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Tribune Libre/ Stéphanie Trescases : « Présidentielle 2027, primaires assassines en perspective »

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Au fil des élections présidentielles, j’ai pu observer les effets dévastateurs des primaires : à gauche comme à droite les primaires forment une étape dite « démocratique » qui permet de choisir le « meilleur candidat » et par la suite de former « l’union sacrée » pour tenter de gagner l’élection présidentielle

 

Pour autant je m’interroge sur l’efficacité comme la légitimité de cet exercice populaire : être les spectateurs d’un pugilat des semaines durant pour assister ensuite à une alliance de façade et de convenances ne me paraît pas fédérateur en soi mais plutôt contre-productif et terriblement dangereux.

Comment faire entendre à des sympathisants de droite ou de gauche que le « Gagnant » de la primaire oubliera ses ambitions personnelles pour laisser place à la coopération active, la cohésion visible et l’esprit d’équipe.

Entre cohésion et rivalité le cœur des électeurs balance : peut-on véritablement croire en l’union après l’affrontement ? Vers qui s’allier ?

Je crains malheureusement que l’expérience si démocratique soit-elle ne ternisse l’image de ses compétiteurs et détournent les électeurs des partis républicains vers les mouvements extrêmes et structurés ayant leur « candidat désigné » en interne tout aussi populiste que populaire auprès de la jeunesse et des citoyens en détresse.

Les extrêmes déchaînent les passions, s’appuient sur le vote identitaire et communautariste pour ancrer leur légitimité sans passer par la case « Primaires ».

La gauche républicaine a lancé ses primaires, pensant éloigner les intrigants en monétisant le vote à des personnes qui ne parviennent déjà pas à joindre les deux bouts ou remplir leur réservoir pour aller travailler. A cette heure, un candidat a été exclu, un ancien Président estime que son statut l’exonère de passer les éliminatoires et une ancienne candidate parvenue au second tour qualifie un plus jeune adversaire de « stagiaire » en politique sans « métier » pour ne pas avoir réalisé le même palmarès.

La droite républicaine n’est pas plus reluisante : des candidats si proches hier et en compétition aujourd’hui : Certains ont jadis accepté une place de choix dans l’univers de la Macronie, d’autres se tiennent en embuscade au cas où une primaire citoyenne soit organisée.

L’image et la notoriété prennent le pas sur les idées et les valeurs : le combat de coqs avant le projet pour la France !

En tout état de cause, ces primaires ne présagent rien de bon : parce-que le linge sale se lave en famille sans être réduit à de l’entre-soi, il serait bien plus judicieux que les candidats soient investis par les structures internes des partis afin de donner aux électeurs l’image de mouvements autour d’un candidat unique qui fédère et qui unissent autour des trois piliers de notre République que sont Liberté Egalité et Fraternité et surtout éviter que les primaires ne confortent les extrêmes.

Stéphanie Trescases