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Tribune Libre/ Lucien Baillette : « Une République qui oublie de transmettre son histoire fragilise son avenir »

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Mais pourquoi ne me l’aviez-vous pas dit ?…

J’ai longtemps cru que l’école de la République était un pilier essentiel de la transmission de notre mémoire collective.

Chaque 11 novembre, nos enseignants nous conduisaient devant les monuments aux morts. Fiers, nous agitions nos petits drapeaux bleu, blanc, rouge, en hommage à ces hommes dont les noms gravés dans la pierre rappelaient les vies sacrifiées : agriculteurs, vignerons, ouvriers, pères de famille, jeunes ou moins jeunes.

Partis là-haut, vers le Nord, pour défendre la France et la liberté, beaucoup ne sont jamais revenus.

Mais notre émotion allait au-delà de nos propres soldats. Nous n’oubliions pas ceux que l’on appelait nos « ennemis ». Eux aussi étaient jeunes, pères de famille et mouraient au combat.

Se souvenir, c’était honorer tous les morts et transmettre aux générations futures l’espoir d’une paix durable.

Aujourd’hui, l’absence annoncée de certains enseignants aux cérémonies municipales du 11 novembre 2026 interroge. Quelle place accordons-nous désormais à cette transmission mémorielle ?

Je regrette cette décision, que je perçois comme un renoncement à une cérémonie essentielle, au nom de considérations corporatistes et syndicales. Les désaccords sociaux ne devraient jamais faire oublier le devoir de mémoire.

Même à Marquixanes, petit village du Bas-Conflent, l’hommage aux morts des guerres mérite d’être perpétué dans le respect de notre unité républicaine.

La République a-t-elle encore une autorité éducative suffisamment attentive à cet enjeu ? La question mérite d’être posée.
Victor Hugo écrivait dans Les Rayons et les Ombres (1840) : « Toute idée, humaine ou divine, qui prend le passé pour racine, a pour feuillage l’avenir. »

Une pensée qui demeure d’une grande actualité.

À méditer !

 

Lucien Baillette