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Incendies en Gironde : « On ne veut pas de lui ici »… La colère des habitants avant la venue de Lecornu lundi
(Article de 20 Minutes avec AFP/Agence France Presse)

 

 

Journal 20 Minutes.- Sébastien Lecornu est attendu ce lundi en Gironde pour lancer la reconstruction après le mégafeu de juillet, sur fond de colère des sinistrés et d’attentes des élus et professionnels

Après les flammes, les attentes restent fortes en Gironde. Sébastien Lecornu est attendu lundi 17 dans le département pour lancer la reconstruction après le mégafeu de juillet, qui a parcouru plus de 40 000 hectares et détruit 250 habitations. Au Porge, commune de 3.500 habitants la plus touchée avec 183 maisons détruites, la visite du Premier ministre suscite toutefois une forte défiance. « On ne veut pas de lui ici. Ce sont des gens hors-sol, qui vont venir soi-disant écouter les gens du coin, mais en réalité ils ont déjà leur stratégie toute tracée », dénonce Philippe, 56 ans, dont plusieurs amis ont perdu leur maison.

La colère est notamment alimentée par les propos tenus par Sébastien Lecornu le 1er août. Le Premier ministre avait estimé que la douleur des sinistrés était « instrumentalisée par des complotistes sur les réseaux sociaux », alors que certains habitants accusaient les autorités d’avoir sacrifié leurs maisons pour protéger la presqu’île du Cap-Ferret. « Il nous a traités de complotistes. Est-ce qu’il va venir parler aux gens qui ont tout perdu ? Je ne crois pas », poursuit Philippe. Le programme de lundi ne prévoit d’ailleurs aucune rencontre avec les sinistrés.

 

 

Une rencontre prévue avec le maire du Porge

 

Sébastien Lecornu doit en revanche s’entretenir, hors caméras, avec le maire du Porge, Martial Zaninetti, avant une table ronde à Mérignac « avec les élus et les acteurs socio-économiques de la reconstruction ». « Faites-nous un plan Marshall, c’est ce que je lui dirai », résume l’élu. Des restaurateurs, commerçants et artisans du Porge, contraints de fermer pendant dix jours au pic de la saison estivale, ont également préparé une lettre de doléances qu’ils souhaitent transmettre au Premier ministre.

Les professionnels demandent notamment une intervention auprès des assurances pour obtenir une indemnisation des pertes d’exploitation, y compris lorsque aucun dégât matériel n’a été constaté. « On souhaite aussi une exonération totale des charges auprès de l’Urssaf sur un trimestre, et une enveloppe exceptionnelle pour pallier notamment tout ce temps perdu à gérer de l’administratif et qu’on ne consacre pas à notre activité », explique un restaurateur sous couvert d’anonymat.

 

 

La prévention contre les feux, un enjeu majeur

 

La prévention des futurs incendies figure également parmi les principaux enjeux. Bruno Lafon, président de la DFCI Aquitaine, dont les équipes ont réalisé plus de 120 kilomètres de pare-feu en urgence fin juillet, réclame surtout des « facilitations de réglementation ». « Il faut des pare-feu dans des dimensions convenables pour le risque incendie et acceptables pour toutes les parties », estime-t-il. Michel Bazin, représentant national des entreprises de travaux forestiers, regrette de son côté de ne pas être, « pour l’instant », invité à rencontrer le Premier ministre. « Ce serait quand même dommage qu’ils ne reçoivent pas l’ensemble des gens qui ont œuvré à la lutte contre cet incendie gigantesque. »

La visite intervient enfin au lendemain d’un appel de la mairie de Saumos, commune d’où est parti le mégafeu, qui demande à Emmanuel Macron de faire de ce territoire « le point de départ d’une réflexion collective » et non « un laboratoire de décisions prises dans l’urgence ». Lors de son déplacement à Bordeaux pendant les incendies, le chef de l’État avait répondu aux critiques sur leur gestion en soulignant avoir « quasiment doublé le budget de la Sécurité civile » en dix ans. Aucune rencontre sur le terrain avec les sinistrés n’avait alors été organisée.

 

(Source : 20 Minutes)