(Communiqué)
Alors que le PLFSS 2027 prévoit de transférer aux complémentaires santé près de 200 millions d’euros de dépenses liées aux cures thermales, la FedEpl appelle à préserver leur prise en charge par l’Assurance maladie
Au-delà d’une économie limitée à 0,1 % des dépenses de l’Assurance maladie, cette réforme risquerait de remettre en cause l’égalité d’accès aux soins et de fragiliser un secteur qui dynamise l’emploi local et constitue un moteur économique pour de nombreux territoires.
Des conséquences directes sur l’emploi et l’économie des territoires
Le thermalisme médical constitue un levier majeur de développement local. Près de 70 % des stations thermales sont implantées dans des communes rurales ou de montagne, où elles contribuent à soutenir l’emploi, l’activité économique et l’attractivité du territoire. Les externalités positives annuelles du thermalisme sont évaluées à près de 4,8 milliards d’euros.
Parmi les 88 stations thermales françaises, plusieurs sont exploitées par des Entreprises publiques locales (Epl)*, à l’image de Bagnères-de-Bigorre, d’Ax-les-Thermes ou encore de Cauterets. À Balaruc-les-Bains, la Spleth exploite le plus grand centre thermal de France. Plus de 51 000 curistes médicalisés y ont été accueillis en 2025. L’établissement génère près de 400 emplois directs, un millier d’emplois indirects et génère plus de cinquante millions d’euros de retombées économiques annuelles pour le territoire et 9 millions d’euros de redevances pour la commune. Le centre a également développé, au-delà de la cure, un accompagnement à l’activité physique adaptée afin de renforcer la prévention et le maintien en bonne santé. Ces incertitudes produisent déjà des effets : la fréquentation pour l’ensemble des stations thermales a reculé de 10 à 15 % en 2026 et les réservations pour 2027 montrent les premiers signes de cette inquiétude.
Pour Didier Calas, président-directeur général de la Spleth, la stabilité est indispensable pour pérenniser l’activité du site : « À Balaruc, ce sont, rien que pour la Spl, 390 emplois à sécuriser, un budget sincère qu’il faut construire malgré les coûts fixes en hausse continue et des investissements qu’il faut décider. Le thermalisme a besoin de stabilité pour investir, préserver l’emploi et continuer à développer la prévention. Le débat sur le thermalisme ne peut pas se résumer à une ligne de dépense. »
Pour la FedEpl, la question dépasse donc largement celle du seul remboursement des cures. Elle concerne également la pérennité d’activités économiques qui dynamisent des territoires très souvent dépourvus d’autres moteurs de développement.
Une mesure à l’encontre des objectifs de cohésion sociale
La cure thermale conventionnée relève d’un parcours de soins médicalement prescrit et encadré. Réalisée dans un établissement agréé et conventionné, elle s’adresse à des patients atteints de pathologies chroniques, souvent confrontés à des douleurs persistantes, à une perte de mobilité ou à des traitements lourds. Reporter la prise en charge vers les complémentaires santé reviendrait à conditionner un accès différencié à ces soins selon le niveau de couverture dont dispose chaque assuré. Or les complémentaires santé n’ont aucune obligation générale de prise en charge des soins thermaux.
Une telle évolution créerait de fait une inégalité d’accès aux soins, au détriment des patients les plus fragiles. Elle introduirait une différence de traitement entre assurés selon leur contrat complémentaire et leur situation financière, au risque d’accroître le renoncement aux soins pour de nombreux curistes. Contrairement aux idées reçues, les cures sont remboursées à hauteur de 65% du forfait thermal par l’assurance maladie, le patient prenant en charge l’ensemble du hors soins.
La FedEpl appelle au maintien du remboursement des cures conventionnées
Face à ces risques, la FedEpl appelle les pouvoirs publics à maintenir la prise en charge des cures thermales conventionnées par l’Assurance maladie afin de : garantir une égalité d’accès aux soins pour l’ensemble des patients ; évaluer pleinement les conséquences territoriales, économiques et sociales de toute réforme ; protéger l’emploi et l’activité dans les territoires ruraux et de montagne qui s’appuient sur le thermalisme, sans considérer qu’il est « subventionné » par l’Assurance maladie.
La Fédération rappelle que toute évolution des modalités de prise en charge doit reposer sur une évaluation globale de ses impacts sanitaires, sociaux et territoriaux, et non sur la seule recherche d’une économie budgétaire immédiate, en particulier dans l’attente du rapport de la Haute Autorité de Santé.
*10 Epl gèrent des centres thermaux :
-Caleden société thermale de Chaudes-Aigues
-Société des Eaux Thermales de La Léchère
-Thermes de Chateauneuf les Bains
-Grand Nancy Thermal Développement
-Sémetherm Développement (Bagnères de Bigorre)
-Société d’économie mixte thermale et touristique d’Ax-les-Thermes
-Société publique locale d’exploitation des thermes de Capvern
-Spl d’exploitation des thermes de Balaruc-les-Bains
-Thermes de Cauterets
-Sem équipement pour le développement de la Lozère
-Les Entreprises publiques locales et leur Fédération.
Depuis sa création en 1956, la Fédération des élus des Entreprises publiques locales (FedEpl) est la seule fédération d’élus représentative des 1 486 Sociétés d’économie mixte (Sem), Sociétés publiques locales (Spl) et Sociétés d’économie mixte à Opération unique (SemOp) françaises réunies au sein de la gamme Epl. Gouvernée par des présidents et administrateurs d’Epl de toutes sensibilités politiques, la Fédération des élus des Entreprises publiques locales s’inscrit dans une vision moderne et performante de l’action publique locale depuis près de soixante-dix ans. Elle est affiliée au réseau européen des 34 172 Entreprises publiques locales représenté par SGI Europe, organisme intersectoriel composé des employeurs de services publics et qui promeut les services d’intérêts généraux (SIG) en Europe. Toutes les infos sur lesepl.fr
