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Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône)/ « Je n’ai pas peur » : pneus crevés, menaces de mort, incendie… ce maire visé par des dealers témoigne de son combat

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(Vu sur la Toile)

 

« Je n’ai pas peur » : pneus crevés, menaces de mort, incendie… ce maire visé par des dealers témoigne de son combat
(Article de G.D. • Rédaction RMC)

Un maire fait face aux menaces des dealers. Bruno Jacolin, maire de Sainte-Foy-lès-Lyon dans le Rhône, est la cible des trafiquants de drogue et a vu son logement visé par des tirs de mortiers. Des menaces que l’élu ne veut pas laisser passer, notamment après la condamnation d’un des trafiquants de drogue qui l’a directement visé, condamnation clémente qu’il explique avoir eu du mal à obtenir.

 

 

RMC.- Encore un élu visé par des dealers. Bruno Jacolin, maire (LR) de Sainte-Foy-lès-Lyon dans la banlieue lyonnaise, assure être menacé par des trafiquants de drogue depuis le printemps dernier. L’élu dénonce des tirs de feux d’artifice vers son immeuble et des menaces de « brûler » son logement. Ces scènes d’intimidation ont été filmées par des voisins du quartier de la Gravière, où vit depuis 35 ans Bruno Jacolin, un quartier qui mélange logements sociaux et résidences privées, et qui est de plus en plus en proie à des actes d’incivilité, de violences urbaines et au trafic de drogues, dénonce l’élu.

Tout aurait commencé le 6 mai dernier à l’issue d’une réunion publique au cours de laquelle le maire avait fait part de sa volonté de renforcer la sécurité, notamment en augmentant la présence policière. Dès le lendemain, Bruno Jacolin avait découvert « des tags injurieux me vint et deux pneus crevés sur ma voiture » et le 17 mai, « des tirs de mortier sur mon balcon ».

 

« Je n’ai pas peur »

« C’est l’autorité de la République qu’on cherche à faire reculer, mais jamais l’intimidation ne doit et ne devrait dicter l’action publique », assure ce jeudi 24 septembre Bruno Jacolin sur le plateau d’Apolline Matin. L’élu se refuse à avoir peur, assurant vivre dans ce quartier « familial » bien équipé en services publics depuis trente-cinq ans. « Je n’ai pas peur, je me dois d’apporter une solution à ce quartier où on est bien. Je me dois d’engager cette lutte », insiste-t-il.

« Ce trafic de drogue porte directement atteinte au lien social établi », alerte l’élu au micro de RMC.

Dans la nuit du 5 au 6 juin, un des dealers du quartier s’en est directement pris au maire le menaçant de mort depuis le parking au pied de son immeuble. Bruno Jacolin a porté plainte et l’auteur des menaces a été arrêté : « J’ai réussi à le faire condamner à 6 mois avec sursis, avec difficulté parce qu’entre le moment du constat de l’infraction et l’exécution de la peine il n’y a pas la bonne temporalité. Il y a une rupture de la chaîne pénale ce qui fait que ces individus se sentent libres et agissent en toute impunité. Il faut avoir une réponse pénale beaucoup plus rapide et plus adaptée », appelle le maire sur RMC Story.

Cet homme connu de la justice pour des faits de petite délinquance liés au narcotrafic a également été condamné à une interdiction de paraître dans le quartier de la Gravière, interdiction qu’il a violée, et une procédure a été engagée pour qu’il perde son logement social, assure une source proche du dossier à l’AFP.

 

L’alerte de policiers colombiens contre la mainmise des trafiquants

Depuis les faits, Bruno Jacolin assure avoir obtenu « le doublement des patrouilles de police nationale » depuis mardi et avoir lancé « le recrutement de policiers municipaux » notamment pour créer une brigade de nuit.

-« Cela ne me surprend pas et ce qui est terrible c’est que je me refuse à croire qu’on ne sait pas ça », se désespère sur le plateau des Grandes Gueules Rémi, policier dans le Rhône qui craint les dérives vers un narco-Etat et une « mexicanisation » de la France. « Des collègues policiers colombiens nous ont dit de faire attention parce qu’on glissait vers quelque chose de très dangereux notamment avec les menaces contre des élus ».

« On ne peut pas mener le combat contre le narcotrafic au niveau de la police nationale. Nous n’avons ni les moyens, ni le soutien de la justice », insiste-t-il.

Pour l’éducateur des GG Abel Boyi, l’Etat a perdu la partie et s’est tiré une balle dans le pied : « Il y a eu l’aménagement du territoire avec la ghettoïsation, les années 80 avec la politique des grands frères qui ont dilapidé de l’argent public », dénonce-t-il. « Dans les années 2000, des jeunes de quartier ont voulu reprendre la part du trafic de drogue qui transitait sur leur territoire et l’enlever aux barons à l’ancienne. Mais le combat est mort, il faut arrêter », alerte-t-il. « Dans dix ans, la France c’est un narco-Etat », craint-il.

« L’Etat a été complice de tout ça. On a laissé-faire. Les clients, ce ne sont pas les pauvres. Des élus ont fermé les yeux pour acheter la paie sociale. Le combat est mort, arrêtez de chercher des solutions. La répression n’y est pas parce qu’on a préféré acheter la paix sociale », conclut Abel Boyi.

(Source : RMC)