(Vu sur la Toile)
Ce tacle d’Emmanuel Macron aux « mabouls » sur l’Algérie n’a pas plu à Bruno Retailleau
(Article de Marceau Taburet • Rédaction Le HuffPost)
Le HuffPost.- La formule est très macronienne : un brin provocatrice et finalement comique. Au détour d’une visite d’hôpital à Lavelanet (Ariège) ce lundi 27 avril, le président de la République a qualifié les partisans d’une ligne dure avec l’Algérie de « mabouls », les accusant de vouloir « se fâcher » avec un pays qui entretient encore aujourd’hui de nombreuses relations avec la France.
Une phrase loin d’être passée inaperçue, et qui n’a pas (du tout) plu à Bruno Retailleau. L’ancien ministre de l’Intérieur, qui a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, a toujours assumé une stratégie du bras-de-fer face à Alger, désireux de ne rien céder face à un pouvoir qu’il juge hostile à la France. « La diplomatie des bons sentiments est un fiasco », avait-il expliqué à sa sortie de Beauvau. Ses principaux griefs concernaient le maintien en détention de Christophe Gleizes et de Boualem Sansal, mais aussi le refus par Alger d’accueillir les ressortissants que Paris entendait expulser.
Le patron de LR a répliqué via un communiqué publié en fin de journée. « Emmanuel Macron s’en est pris à ceux qui, comme moi, sont partisans de la fermeté avec l’Algérie, explique-t-il. Je veux lui répondre calmement mais fermement ». Pour Bruno Retailleau, « le problème, ce ne sont pas les médecins algériens mais les centaines d’OQTF dangereux qui n’ont plus rien à faire en France et que le régime d’Alger refuse de reprendre ». Selon lui, « aucune douleur de l’histoire ne donne le droit à ses dirigeants d’humilier et d’insulter la France ».
Plus frontal encore contre Emmanuel Macron. il affirme « qu’affronter les vrais problèmes, avoir le courage de la fermeté, pour que les Français soient protégés et la France respectée : c’est cela le rôle d’un Président de la République ». Bruno Retailleau ne s’en est jamais caché : son avis était minoritaire au gouvernement.
Auprès du JDD en novembre, il regrettait que la « ligne ferme » à l’égard de l’Algérie n’ait « jamais été assumée, ni au Quai d’Orsay ni à l’Élysée ». De fait, Emmanuel Macron a toujours tenté de maintenir le dialogue avec l’Algérie et n’a jamais voulu braquer un pays à qui la France a fait subir près de 130 ans de colonisation.
En février 2025, il disait « souhaiter qu’un travail de fond soit réengagé au service des intérêts des uns et des autres, avec exigence, respect et engagement ». D’ailleurs, le chef de l’État a toujours exclu de remettre en cause les accords de 1968, qui accordent aux ressortissants algériens un régime spécifique de circulation et d’obtention de la nationalité française.
« C’est le bordel ! »
Au moment où Emmanuel Macron a parlé de « tous ces mabouls », ce lundi, il répondait aux questions de médecins inquiets de la difficulté à travailler en France après avoir obtenu un diplôme hors Union européenne. « C’est encore le bordel, s’est agacé le Président. C’est un truc qui me rend dingue ! C’est la folie du système français », a-t-il déploré.
Face à un médecin originaire d’Oran (Algérie), il a poursuivi : « Ce sont des gens remarquables qu’on fait bosser, qui font de la médecine, qui sont à l’hôpital et, le jour où il faut les titulariser, on repart de zéro. Il faut passer un concours pour emmerder le monde ». Un vrai sujet au regard des nombreux déserts médicaux partout en France et de la pénurie de médecins dans certaines zones rurales.
Ainsi, les praticiens concernés sont bien moins rémunérés que leurs confrères titulaires, diplômés en France. En 2025, plus de 19 000 médecins diplômés hors Union européenne exercaient officiellement en France. La plupart sont originaires d’Algérie (près de 39 %), les autres de Tunisie (15 %) ou de Syrie (8 %). Toujours selon Emmanuel Macron, « on a un système qui marche sur la tête ».
(Source : Le HuffPost)

