitées à s’endetter. De plus, quid du calendrier de mise en œuvre des engagements ?

Les jeunes n’ont pas seulement besoin de promesses. Ils ont besoin de droits, de moyens et de perspectives. La parole des jeunes doit être réellement entendue, et ne saurait se limiter à des consultations ponctuelles, sans garantie sur les décisions finalement prises et appliquées ».

*Francis Daspe, La France Insoumise, auteur de « Blanquer à l’assaut de l’Ecole de la République. Chronique militante d’une casse et d’un casse », Editions du Borrego, décembre 2021