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Trubune Libre/ Lettre aux élus : touchez pas aux retraités, bande de fadas !

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Quand j’étais étudiant : les Restos du Coeur n’existaient pas, la cantine à 1€ et Vinted non plus… même pas en rêve ! Pour se loger, le Système D ambiançait un passage à l’Université dépressionnaire, ce à tel point qu’il fallait se débrouiller tout seul, sans assistanat de l’Etat, sans l’aide des parents dont les temps étaient déjà suffisamment durs pour eux au quotidien, quand aux grands-parents, en ce temps-là, ils avaient déjà un pied dans la tombe – l’éspérance de vie d’hier (encore) n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui -, bref il fallait turbiner dur à côté des études pour coucher. Les temps ont bien changé

 

Quand j’ai commencé à travailler : la semaine des 35 heures n’existait pas, la 5e semaine de congès payés non plus… Entr’autres.

Aujourd’hui, devenu à mon tour grand-parent, avec l’espoir d’une fin de vie bien meilleure, chaque mois je paye ma mutuelle santé deux fois plus chère, pour les mêmes soins assurés, que lorsque j’étais dans la vie active. Et de ce côté-là, je pourrais en (r)ajouter aisément.

Devenu (enfin) propriétaire d’une modeste demeure, à force de me serrer la ceinture mensuellement pendant près d’un demi-siècle, je dois acquitter une taxe foncière sur mon logement qui a bondi spectaculairement en à peine une poignée d’années, ce depuis que notre auto-proclamé Mozart-de-la-finance avait décidé de supprimer la taxe d’habitation. Désormais, ma taxe foncière est équivalente au global annuel que je payais : à savoir taxe foncière + taxe d’habitation.

Régulièrement, et je le fais avec un grand bonheur lorsque ma retraite me le permet, je me fais plaisir. Ou plutôt je fais plaisir aux « autres », aux miens d’abord : là, j’aide la petite dernière à passer son permis de conduire en le finançant pour grande partie ; là encore, j’aide le petit-fils parti étudier à Toulouse à payer certains de ses frais universitaires… La semaine dernière encore, j’ai réglé un plein d’essence à ma fille pour qu’elle puisse aller bosser sereinement. Cela me privera d’un resto avec les potes – comme on kiffe dire aujourd’hui -, mais non je ne regrette rien ; la Famille d’abord et toujours.

Mais demain, avec la non-indexation de ma retraite sur l’inflation, voire la suppression même à minima d’un abattement fiscal et donc de fait une nouvelle imposition pour nous les vieux, les anciens, les aînés de tous bords et de toutes conditions, qu’en sera-t-il de nos possibilités pour continuer à aider nos proches ? Vous allez faire imploser la cellule familiale traditionnelle dont les ressources reposent aussi pour partie sur la solidarité et la générosité intrinsèques.

Chers élus, très chers élus, au Gouvernement et/ou d’ailleurs, vous ne m’entraînerez pas dans un conflit de générations pour justifier votre choix, votre décision. Je tiens simplement, sereinement, à vous avertir, à vous dire, les yeux dans les yeux, que, quelle que soit votre étiquette politique, si d’aventure vous souteniez, vous votiez pour ces sanctions pécuniaires sur ma pension de retraité, alors l’année prochaine, ni à la Présidentielle ni aux élections législatives, vous n’aurez ma voix. Et j’invite tous les millions de retraités de France et de Navarre à agir ainsi, à se faire entendre.

 

L.M.