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Rivesaltes/ Inauguration à la Chambre de Métiers et de l’Artisanat : « Ce n’est pas seulement dans des murs que nous investissons, c’est dans notre jeunesse »

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Adélie Pommier (Secrétaire générale de la préfecture des Pyrénées-Orientales) et Jérôme Montes (Directeur territorial de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Pyrénées-Orientales)

 

À l’occasion de l’inauguration de la halle des sports « Jean Alsina » et du vernissage de la troisième édition de l’exposition « L’Œil et la main » à CMA Formation Perpignan-Rivesaltes, Ouillade.eu a rencontré Jérôme Montes, Directeur territorial de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Pyrénées-Orientales

 

-Ouillade.eu : deux inaugurations en une soirée, une halle des sports et une exposition photo. Quel est le lien entre les deux ?

Jérôme Montes : « Ces deux projets parlent de la même chose : nos jeunes, et la manière dont nous voulons les accompagner vers leur avenir. A l’heure où une certaine jeunesse revendique ou casse, nous faisons le pari d’investir dans nos apprentis. Car apprendre un métier ne se limite pas à des compétences techniques. Former un apprenti, c’est aussi lui donner confiance en lui, le goût de l’effort, la persévérance, la curiosité. »

 

-Ouillade.eu : concrètement, qu’est-ce que la Halle des sports « Jean Alsina » ?

Jérôme Montes : « C’est un investissement de 3,4 millions d’euros, sur 1 700 m², qui comprend un terrain multisport, une salle de préparation physique, trois salles de cours, des vestiaires et une toiture photovoltaïque. Elle porte le nom d’un ancien président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat des Pyrénées-Orientales, artisan prothésiste dentaire et président fondateur de l’Association Sport Apprentissage, qui avait compris très tôt que le sport et l’apprentissage pouvaient se rejoindre. Désormais, tous nos apprentis bénéficient de séquences sportives intégrées à leur parcours. »

 

-Ouillade.eu : et « L’Œil et la main » ?

Jérôme Montes : « C’est un projet né de la rencontre entre l’artisanat et le photojournalisme, construit avec les équipes de Visa pour l’Image – Perpignan, en particulier Pierre Conte et Jean-Luc Soret. Cette année, sept de nos apprentis ont été accompagnés par la photojournaliste Lou Baron et ont photographié les univers de la coiffure et de la mécanique moto. Cette exposition est avant tout la leur. La photographie leur permet de ralentir, d’observer, de regarder autrement ce qu’ils vivent au quotidien. »

 

-Ouillade.eu : le PLF 2027, présenté le 1er octobre, prévoit une nouvelle baisse des ressources des CMA. Qu’en dites-vous ?

Jérôme Montes : « Le projet de loi de finances 2027 prévoit de baisser de 25 M€ la taxe finançant les Chambres de Métiers et de l’Artisanat, alors qu’une réduction de 7,25 M€, négociée avec l’État, était déjà programmée. Cette taxe sert à financer le service rendu aux artisans, pas à combler les déficits de l’État. Nous demandons simplement le respect de la trajectoire convenue (-60 M€ sur 2023-2027), soit un plafond de 143,149 M€ pour 2027, dernière année de baisse. Une réduction supplémentaire anéantirait les efforts de modernisation et de maîtrise des charges, engagés depuis 2023 : le seul perdant serait l’artisan. Le texte introduit par ailleurs un plafond de fait sur la « taxe micro », dynamique et jusqu’ici perçue en totalité par le réseau (plus de 37 M€ en 2025), en l’additionnant à la Taxe pour frais de chambres de métiers et de l’artisanat (TFCMA) dans un plafond unique de 163 M€. Or ces deux taxes devraient rapporter plus de 318 M€ en 2027 : près de la moitié du montant payé par les artisans irait donc à l’État, ce qui détourne l’objet même de ces taxes affectées. »

 

-Ouillade.eu : quelles propositions portez-vous ?

Jérôme Montes : « Le débat parlementaire va s’ouvrir et nous appelons, d’abord, à séparer les deux taxes, en prévoyant une ligne dans le projet de loi de finances pour la TFCMA dite « classique » et une ligne pour la « taxe micro ». Ensuite, nous proposons de plafonner la TFCMA à 143,149 M€ conformément au respect de la trajectoire négociée de – 60 millions en cinq ans et alors que 2027 doit être la dernière année de baisse. Enfin, nous déplafonner la taxe micro pour continuer à percevoir la totalité de son produit. Il s’agit de nous laisser les marges de manœuvre nécessaires pour continuer à donner à nos jeunes les moyens de faire de leurs talents un métier, et de leur métier un avenir. »

 

Recueilli par L.M.