(Communiqué)
-“En 2008-2009, M. Del Poso dénonçait avec vigueur ce qu’il qualifiait de scandale et de gaspillage d’argent public lié aux acquisitions d’œuvres d’art réalisées sous le mandat de M. Bouille, maire de 1989 à 2009. Dix-sept ans plus tard, le débat n’est plus celui des conditions d’achat. Ce qui est aujourd’hui en cause, c’est leur conservation et leur préservation. Ce n’est plus la dépense initiale qui interroge, c’est l’abandon dans lequel ce patrimoine est laissé
Le constat
À l’approche des élections municipales, les habitants de Saint-Cyprien ont découvert dans leurs boîtes aux lettres un nouveau document de campagne du maire sortant, M. Del Poso, vantant son action passée et dessinant ses ambitions pour « demain » en matière de qualité de vie.
Parmi les propositions mises en avant par M. Del Poso figure la volonté de « favoriser l’art dans l’espace public » à travers le déploiement de fresques et d’expositions murales, présentées comme autant de curiosités invitant à la découverte de la commune.
Une annonce séduisante sur le papier.
Mais au-delà des formules, plusieurs questions demeurent : que signifie concrètement cette promesse ? Comment se matérialisera-t-elle ? Quelle sera l’enveloppe financière qui sera consacrée à ce projet ?
Or, un point essentiel est soigneusement passé sous silence par M. Del Poso.
Depuis près de cinquante ans, la commune possède un patrimoine exceptionnel de près de dic millions d’œuvres d’art, aujourd’hui entreposées dans des hangars insalubres au village. Dix millions d’œuvres d’art qui ne sont ni exposées, ni valorisées, ni même, pour beaucoup d’entres elles, présentées aux Cyprianais. Dix millions d’œuvres d’art qui, faute d’entretien et de conditions de conservation adaptées, se dégradent inexorablement un peu plus chaque jour.
Comment le maire sortant, M. Del Poso, peut-il promettre de nouveaux investissements artistiques de plusieurs centaines de milliers d’euros pour des fresques murales, alors même que la ville détient un patrimoine inestimable laissé à l’abandon ? Où est la cohérence ? Où est le bon sens ?
La dénonciation d’un scandale ignoré
Depuis 17 ans, nous dénonçons cette situation. Nous dénonçons le fait que par manque d’entretien adapté, notre patrimoine culturel perd, jour après jour, de la valeur. Depuis 2009, nous demandons à Thierry del Poso un inventaire clair, un plan de sauvegarde, un programme de restauration et une véritable stratégie de mise en valeur des 10 millions d’œuvres d’art appartenant aux Cyprianais.
À ce jour, aucune réponse précise ne nous a été fournie sur ces différents points par M. Del Poso.
Aucun document public détaillé, aucun calendrier, aucune présentation transparente de l’état réel de conservation de ces œuvres d’art ne nous a été présenté.
Il est pour le moins surprenant aussi que, dans le document de campagne récemment diffusé par M. Del Poso, pas un mot ne soit consacré à la conservation de ces 10 millions d’œuvres d’art. Pas une ligne sur leur restauration. Aucune perspective détaillée sur la mise en valeur de ce patrimoine communal. Le silence est total.
Pourtant, une politique culturelle responsable et cohérente commence par la préservation de ce que l’on possède déjà .
Ce n’est qu’ensuite que l’on peut envisager de nouvelles créations, de nouveaux projets artistiques dans l’espace public, ou engager de nouvelles dépenses. Il est donc légitime de s’interroger sur l’absence d’explications de M. Del Poso et de ses colistiers concernant la préservation de ce patrimoine culturel. Ces œuvres appartiennent pourtant aux Cyprianais. Elles doivent normalement être gérées avec la même exigence que l’ensemble du patrimoine communal.
Dès lors, il serait normal que M. Del Poso s’explique sur leur conservation et leur préservation depuis qu’il est maire.
On ne peut pas avoir l’indignation sélective : Dénoncer en 2008 et 2009, la prétendue gabegie d’argent public de M. Bouille en matière d’achat d’œuvres d’art, et rester silencieux aujourd’hui sur leur état de conservation.
Car cette mauvaise conservation n’est pas neutre financièrement.
Selon nos estimations, ce sont près de deux millions d’euros de valeur patrimoniale qui pourraient être compromis par l’absence d’une politique réelle de préservation. Rien que pour cela, ce sujet ne peut pas être ignoré par M. Del Poso. Les Cyprianais sont donc en droit d’obtenir des réponses précises du candidat/maire, M. Del Poso, en la matière.
À l’heure des choix municipaux, il est temps que toute la lumière soit faite sur ce scandale silencieux. M. Del Poso ne peut pas faire comme si ce patrimoine n’existait pas, comme si la problématique de sa conservation ne se posait pas.
Des dispositions du code pénal intègrent d’ailleurs la dimension culturelle du bien auquel il est porté atteinte.
À titre d’exemple, l’article 322-3-1 du Code pénal sanctionne « la destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien culturel qui relève du domaine public mobilier ou qui est exposé, conservé ou déposé, même de façon temporaire, soit dans un musée de France, une bibliothèque, une médiathèque ou un service d’archives, soit dans un lieu dépendant d’une personne publique ou d’une personne privée assurant une mission d’intérêt général, soit dans un édifice affecté au culte ».
À l’heure où l’on parle d’avenir et d’ambition pour la commune, il est indispensable de regarder la réalité en face.
Avant d’annoncer de nouvelles dépenses, Thierry del Poso doit d’abord assumer ses responsabilités et s’expliquer devant les Cyprianais sur la manière dont il a géré notre patrimoine culturel, ces dix-sept dernières années.
C’est une question de cohérence, de transparence et de respect envers les Cyprianais.
Claudette Guiraud, Pierre Rossignol




