La quatrième étape de la 10° édition itinérante des Vendémiaires insoumises des Pyrénées-Orientales, organisée par des groupes d’action du département, se déroulait avant-hier, lundi 19 octobre, à Prades. Du thème général portant sur « les décantations et les cristallisations » en vue de la présidentielle de 2027, une réflexion plus approfondie était réservée à la situation du bloc central bourgeois, en d’autres termes à l’espace de la Macronie et ses supposées périphéries
Comme le rappelait en introduction l’animateur du groupe local de La France Insoumise dans le Conflent et à Prades, François Ferrand, « cet espace est tiraillé entre des tentatives désespérées d’une résilience affectée et des réalités confinant à la décomposition avancée ». Si besoin était, l’actualité sociale et politique le confirmerait de manière indiscutable.
C’est en ce sens que poursuivait le conférencier de la soirée, l’Insoumis Francis Daspe, décrivant un champ de ruines et de décombres laissé par les deux quinquennats du Président Macron. « En effet, ce bloc bourgeois central doit assumer le passif du macronisme finissant, et l’impopularité qui va de pair. Il est de surcroît fracturé par de multiples ambitions personnelles et des haines tenaces ». Et pourtant, il table sur l’espoir insensé de reproduire à l’identique ce qui a échoué. L’imposture de candidats démonétisés, comme Edouard Philippe et Gabriel Attal, même si on pourrait en rajouter de nombreux autres qui ne cessent d’espérer un destin personnel improbable, se présentant comme neufs, est patente. C’est en cela que consiste le concept de « résilience affectée » donnée à l’intitulée de cette réunion des Vendémiaires. « En dépit de tous ces efforts, il aura bien des difficultés à faire oublier un bilan plombé par un tel passif et à enrayer la réalité d’une décomposition avancée ». Qu’ils le veuillent ou non, Edouard Philippe et Gabriel Attal sont des héritiers du macronisme, puisqu’anciens premiers ministres.
Pour sortir de cette impasse, et faute d’une confiance populaire impossible à reconquérir en dépit de tous les artifices et autres stratagèmes utilisés sans guerre d’éthique comme on peut le constater à l’occasion des mouvements sociaux actuels, ce bloc central bourgeois doit chercher à s’élargir vers ses périphéries. Pour Francis Daspe, deux hypothèses existent. « Raphaël Gluksmann a vocation par ses orientations politiques naturelles à se rapprocher de l’extrême centre pour constituer ce qui ressemblerait à une sorte de grande coalition à l’allemande. La droite, pourtant de moins en moins républicaine, pourrait être tentée de faire un front pro-capitaliste de classe pour sauvegarder les intérêts de l’oligarchie », expliquait-il.
Au cours des échanges avec la salle, est évoquée l’idée d’un plan B de l’oligarchie sous la forme d’un surgissement d’une personnalité venant en fin de compte rafler la mise, sur le principe édicté dans le roman de Guiseppe Tomasi di Lampédusa « Le Guépard » : il faut que tout change (en apparence) pour que rien ne change (en réalité). Le nom de l’ancien maire de Prades Jean Castex était même cité parmi les possibles surgissements de dernière minute. En l’espèce, le modèle de réussite de surgissement n’est-il pas celui d’Emmanuel Macron en 2017 qui servit de plan B à l’oligarchie après les échecs des quinquennats Sarkozy puis Hollande, les défaites imprévues aux diverses primaires de Juppé et Valls, l’accident industriel de la candidature Fillon ?
–« Le champ de la Macronie est plus qu’incertain. Il s’apparente autant à un champ de ruines qu’à un combat acharné parsemé de tranchées. Tout cela ressemble plus que jamais à une fin de règne », résumait Francis Daspe. Les petits empires, quelles que soient leur nature et leur époque, sont éminemment mortels et irrémédiablement voués à la dislocation. Ainsi risque de finir le jupitérisme macroniste…
