Le classement PISA vient de le démontrer, le système éducatif français est au bord du gouffre, nos enfants sont nuls en math et en français. D’aucuns diront, manque de moyens. Rien n’est plus faux !
La France est parmi les pays de l’OCDE qui dépensent le plus par tête d’élève. Alors où est le problème ? Ce ne sont pas les salaires versés aux enseignants qui, très mal payés, sont très nettement en dessous de la moyenne des mêmes pays de l’OCDE.
Le problème vient de la mauvaise organisation de l’éducation et d’erreurs successives majeures en termes pédagogiques.
C’est ainsi que le « mammouth » de l’éducation nationale dispose de 1, 200 millions de fonctionnaires dont 300 mille n’ont aucun contact avec les élèves. Cette organisation hypertrophiée, hypercentralisée dans laquelle tout doit être décidé en haut, est non opérationnelle et plutôt que d’aider, elle étouffe toute initiative.
Une véritable révolution doit redresses la situation : elle doit porter sur la réorganisation du système.
Une autre réforme doit porter sur le contenu pédagogique.
On veut faire apprendre trop de choses inutiles à nos enfants, plutôt que de leur apprendre à raisonner (ce qui est le but ultime de toute formation).
On veut leur faire découvrir le monde alors qu’ils n’ont pas acquis cette capacité de raisonner.
Il ne m’appartient pas ici de tracer dans le détail ce que devraient être ces réformes. Mais je souhaite que les candidats à l’élection présidentielle s’engagent sur quelques grandes lignes.
Sur l’organisation du système éducatif : la première grande réforme doit porter sur le ministère lui-même. Tout le monde peut voir le mal fait à l’éducation par la politique marconiste du en même temps qui a conduit à une valse de ministres ayant chacun des crédos différents….
• La première réforme devrait être de supprimer le ministère de l’éducation pour le remplacer par le ministère de l’instruction et de la recherche. En effet l’éduction des enfants n’est pas du domaine de l’Etat, mais des parents. Seuls les systèmes totalitaires veulent éduquer les enfants à la place des parents. C’est ainsi que Robespierre voulait « soustraire l’éducation des enfants à l’orgueil des parents pour en confier la tâche à l’état ». Quand on formate les enfants, c’est plus facile après d’en faire des sujets dociles….
• Autre grande réforme structurante : la régionalisation de l’enseignement. La gestion de l’enseignement doit être transférée aux régions, l’Etat conservant la détermination des programmes et des équivalences. Le financement restera à la charge de l’état qui financera les régions en fonction du nombre d’élèves.
• L’autorité des chefs d’établissements sera un point fort de la réforme. A eux de préparer le projet éducatif de l’établissement, en fonction de la nature des élèves et de l’environnement.
Au chef d’établissement le soin de négocier avec la région la nature et les moyens pour mener à bien le projet.
Sur la réforme pédagogique
• Chaque établissement ayant son projet pédagogique, il appartiendra aux enseignants de le mettre en œuvre. Pour cela il faut recruter les meilleurs et donc relever leurs salaires.
• Il faut réapprendre à nos enfants le gout de l’effort. Et d’abord en maitrisant les fondamentaux. A quoi sert de faire passer un enfant au collège, s’il ne maitrise pas l’écriture, le calcul et s’il n’est pas capable de comprendre ce qu’il lit. Lorsqu’ils comprennent ce qu’ils lisent, encore faut-il qu’ils soient en mesure d’analyser ce qu’on leur explique dans le contexte de l’époque où se situe le sujet. Parler par exemple de l’esclavage par rapport aux droits de l’homme actuels n’a aucun sens si on n’intègre pas le fait que dans l’antiquité il s’agissait d’une pratique courante. Bref il faut éviter de parler aux enfants de sujets complexes sans qu’ils soient en capacite de raisonner.
• Enfin, s’il faut leur ouvrir l’esprit sur d’autres matières, il ne faut pas oublier qu’il vaut mieux une tête bien faite qu’une tête bien pleine.
De toutes les façons, le projet pédagogique étant différent d’un établissement à l’autre, c’est dans chaque établissement qu’il faudra définir une politique en fonction des besoins des élèves qu’il faut soutenir dans leur effort pour réussir.
• Parce que chaque enfant est un rêve de Dieu, il doit être soutenu individuellement. Enseigner aux masses ne doit pas exclure le soutien à chaque élève. Il n’est pas de plus beau métier que celui d’enseignant. Il a pour mission de prendre chaque élève et de l’aider à se hisser le plus haut possible dans sa vie d’homme.
Claude Barate, député honoraire
