Serge Dupont nous a quittés ce mercredi 26 janvier. Il était entré dans sa 79e année*

 

Personnage atypique, inévitablement, comme tous ceux que l’on croise dans les lieux fournisseurs du lien social, Serge Dupont était à lui seul un recueil de brèves de comptoir, tant dans l’ambiance d’un troquet, accoudé au zinc d’une brasserie – jamais assis en terrasse, assumait-il, “car c’est trop fatiguant de se relever” – il avait une approche sereine de la réalité, du mode d’emploi de la vie.

Il pouvait entrer seul dans un endroit, il n’en était jamais pour autant solitaire ; il y avait toujours un compère, un événement, une histoire – roman ou simple anecdote -, qui l’attendait. En quelques minutes, l’observateur très pointu de notre société qu’il était, avec son humour aiguisé au Laguiole, devenait un metteur-en-scène à succès : vous lui donniez un échantillon du quotidien, il en faisait une comédie, il remplissait un théâtre, il bousculait les codes jusqu’à sortir sa blague bien avant que celle-ci ne fuite sur les réseaux sociaux. Fin observateur, il avait une façon très personnelle de chahuter, de chambrer l’atmosphère, sans jamais ni blasphémer ni se moquer et, surtout, sans jamais ô grand jamais ni mépriser ni ridiculiser.

Plus simplement résumé, dit : Serge Dupont était l’Air du temps si indispensable à respirer, éternellement de bonne humeur.

Ses amis, avec lesquels il partageait de grands moments de convivialité, avec de petits riens souvent piochés dans la gouaille populaire, sur les quais du Douy à Collioure, ou à l’ombre du célèbre clocher – il manquera d’ailleurs à la carte postale -, l’avaient sur nommé “Chocolat”… en rapport avec sa longue carrière professionnelle chez Cantalou (le chocolatier perpignanais Cémoi), ès-qualité de Directeur commercial pour l’Hexagone.

Ultime détail de sa personnalité, qu’il ne mettait jamais en avant et dont il ne parlait pas : Serge Dupont s’était investi toute sa vie dans diverses causes caritatives, il était notamment Bénévole aux Restos du coeur. Pour lui, qui était (re)connu pour avoir le coeur sur la main, c’était là sa façon de passer à l’acte, naturellement.

 

L.M.

 

*A son épouse Julienne, à son fils David et sa compagne Marjorie, à toute sa famille, à ses proches, à ses nombreux amis, La Rédaction de ouillade.eu présente ses plus sincères condoléances. Les obsèques seront célébrées le mardi 1er février, à 11H, en l’église Saint-Vincent de Collioure.