*Par Claude Barate, universitaire, député honoraire
Après un événement, l’autre. Après les convulsions de l’éducation, celles du vote budgétaire.
Elles ont déjà commencé dans le public. C’est ainsi que j’ai entendu une journaliste de BFMtv, apparemment normale, dénoncer la gérontocratie en comparant les 400 milliards des retraites aux 65 milliards du budget de l’éducation. Triste capacité de raisonnement pour une journaliste qui compare le coût de la formation des jeunes avec des revenus liés aux cotisations d’une vie …et la même d’ajouter qu’il est scandaleux que les vieux soient souvent propriétaires de leurs maisons contrairement aux jeunes, comme s’il ne fallait pas économiser toute une vie pour payer sa résidence.
Pire, j’ai même entendu à la télévision, une professeure d’économie de la Sorbonne, faire le calcul que pour diminuer le déficit budgétaire, il était opportun de supprimer le financement, par l’Etat, des enseignants du privé ! Comment peut-on dire des bêtises aussi énormes : supprimer le financement par l’Etat des enseignants du privé sous contrat, c’est renvoyer vers l’enseignement public tous les élèves du privé pour un cout supérieur pour l’Etat. En effet un élève du privé coute moins cher à l’Etat qu’un élève du public, puisqu’en dehors des dépenses des enseignants, tous les autres frais sont payés par les familles.
Mais le meilleur est à venir.
J’entends déjà Olivier Faure dresser des lignes rouges : nous n’accepterons pas ceci ou cela !
Je suis persuadé qu’ils vont refuser, d’une manière ou d’une autre, de diminuer les pensions des retraités. Après avoir augmenté le déficit du régime des pensions l’an dernier en empêchant la mise en place de la réforme prolongeant l’âge légal de départ à la retraite, ils continueront à creuser le déficit en reportant cyniquement la charge de la dette sur les autres, c’est-à-dire sur les générations à venir. Et le gouvernement, pour pouvoir rester en place, acceptera. Un peu plus ou un peu moins, ce n’est pas très grave : après moi le déluge !
Je n’en veux pas aux socialistes, ils sont naturellement démagogues, c’est leur nature profonde, c’est dans leurs gènes.
Ils ont réussi à faire croire à des Français trop crédules que la retraite à 60 ans ou la semaine à 35 heures étaient une « avancée sociale ». Les Français s’aperçoivent maintenant que cette dernière est payée par ceux qui travaillent, au détriment de leur pouvoir d’achat. Je ne sais pas chez eux ce qui l’emporte, la démagogie ou la médiocrité ? Peut-être les deux.
Non, j’en veux surtout au gouvernement qui, soucieux de rester en place, n’avance pas dans les réformes dont le pays à besoin : on parle des réformes au moment du budget et puis plus rien !
Je voudrais ici tracer quelques lignes d’actions essentielles.
D’abord, il me paraît nécessaire de remettre en cause la problématique de la dette. Ce n’est pas son montant qui est inquiétant, c’est sa nature. Si les emprunts étaient faits pour couvrir des dépenses d’investissement, peu importerait son montant, même aux yeux des préteurs internationaux. Ce qui est de nature à les inquiéter, à juste titre, c’est que ces emprunts servent à couvrir pour l’essentiel des dépenses de fonctionnement.
Ensuite, le poids de la dette. Il est d’autant plus inquiétant que le PIB est faible. De ce point de vue il est inacceptable que le budget n’ait pas comme première préoccupation la croissance économique, au moment même où le FMI prévoit en baisse la croissance française et en hausse celle de l’Allemagne ou de l’Espagne.
Quelques principes budgétaires devraient être respectés :
1) Réduire l’aide aux entreprises sauf celles qui portent sur la création d’emplois, mais en même temps réduire au niveau moyen européen, les impôts de production, ceux sur leurs bénéfices, ou leurs charges sociales Cela permettra à celles-ci de gagner en compétitivité avec la suppression des normes autres que celles européennes. Cela permettrait aussi de supprimer toute une partie de l’administration qui a pour mission de prélever d’une main, ce que l’état donne de l’autre.
2) Réorganiser en profondeur l’état et la fonction publique.
Effectifs trop nombreux : en dehors de la Suède, la France est le pays européen à avoir le plus de fonctionnaires. Ne remplacer qu’un fonctionnaire sur 2 qui partent en retraite, affecter les postes sur le terrain de l’opérationnel, en supprimant les emplois dans l’administration administrant. Supprimer les doublons.
3) Réformer les prestations sociales et des retraites Allonger l’âge de départ à la retraite et, ou augmentation des annuités de cotisations c’est pareil. Dans un prochain article j’indiquerai mes préférences pour le problème du financement des retraites. Réduction de la durée de l’assurance chômage et mise en place d’un système unique d’aide sociale qui soit nettement inférieure au SMIC pour inciter au travail plutôt qu’à l’assistanat.
4) Maîtriser les dépenses de santé par la régionalisation des hôpitaux et la suppression des ARS remplacés par un préfet délégué à la santé auprès du préfet de région.
5) Enfin, le plus important mettre en place dans la constitution, une règle d’or interdisant aux pouvoirs publics d’avoir recours à des emprunts pour financer les dépenses de fonctionnement. Seul l’investissement justifie l’emprunt parce que lui seul justifie qu’il soit remboursé aussi par nos enfants. C’est aussi une mesure qui réduira drastiquement les tendances démagogiques des partis.
*Claude Barate, universitaire, député honoraire
