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Argelès – Perpignan – Narbonne – Bordeaux/ Foutage de gueule intolérable : « Je m’appelle Christophe Riti, j’ai 46 ans, je possède un taux d’invalidité de 80% (PMR), je viens vous conter mon dernier déboire avec la SNCF »…

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Les plus fidèles lecteurs de Ouillade.eu me reconnaîtront peut-être. Ce n’est pas la première fois que les administrateurs de site me laissent témoigner. Ce n’est pas par plaisir que je les sollicite, j’en ai même marre mais lorsque un événement grave se produit, je me fais un devoir de le dénoncer

 

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-Je m’appelle Christophe Riti, j’ai 46 ans, je possède un taux d’invalidité de 80% et pour autant je suis diplômé d’un Master Recherche en mécanique génie civile (pour faire plus simple, j’ai une formation d’ingénieur). Je viens vous conter mon dernier déboire avec la SNCF…

Lundi 21 septembre 18H 47, je reçois ce SMS : « Votre train 4758 du 22/09 est supprimé. Echange ou remboursement possible. + d’info dans votre boite mail ».

J’étais censé partir de la gare de Perpignan à 10H 21 le lendemain, étant en fauteuil roulant on me demande de me présenter en gare trente minutes avant le départ ; j’étais à Argelès-sur-mer, transport aménagé réservé depuis longtemps, départ prévu 8H 40. Mon handicap fait que je suis excessivement long à me préparer, réveil prévu à 5H du matin.

A la réception du fameux SMS, mon père appelle le service dédié aux voyageurs handicapés, j’ai nommé ACCÈS PLUS – oui mon père appelle car bien que dédié aux personnes handicapées, avec mon défaut d’élocution, on m’a raccroché de nombreuses fois au nez …cherchez l’erreur ! -. La personne rassure mon père et lui dit que dans tous les cas les agents trouveront une solution pour que j’arrive à bon port (ou plutôt à bonne gare !). Elle n’a pas osé rajouter « en temps et en heure  » ! Il ne faut pas être trop gourmand dans la vie !

Mon père raccroche, on se regarde en famille d’un air septique.

La décision est prise que mes parents suivront le taxi le lendemain pour s’assurer que je sois bien pris en charge par la SNCF.

La nuit fut courte, je met un temps extrêmement long à me préparer. Je prévois 4H pour ne pas être en retard et mon réveil sonne à 5H du matin.

-8H 45, voilà mon fauteuil roulant chargé dans le taxi. Mes parents nous suivent.

Nous arrivons en gare de Perpignan, parfaitement en avance par rapport au trente minutes d’avance demandées aux Personnes à Mobilité Réduite (PMR, c’est le terme politiquement correct) par rapport au départ du train.

Arrivé devant le bureau d’accueil des personnes handicapées, le bureau est et restera désespérément vide.

Fort heureusement, le personnel travaillant dans ce service porte un gilet que l’on ne peut pas rater.

J’en repère un dans le hall. Je me présente, suivi de mes parents. Mon train était bel et bien annulé, l’agent nous dit qu’il s’occupera de moi et qu’il m’aidera à monter dans le 11H 05 pour Narbonne.

Mes parents rassurés me laissent en gare de Perpignan et repartent à Argelès-sur-mer (où au passage la seconde gare la plus fréquentée des Pyrénées-Orientales n’est toujours pas accessible aux personnes handicapées, ce malgré mes vingt années de dénonciation…).

Malgré les dires de cet agent, je n’étais pas serein.

De notre arrivée vers 9H 20 jusqu’à 10H 55,  le fameux Bureau d’accueil des PMR de la gare de Perpignan est resté vide.

A l’arrivée de la dame, je lui fais comprendre qu’il faudrait peut-être accélérer la cadence ! Elle me rétorque « Que c’est trop tard, que je ne l’aurais pas ».

Ni une ni deux, j’enclenche la 5e vitesse. Si j’ai le bonheur que le train soit à hauteur de quai, je monte dedans comme je peux ! C’était le cas ! Je passe devant l’agent qui se trouvait sur le quai, juste à la porte du train, je lui demande d’avertir Narbonne pour qu’il me descendent du train.

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J’arrive à Narbonne vers midi.

On m’annonce que le prochain train pour Bordeaux partira à 16H (c’est précisément l’heure à laquelle j’étais censé arriver chez moi …soit dit en passant…). On me demande de me présenter à l’accueil à 15H , je m’exécute et part pour une pause sandwichs.

Faites comme moi, reprenez votre souffle l’histoire est loin d’être terminée…

Je mange mes sandwichs devant la gare, à l’ombre sur le côté à proximité du parking des deux roues. Le fauteuil roulant à côté des grosses motos m’amuse, je fais une photo !

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-14H 45 en me dirigeant vers l’accueil où on m’a demandé être à 15H. Je prends en photo la pendule de la gare.

A 15H, je me signale au guichet, un gars bien sympa, que j’avais vu avant ma pause déjeuner.

Le train pour Bordeaux partait à 16H.

-15H 45 un petit jeune de la SNCF s’approche de moi et me dit « on ne va pas pouvoir vous montrer dans le train pour Bordeaux, on vous renvoie à Perpignan! ». Je me marre, les petits jeunes n’ont pas perdu le sens de l’humour !

Il réitère sa phrase d’un air grave et sérieux. Tous ceux qui me connaissent savent que quand je m’énerve, le volume de ma voix augmente sans forcément que ça soit volontaire, c’est le cas quand je fais un effort de prononciation. Je lui dit qu’il en est hors de question et qu’ils se débrouillent pour me monter dans le train de 16H, comme on me l’a dit à mon arrivée à Narbonne un peu avant midi. Entendant que le ton montait l’agente de sécurité (déjà croisé un peu plus tôt) se rapproche de moi, tentant de me calmer.

Elle me dit que « c’est pour mon bien », que « personne ne m’attend à Bordeaux ». Qu’en sait-elle cette agente de sécurité qui ne me connaît pas ? Elle demande que j’appelle mon père. Je m’exécute sachant très bien que mon père va élever la voix encore plus que moi (et volontairement cette fois).

Bizarrement une solution est trouvée en quelques minutes et, cerise sur le gâteau, le chef de service vient me l’annoncer en personne la bouche en cœur (d’ailleurs il ne s’est pas présenté), en se ventant d’avoir tout résolu …plutôt culotté le mec …vous ne trouvez pas ? !!!

J’en retiens deux choses.

Première chose : une solution trouvée en quelques minutes signifie très clairement qu’il n’y avait pas réellement de problème (CQFD). Un trafic déjà dense dans le sens des remontées, les agents SNCF ne voulaient pas s’embêter à charger en plus un fauteuil roulant, ils ne peuvent pas dire que c’est par manque de place puisque je suis monté dedans !

Seconde chose : à mes yeux, le plus scandaleux, c’est qu’une Personne à Mobilité Réduite doive appeler un proche pour se faire entendre, alors que dans mon cas, je suis compréhensible par quiconque veut tendre l’oreille. Cette attitude déplorable m’a donné l’impression d’être un sous-citoyen, et ça, en 2026, c’est in-to-lé-rable !

Je me dois de rappeler que la « Loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » a été promulguée le 11 février 2005 à l’initiative du président Jacques Chirac. Ce dernier avait donné dix ans pour que cette loi soit effective, nous sommes onze ans après cette date butoir et force est de constater, hélas, qu’énormément de choses restent à faire.

En 2004, il a été décidé qu’un jour férié (généralement le Lundi de Pentecôte) serait travaillé pour financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées… A cette occasion, pourquoi tous les élus, du maire jusqu’au Président de la République, ne testeraient pas tous les types de handicap ? Cela permettrait des lois plus justement écrites, non ?

A l’aube de l’élection présidentielle, je lance une idée !

 

Christophe Riti
En mon nom et celui des Personnes à Mobilité Réduite (PMR) qui n’ont pas forcément ma facilité de s’exprimer. J’en fais appel à tous les élus de la Région, du Département, des conseillers communautaires, des maires… et bien sûr des parlementaires, députés et sénateurs.