
L’Hôteel-de-Ville d’Argelès-sur-Mer.
Du jamais vu ! Prenez-le dans tous les sens, de gauche à droite et vice-versa, sens dessus-dessous, et vice-versa, renversez l’échiquier politique s’il le faut, au bout du compte le résultat sera le même : à Argelès-sur-Mer, pour les prochaines élections municipales des 15 & 22 mars 2026, les trois listes officiellement déclarées sont, politiquement parlant – à ne pas confondre avec ou sans conviction “idéologiquement parlant” vous l’allez voir -, à classer à gauche
Insolite et cocasse à la fois ! Surtout dans une commune (de plus de 10 000 habitants) où, lors des dernières élections, les législatives de 2024, la candidate du Rassemblement National, Michèle Martinez, réélue députée de la IVe circonscription, a capté 59,66% des suffrages exprimés*…
Parmi les trois listes en concurrence dans ce scrutin, il y a donc Monsieur le maire, Antoine Parra, candidat à sa propre succession. Cet ancien assistant parlementaire de son mentor en politique, Pierre Aylagas (PS), lui-même à l’époque membre du Parti socialiste, avait donc été mis en place dans le fauteuil de son prédécesseur par son prédécesseur himself en 2016. D’ailleurs, lors des Municipales de 2020, la plupart des fidèles de Pierrot (Aylagas), parmi les plus à gauche, l’avaient rejoint sur sa liste et, pour partie, on les retrouve aujourd’hui dans son équipe pour un nouveau mandat 2026-2033.
Certes, pour ce rendez-vous électoral des 15 & 22 mars 2026, Antoine Parra s’est entiché désormais d’un ex adversaire de 2020, de droite cette fois-ci : David Triquère, qui avait obtenu seulement 18,68% des voix exprimées (loin, très loin derrière, des résultats réalisés traditionnellement par le centre droit, de la droite et de l’extrême droite dans la ville) ; arrivant en 3e position derrière Antoine Parra (DvG) et Charles Campigna (PS). David Triquère, qui apporte dans son escarcelle une poignée de personnalités locales connues, arrivera-t-il à faire oublier le “passif” socialiste d’Antoine Parra ? A suivre.
Seconde liste, celle d’Hélène Broc. Peut-être, certainement même, la plus sincère, à rassembler une partie de la gauche locale, celle en tout cas qui a l’idéologie chevillée au corps, car la tête de liste “Argelès Ambition Nouvelle” est toujours membre du Parti socialiste, adhérente à la section locale de Perpignan, même si elle demeure toujours à Argelès-sur-Mer, profondément ancrée dans la commune où se trouvent ses facines familiales (Payrot). Dans son équipe, entr’autres personnalités, on note la présence de l’artiste Marie-Andrée Montalvo, l’épouse du très estimé maire d’Argelès-sur-Mer, feu Jean Carrère (de mars 1983 à mars 2001).
Troisième liste, celle de Julie Sanz, qui pendant près de cinq ans a été la 1re adjointe d’un certain… Antoine Parra. Sa liste serait soutenue par l’ex maire socialiste d’Argelès-sur-Mer, Pierre Aylagas et, surtout, par la présidente socialiste de la Région Occitanie, Carole Delga, lesquels n’ont pas hésité à placer des proches sur cette liste intitulée “Un nouveau Cap pour Argelès”. Sur cette liste, on retrouve la macroniste Patricia Nadal, référente départementale du parti présidentiel Renaissance dans les P-O. Cette dernière, lors du 1er tour des élections législatives, en juin 2024, était arrivée en 3e position, avec 19,95% des suffrages exprimés, derrière Michèle Martinez (RN) 48,03% et Julien Baraillé (PS/NFP) 22,56%.
Mais la question la plus objective dans cet état des lieux demeure : comment dans une ville de plus de 10 000 habitants, Argelès-sur-Mer, chef-lieu de la 2e intercommunalité du département, Albères – Côte Vermeille – Illibéris, 2e pôle économique des P-O, où le RN, selon les derniers scrutins, se situe dans une une fourchette électorale naviguant de 40 à 60%, a t’il décidé de faire l’impasse, de ne pas présenter de liste ? Les Républicains (LR) et le centre droit ont également choisi de déserter le terrain… Bizarre-bizarre, non ?
L.M.
*Michèle Martinez (RN) l’avait largement emporté au second tour avec 3 795 voix (59,66%), contre 2 566 voix (40,34%) au candidat socialiste Julien Baraillé. La participation, toujours dans la commune d’Argelès-sur-Mer, pour ces législatives anticipées, avait été très élevée, plus de 69%.

