– « Les résultats de dimanche soir, au plan national et local, ne m’ont en aucune manière surpris et j’en avais déjà décrit les mécanismes dans le dernier chapitre du livre que j’ai récemment publié. Notre pays traverse une très grave crise : crise économique, crise identitaire, crise du modèle social auxquelles s’ajoute une perte de crédibilité sans précédent des dirigeants politiques (les frasques en scooter du Président actuel, les conversations enregistrées par le premier conseiller de l’ancien Président, etc.).

Cette grave crise est mise au débit des partis de gouvernement et renvoie les électeurs vers « l’autre solution, celle qu’on n’a pas essayée… »

Ceci explique la forte percée du FN partout en France et plus particulièrement sur le pourtour méditerranéen où les flux migratoires sont très importants venus notamment, mais pas uniquement, du Maghreb. A Perpignan, ville frontalière, le contexte est particulièrement favorable aux thèses du FN et cela explique qu’on nous ait délégué le compagnon de la fille.

A regarder de plus près les résultats sur Perpignan, on constate :

– que la liste Jean-Marc PUJOL-Romain GRAU a bien résisté et si certaines maladresses dans la constitution de la liste avaient été évitées, elle aurait viré en tête ;

– que le PS façon Christian BOURQUIN est à bout de souffle : un député qui a deux tiers de Perpignan dans sa circonscription fait moins de 12 %, du jamais vu ! Mme AMIEL-DONAT figure emblématique de l’ère BOURQUIN mais il est vrai depuis peu en disgrâce n’atteint pas… 2 % !

– et le reste est anecdotique : Maître CODOGNES divise par deux et demi son score de 2008 ; fin de la pièce de théâtre. Madame RIPOULL qui ne franchit pas la barre des 10 % propose au PS une « liste fusionnelle » dont elle serait le chef… là on atteint le fond !

Et maintenant ?

J’avais écrit dans mon livre « pour s’opposer à la montée du FN, il faut d’abord bien comprendre ce que vivent les français… le risque est grand de voir le FN à la tête de l’exécutif municipal. Dès lors la tâche urgente est d’expliquer à nos concitoyens, sans langue de bois et sans l’arrogance des donneurs de leçons que ce serait un désastre économique, social et culturel pour notre cité à l’avenir fragile mais pourtant prometteur avec la nouvelle proximité, une heure de TGV, avec Barcelone, la «ville monde ». »

Je persiste et signe. L’enjeu interpelle toutes les perpignanaises et tous les perpignanais et en premier lieu celles et ceux qui avaient l’ambition de diriger la mairie ; je leur demande d’avoir le courage, la lucidité et l’esprit de responsabilité pour faire barrage à l’extrême droite, celle qui avance souriante et rassurante mais qui hier encore traitait de « pute » une journaliste qui faisait son métier ! Le retrait de Monsieur CRESTA est un signe fort, une attitude digne et responsable qui permet à coup sûr que dimanche soir les forces républicaines soient largement majoritaires à PERPIGNAN.

Oui, ce sera un beau message donné par PERPIGNAN à la France entière : apprendre à écouter les souffrances mais refuser de briser notre rêve de fraternité ! »

Jean-Paul ALDUY (UDI),

Président de Perpignan Méditerranée Communauté d’Agglomération