Tribune Libre/ Claude Barate* : “Le bonheur à crédit”
par adminLuc le Fév 9, 2026 • 11 h 43 min Aucun commentaire*par Claude Barate, universitaire, député honoraire.
Une fois n’est pas coutume, il faut remercier le parti socialiste.
C’est grâce à lui que le budget a été voté.
Il a eu la force et l’habileté d’en imposer les termes et de faire en sorte que le pauvre Lecornu soit dans l’obligation de le prendre à son
compte en lui imposant de revenir au 49-3 tant décrié.
Ce budget permet, entre autres, aux français, de voir le blocage de la réforme des retraites qui va bénéficier à quelques milliers de personne, au moins pour un temps.
Il permet aussi aux étudiants d’avoir un repas à 1 euro.
Formidable avancée.
L’inconvénient c’est qu’elle est faite à crédit, puisqu’au lieu de réduire une dette qui nous étrangle, elle est faite en augmentant la dette que
nos enfants devront rembourser.
Le parti socialiste est ainsi fait, il réalise des avancées sociales que d’autres doivent payer.
C’est ainsi que le parti socialiste de François Mitterrand a ramené l’âge de départ à la retraite à 60 ans pendant que tous les pays européens faisaient le contraire.
C’est encore le parti socialiste de Lionel Jospin qui a réduit la durée du travail à 35 heures par semaine, ce qu’aucun pays européen n’a
osé réaliser.
On l’a bien compris, c’est la gauche socialiste qui apporte le bonheur !
Le problème, c’est que le bonheur apporté à quelques-uns est payé directement ou à crédit par tous les autres.
Les résultats viennent d’en tomber : pour la troisième année consécutive, le revenu moyen français, par tête d’habitant est en baisse, en dessous de la moyenne européenne.
Un Français est aujourd’hui en moyenne moins riche qu’un Européen.
En 1975, Français et Allemands étaient au même niveau de revenu.
En 2000, les Français avaient un niveau inférieur aux allemands de 6%, malgré le choc de la réunification. Aujourd’hui, il est inférieur de 11%.
Les Danois qui vivaient déjà mieux que nous de 13% en 1975, sont à plus de 23% aujourd’hui.
Même les polonais qui étaient en retard de 60% en 2000, ne sont plus qu’à 20% aujourd’hui !
Bref tous les pays européens améliorent leur situation pendant que la France s’enlise.
Ce qui est en cause, c’est l’essentiel : nous travaillons moins au cours d’une vie entière que nos voisins européens, alors que notre
productivité qui aurait pu en partie compenser ce manque de travail, ne fait que péricliter. Nous étions au 7 ° rang mondial en 2000, nous
sommes descendus au 14° rang.
Et la situation n’est pas près de s’améliorer lorsque l’on voit les résultats d’une démagogie socialiste qui confondant l’égalité et l’égalitarisme, a formaté l’éducation nationale suivant les principes wokistes.
Le résultat apparait clairement : avec un budget éducation nationale par tête d’élève qui est un des plus élevés de l’OCDE, des professeurs
mal payés, on a des résultats déplorables qui continuent à baisser.
En 1999, la France était au 13° rang mondial du classement PISA. On est aujourd’hui au 26° rang…
Quand changerons-nous enfin de paradigme ?
Quand reviendrons-nous à l’essentiel, transmettre le savoir et apprendre aux élèves à raisonner et à se surpasser ?
Quand leur apprendra-t-on à savoir d’où ils viennent, où ils sont ?
Quand leur racontera-t-on le roman national qui forge les âmes et forme les citoyens ?
Pourtant la formation de nos enfants est un élément essentiel à l’avenir et à la force de notre nation.
Préparer l’avenir, c’est réduire nos dépenses de fonctionnement pour investir dans l’essentiel, la formation de nos enfants, leur préparation
à des métiers d’aujourd’hui et de demain, dans la réindustrialisation du pays, dans la souveraineté énergétique et alimentaire.
Préparer l’avenir, c’est aussi préparer la défense de la nation et de ses intérêts européens face aux dangers réels qui la guettent.
Bref, le moment n’est pas dans le bonheur à crédit, mais dans le sursaut et l’effort national.
Claude Barate

