Lettre à Agnès, Anaïs, Armelle, Christine, Fabienne, Françoise, Hermeline, Marie-Pierre, Martine, Michèle, Sandrine, Ségolène, Sophie, Toussainte…

 

 

Des femmes tombent actuellement à Téhéran, en Iran. Elles se lèvent, manifestent, se battent et meurent pour se débarrasser d’un bout de chiffon qui les musellent. A aujourd’hui – mais connaîtra-t-on réellement leur nombre un jour ? -, des dizaines d’entre elles seraient déjà mortes, assassinées par un régime autoritaire, répressif, sanguinaire comme nous pouvons désormais en témoigner grâce aux réseaux sociaux.

Voilà bientôt deux semaines que l’Iran est secoué par un mouvement de contestation d’une ampleur inédite. Deux semaines de manifestations, jour et nuit, 24H/ 24, sur l’ensemble du territoire, depuis la capitale Téhéran jusqu’aux frontières de l’Azerbaïdjan et du Turkménistan et au pied du mont Damavand.

Depuis la mort de Mahsa Amini, c’était il y a maintenant douze jours, jeune Iranienne de 22 ans  décédée à l’hôpital, trois jours après son arrestation par la Police des mœurs « pour non-respect du code vestimentaire » strict pour les femmes en République Islamique d’Iran (lesquelles doivent se couvrir les cheveux en public), la colère gronde quotidiennement, et ce malgré des dizaines de morts et l’arrestation à ce jour de près de 2 000 personnes.

Dans le département des P-O, le silence – en public en tout cas – des femmes aux commandes de structures diverses, qu’il s’agisse de collectivités locales ou territoriales, de mandats politiques de tous horizons, d’institution consulaire, d’organismes divers, est éloquent, pour ne pas dire inquiétant.

Elles pourtant si promptes habituellement à déployer un drap vindicatif médiatique sur leur balcon, ou à porter un gadget militant au revers de leur chemisier pour défendre une cause (in)juste… Pour le coup, c’est : circulez, y’a rien à voir. C’est : nada !

Aucune d’entre elles n’a, pour l’instant, publiquement, visiblement, apporté par une quelconque démarche le soutien au mouvement de protestation qui secoue actuellement l’Iran… et qui tuent les femmes !

C’est un constat. C’est LE constat.

Mais où sont donc passées les emblématiques figures féminines roussillonnaises Arlette, Colette, Jacqueline, Marie-Cécile, Monique, Nicole, Renée et tant d’autres encore, de la droite à la gauche et du centre de l’échiquier départemental des P-O, qui dans les années 80-90 exprimaient si bien, avec ardeur, fougue, conviction et courage les voix des femmes ?

L.M.