*Elie Puigmal, ancien conseiller général et maire de Saint-Estève (de mars 2001 à octobre 2010), président du Comité Laïcité République des P-O (CLR66)

 

 

 

-“À Perpignan et dans les Pyrénées-Orientales, un média annonce le renfort de « 57 CRS » décidé par M le Préfet. Non. Ce sont 57 fonctionnaires de la Police nationale appartenant à une compagnie républicaine de sécurité, communément nommée CRS

 

Cette imprécision n’est pas un détail : elle entretient l’illusion d’une réponse massive là où il s’agit d’un renfort ponctuel.

Aussi soyons clairs : je salue sans réserve l’engagement des forces de sécurité, et en particulier celui des fonctionnaires des compagnies républicaines de sécurité, dont la mission de maintien et de rétablissement de l’ordre est essentielle. Mais la réalité impose de dire que ces renforts, seuls, ne régleront rien de durable.

Le narcotrafic n’est plus un phénomène marginal. C’est une économie parallèle structurée, violente, armée, qui tue et gangrène nos territoires national et ultramarins. Croire que quelques dizaines de fonctionnaires, aussi compétents soient-ils, suffiront à inverser la tendance relève au mieux de la naïveté, au pire de l’affichage politique.

L’exemple d’autres grandes villes devrait nous servir de leçon, Marseille entre autres!: sans action déterminée contre les têtes de réseaux, sans coopération internationale réelle contre les filières d’approvisionnement, sans stratégie globale et continue dans le temps, nous ne ferons que contenir temporairement le grave problème.

La sécurité est une mission régalienne. Elle exige autre chose que des effets d’annonce : elle suppose des moyens durables, une vision claire et du courage politique sur le long terme.

En tant qu’ancien de la Police nationale, syndicaliste et élu, je le dis avec gravité : les habitants attendent des résultats, pas des symboles.
Alors oui, soutenons pleinement les forces de sécurité engagées sur le terrain 365 jours par an, nuit et jour. Mais ayons aussi l’honnêteté de reconnaître que la réponse doit être à la hauteur du grave défi : nationale, européenne et internationale, et surtout déterminée à s’attaquer aux racines du mal.

Faute de quoi, nous continuerons à courir derrière une réalité qui, elle, ne cesse de nous rattraper. Oserons nous le pari de l’intelligence collective ?”.

Élie Puigmal