*Par Claude Barate universitaire, député honoraire
Des centaines de blessés, jeunes, enseignants, policiers, sapeurs-pompiers, simples passants, des lycées et des collèges en feu, des équipements publics détruits y compris un camion de pompiers, des dizaines de millions d’euros de réparations nécessaires, qu’il faudra bien que quelqu’un paie
Voilà le bilan de l’incitation à la haine déclenchée par les troupes de LFI, manipulant une jeunesse à juste titre fortement mécontente de l’Education nationale.
Tout le monde a en tête la démarche du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko allant en tête de jeunes manifestants et proclamant que « la violence est légitime ». On en voit le résultat.
Rien d’étonnant à cela. Cet objectif de LFI a été théorisé par Jean-Luc Mélenchon lui-même pendant la présidentielle de 2012 :
« L’hégémonie politique a un préalable : il faut tout conflictualiser… pour transformer un peuple révolté en un peuple révolutionnaire. »
La stratégie est dévoilée : le moyen, il faut créer le chaos, bloquer le pays et à l’occasion essayer de prendre le pouvoir ; le but, l’hégémonie politique : exit le système du pluralisme des démocraties occidentales, le pouvoir hégémonique de Jean-Luc Mélenchon, c’est le modèle des dictatures qu’il vénère. Pour lui, le problème des lycéens n’est qu’un moyen de créer le chaos, antichambre de ce qui se passerait si se réalisait le schéma qu’il prépare : un 2e tour perdu face à Marine le Pen, puis le chaos révolutionnaire.
Jean-Luc Mélenchon a pris les élèves en otage, effaçant le bien-fondé de la révolte des jeunes.
En effet, comment les jeunes pourraient-ils ne pas être révoltés, lorsqu’ils constatent, à juste titre, l’échec d’un système éducatif qui entraine la France dans les profondeurs du classement PISA.
Comment les jeunes pourraient-ils ne pas être inquiets de la faiblesse de leur éducation au moment même où on leur raconte que l’intelligence artificielle et la robotique vont bouleverser le monde.
Comment pourraient-ils ne pas être inquiets si face à ces bouleversements on leur propose une éducation étriquée.
Et Dieu sait que depuis une quinzaine d’années les ministres de l’éducation successifs, soit par idéologie personnelle, soit par faiblesse face à une administration centrale dominée par une idéologie mortifère, ont été particulièrement ternes et peu créatifs.
Oui il faut renverser le mammouth de l’éducation nationale.
Il n’est pas acceptable qu’avec un budget éducation nationale par tête d’élève, parmi les plus élevés des pays de l’OCDE, il n’y est pas suffisamment de professeurs, avec comme conséquence des classes surchargées, des absences d’enseignants non remplacées, des insuffisances de soutien scolaire.
Dans un article précédent, j’ai déjà donné l’explication : sur 1 200 000 fonctionnaires de l’éducation il n’y en a que 900 000 mille qui enseignent, les autres sont affectés à une administration centralisée hypertrophiée.
Même cause même effets, on a la même situation dans le domaine de la santé : trop de personnel administratif administrant, pas assez de personnel soignant.
C’est pourquoi j’ai proposé de casser ce système, tant au plan de la santé que de l’éducation en décentralisant sur les régions, comme en Allemagne où l’administration publique est plus performante.
Je constate d’ailleurs que cette submersion administrative centralisée pèse trop dans tous les domaines, c’est ainsi que si on continue, il y aura bientôt plus se fonctionnaires au ministère de l’agriculture que d’agriculteurs… !
Et encore si ces fonctionnaires de l’administration centrale ne faisaient rien ! non, ils font des normes pour montrer leur pouvoir.
Que ces normes « emmerdent » tout le monde comme le dénonçait déjà le président Pompidou, qu’au surplus elles nuisent à la croissance économique du pays, n’est pas leur problème. L’essentiel pour eux est d’assécher leur soif de pouvoir.
Oui, il faut sortir de cet étouffoir.
Oui, il faut revenir en matière d’enseignement à l’essentiel : apprendre à nos enfants à raisonner à partir de savoirs transmis, pour les préparer à leur vie d’homme et de citoyen.
Quel que soit leur avenir, il vaut mieux pour eux qu’ils aient une tête bien faite, qu’une tête peine de chose qu’ils ne comprennent pas toujours.
Ce n’est pas avec un gouvernement pusillanime, à bout de souffle et en fin de vie qu’on mènera une telle réforme structurante.
En 2027, les Français devront bien réfléchir avant de choisir leur président. Il ne s’agira pas de manifester une humeur ou de se laisser entrainer par des démagogues, il faudra choisir un président qui soit capable de réformer le pays en profondeur, préalable nécessaire au bonheur des français et à la grandeur de la France.
Claude Barate, universitaire, député honoraire
