La Ligne 540, c’est la liaison qui relie en bus (LIO) Cerbère à Perpignan, via entr’autres toutes les communes de la côte vermeille : Banyuls-sur-Mer, Port-Vendres, Collioure et Argelès-sur-Mer. Sauf, bizarrement, que s’agissant d’Argelès, la Ligne 540 évite soigneusement, ou plutôt politiquement ?, le coeur de ville. Tentative d’explication
Si, è-qualité d’usager, arrivant de Collioure ou de Cerbère, par exemples, vous souhaitez faire une halte dans le centre de la station balnéaire d’Argelès-sur-Mer ou le coeur du village, il vous faudra descendre grosso-modo au Racou, ou au Stade Cantona, puis vous démerder par vos propres moyens. Si ensuite vous voulez continuer votre périple jusqu’à Perpignan, vous devrez rejoindre le secteur du Lycée Christian Bourquin, toujours de manière autonome.
Bizarre, non ? C’est comme ça : le bus LIO de la Ligne 540 dépose les usagers dans le secteur du Racou pour reprendre sa route à partir du Lycée Bourquin, afin d’éviter de passer par le coeur d’Argelès-sur-Mer. Cela peut paraître absurde, grand-guignolesque, abracadabrantesque… ou plutôt « pagnolesque » car, sur les réseaux sociaux, des Argelésiens, n’y vont pas eux avec le dos de la cuillère, dénonçant carrément « une tartufferie », « un truc fallacieux », sûrs et certains dans leurs commentaires, ainsi montrant du doigt la Région Occitanie, et plus particulièrement sa présidente, Carole Delga (PS), qui serait à l’origine de cette situation pour « emmouscailler », « enquiquiner », Antoine Parra, l’ancien maire d’Argelès-sur-Mer (de 2016 à 2026), avec lequel elle n’était pas en odeur de sainteté (et vice-versa). « L’affaire », ou plutôt l’embrouillamini, remonterait au temps du député Pierrot Aylagas (PS), auquel Antoine Parra (qui était alors son attaché parlementaire) a succédé à la mairie d’Argelès, lorsque les deux hommes se sont emmêlés les pinceaux dans une pataugeoire politique…
En Attendant, ce sont les Argelésiennes et les Argelésiens qui se sentent lésés, qui se disent floués et qui paient le prix fort des conquences de cette mésentente. Car, faut-il le rappeler : la commune d’Argelès-sur-Mer est la seule, en côte vermeille, à ne pas être traversée par la fameuse Ligne 540 dans son centre urbain, à être évitée… ce, dit-on, « pour ne pas avoir à s’y arrêter ». Il serait intéressant d’avoir la version officielle de la Région.
Ce d’autant qu’un élu des P-O nous affirme que l’ancien maire d’Argelès-sur-Mer « porterait seul l’entière responsabilité de cette situation » pour le moins kafkaïenne : « Antoine Parra a voulu créer une Régie municipale des transports, regroupant les cars scolaires, les dessertes urbaines et touristiques village-plage. Avec une telle couverture territoriale, ayant été mise devant le fait accompli, c’est tout logiquement que la Région s’est retirée d’Argelès-sur-Mer. Voilà ! Pas besoin de chercher midi à 14H… ».
En attendant encore, un nouveau maire, une nouvelle maire, en la personne de Julie Sanz (ex-1re adjointe d’Antoine Parra), a bien été élue en mars dernier. Elle, en revanche, selon l’incontournable Banc des sénateurs villageois, serait dans les petits-papiers de Carole Delga. Ouf ! Et non plus plouff !
Dans l’entourage de la nouvelle maire, il se murmure que celle-ci aurait reconnu que ce nouveau mode de transports intra-muros « ça ne marche pas », accusant elle-aussi au passage la précédente municipalité « pour en arriver là ».
–« Bizarre, lui rétorque un ex-élu argelésien sur sa page Facebook : « Avant ça marchait, et Mme Sanz est très bien placée pour en parler puisqu’elle a été pendant cinq ans, sur un mandat de six ans, la 1re adjointe de M. Parra, en charge des délégations Finances et Tourisme. Aujourd’hui, elle arrive aux commandes de la municipalité et elle dit que ça ne marche pas ?!… C’est quand même fort de café, non ? Ou alors il y a quelque chose qui nous a échappé, nous avons manqué un épisode ».
Un scoop : avec la nouvelle municipalité, la Région serait prête à revoir sa copie, à traverser à nouveau la ville d’Argelès-sur-Mer, mais dans le calendier 2027/28, et cela aura forcément un coût.
Bref, nous ne sommes pas (encore) sortis de l’Auberge catalane !
A suivre.
L.M.
