Du 4 au 11 février 1945, Roosevelt, Churchill, et Staline se sont réunis dans une petite ville de Crimée, pour décider du partage du monde, au sortir de la deuxième guerre mondiale. Ensemble, ils ont notamment décidés la division de l’Allemagne et de Berlin, la création de l’ONU pour maintenir la paix internationale, donner des garanties à l’URSS et favoriser des élections libres dans les pays libérés
Ainsi, l’Europe était divisée en deux blocs : Est et Ouest, avec toutes les conséquences qui en ont découlé, Guerre Froide comprise.
Mais ces dernières années, les cartes ont été largement rebattues : Chine, États-Unis et Russie ont décidé une nouvelle répartition de leurs zones d’influence, et la guerre actuelle, lancée par Israël et les USA à l’encontre de l’Iran des Mollahs révèle plusieurs choses : d’abord, l’Occident se retrouve confronté à un Orient multipolaire dans lequel les Chiites font face aux Sunnites et où l’énergie devient un enjeu économique majeur, à la fois pour un Orient producteur et pour un Occident consommateur.
Ensuite, et de toute évidence, cette guerre, dont nul ne peut prévoir aujourd’hui son éventuelle extension, au-delà des limites du proche et du Moyen-Orient, ne provoque encore que peu ou pas de réaction des deux autres puissances mondiales que sont la Chine et la Russie.
Il n’en reste pas moins que, dans ces conditions, le monde occidental ne pourra pas valablement s’opposer à une probable et future annexion de Taïwan à la Chine et d’une partie russophone de l’Ukraine à la Russie de Poutine, Crimée et Dombass notamment.
Enfin, c’est ainsi que sont redefinies les zones d’influence et de partage du monde, antérieurement, décidées à Yalta.
Très vite, il faudra également remodeler les grandes institutions internationales, telles que l’ONU et son conseil de sécurité, l’OMS qui a largement fait la preuve de son inefficacité lors de la pandémie mondiale du COVID- 19, l’UNESCO, qui fait la part trop belle aux minorités les plus agissantes issues, notamment du monde oriental.
L’Europe elle-même, dirigée par des technocrates, non élus, devra se réformer en profondeur, au risque d’exploser, tant elle fait peu de cas des problématiques essentielles de ses pays membres.
Pour conclure, et comme jamais depuis le début de l’ère industrielle, le monde n’a connu autant d’incertitudes, alimentant, peur et doute au sein de populations qui seront, dès demain, confrontées aux défis et aux risques, liés aux développement inexorable de l’Intelligence Artificielle, qui décidera un jour, peut-être, de l’avenir de l’humanité.
Dominique Schemla
Avocat, maire-adjoint honoraire (Perpignan)

