Ici et là nous entendons, avec stupéfactions pour certains d’entre nous, la guerre a ses bienfaits qui engendrent la modernité. Comme si arrivés à une fin de cycle dans la temporalité de nos vies en communauté, nous devions tout reprogrammer par un conflit majeur. Pour réactualiser de nouveaux acquis nés de sciences nouvelles et de vie meilleure. En fait, d’être victimes de la guerre pour découvrir un monde nouveau
D’où nous viennent ces dégradations intellectuelles pour croire en un futur meilleur après les drames engendrés par la guerre créateurs de pleurs !
Mais qui sont les mal attentionnés qui croient que la guerre est l’unique porteuse de paix et du développement de la science ? Qui sont les créateurs de ses terribles idéaux dévastateurs. Comment suspendre leur pervers projets et qui peut y arriver ? Nous tous ! Oui, nous tous ! Il me souvient de personnages engagés, ici en Roussillon, qui œuvraient pour la Paix par association interposée. Le Mouvement pour la Paix, certes ciblé politiquement, donnait espoir d’une volonté partagée sur ce thème tant utile aux hommes de toutes conditions. Toutes conditions ? Ce n’est pas certain.
Le temps des grands Seigneurs morts au combat, comme nous en connaissons dans l’histoire de notre pays est terminé. Maintenant c’est galvaudé et pourtant toujours crédible le fameux « Armons nous, et partez » ! D’où viennent nos défaillances qui depuis la Libération en 1945, nous ont fait oublier les larmes des enfants de la France morts pour la patrie. Les épouses, dévastées par la mort de leurs maris, les mamans, par leurs enfants disparus.
Dans quelques jours nous serons peux nombreux devant les stèles des souvenirs dans nos villages, nos villes ! Mais pourquoi faire ? Pour quoi rappeler tels drames ont été vécus, quand plus personne ne semble épris de la mémoire de la joie par la Libération ? Ne seront jamais effacés des cortex les pleurs de la désespérance par la mort née de la guerre, des guerres ? Sans omettre, et là nous sommes en pleine actualité, la haine la plus ignominieuse, d’enfants, de femmes, d’hommes dirigés vers les camps de la mort libérés, les fours dit « crématoires », les corps décharnés entassés comme s’ils n’eussent pas été des humains ! Mais qui a failli pour chasser de la culture mémorielle ces images de la plus honteuse vie des hommes sur terre ?
Quand j’entends parfois, ces jours-ci encore, des thèses tentant de nous expliquer que cela n’est que le résultat d’une manipulation médiatique organisée, je comprends alors pourquoi les défaillants aiment la mort par la guerre et que mon combat doit redoubler de puissance ! Je n’énumérerai pas les camps de la honte dans leur totalité, mais je faillirai si la mémoire d’un Grand Père, déporté à Buchenwald, venait à s’obscurcir dans mon système limbique, causée par l’âge que l’on dénomme, avancé !
Lucien Baillette
