Quand un navire explose, une ville tombe : l’exemple de Texas City
Quand un drapeau rouge flotte, la population de Port-Vendres a le droit d’être informée
« À la suite de l’article du Collectif des Tamarins publié sur le site Ouilade.eu hier, mercredi 18 février 2026, il paraît utile de rappeler que l’histoire maritime a déjà montré à quel point la présence de matières dangereuses à bord d’un navire peut représenter un risque majeur pour les populations riveraines.
L’un des exemples les plus marquants est la catastrophe du SS Grandcamp, survenue en 1947 à Texas City. Ce cargo transportait environ 2 300 tonnes de nitrate d’ammonium, conditionné en sacs et stabilisé, mais dont une partie était déjà en décomposition. Un incendie s’est déclaré dans la cale, et malgré l’intervention des pompiers, la vapeur utilisée pour tenter de maîtriser le feu a accéléré la dégradation du nitrate. À 9 h 12, le navire a explosé.
L’onde de choc a été ressentie à plus de 150 kilomètres. Le Grandcamp a littéralement été vaporisé, et un second navire chargé lui aussi de nitrate d’ammonium a explosé peu après. Les raffineries et installations industrielles voisines ont pris feu, aggravant encore le désastre.
Le bilan humain a été terrible : entre 600 et 800 morts, plus de 5 000 blessés, et une partie de la ville entièrement détruite.
Cet événement demeure l’un des plus grands désastres industriels de l’histoire américaine.
Sans chercher à dramatiser, ce rappel historique souligne simplement que la prudence est indispensable lorsque des navires transportant des produits dangereux stationnent ou circulent à proximité d’une ville. Les habitants de Port-Vendres, directement concernés par ces passages, devraient légitimement pouvoir être informés, consultés et entendus. La sécurité maritime n’est pas une affaire abstraite : elle touche à la vie quotidienne de toute une communauté. »
Jean-Luc Curutchet

