(Vu sur la Toile)

 

Une purge chez LFI gâche la fête du Nouveau Front Populaire
(Article de Pascal Riché • L’Obs)

 

L’Obs.- L’onde de choc créée par l’annonce de la dissolution continue de faire exploser le paysage politique. Après l’explosion de LR (Les Républicains) et l’épisode du forcené, après les trahisons au sommet de Reconquête, c’est au tour de LFI (La France Insoumidse) de craquer. La crise a eu lieu dans la grande tradition des purges staliniennes.

Dans la nuit de vendredi à samedi, sans prévenir les intéressés, la direction de LFI a écarté les candidatures, sous la bannière Nouveau Front Populaire, de plusieurs députés sortants, considérés par l’entourage de Jean-Luc Mélenchon comme des dissidents : Alexis Corbière et Raquel Garrido (Seine-Saint-Denis), Frédéric Mathieu (Ille-et-Vilaine), Hendrick Davi (Bouches-du-Rhône) Danielle Simonnet (Paris). Ils n’ont pas même reçu un coup de téléphone. « Je découvre à l’instant que LFI a décidé de ne pas m’accorder l’investiture. On me fait payer le crime de lèse-Mélenchon » a réagi à minuit Raquel Garrido, sur X.

Un communiqué de LFI annonçait par ailleurs que le député du Nord Adrien Quatennens, proche de Mélenchon mais au centre d’une polémique depuis sa condamnation pour violences conjugales, avait été investi par le parti, ce qui n’a pas manqué de soulever l’indignation d’une partie des militants de LFI.

Plusieurs des « insoumis des insoumis » ont aussitôt réagi, affichant sur les réseaux sociaux leur solidarité avec leurs camarades écartés et fustigeant cette purge. C’est le cas de Clémentine Autain (candidate à sa réélection en Seine Saint-Denis) qui a publié un post mordant sur X (ex-twitter) :

« À la France Insoumise, il vaut mieux avoir été condamné pour violences conjugales que d’avoir défendu la démocratie, manifesté contre l’antisémitisme après le 7 octobre et plaidé pour l’union des gauches et des écologistes. L’extrême droite est aux portes du pouvoir, un rassemblement inédit vient d’être constitué à gauche, et LFI décide de fracturer notre mouvement et d’affaiblir le rassemblement. J’appelle à la responsabilité de la direction de La France Insoumise et de Jean-Luc Mélenchon qui appelait cette semaine « à jeter les rancœurs à la rivière ». (…) Il nous reste peu de temps. Ne donnons pas les clés du pays à Bardella. »

En réponse à un autre tweet, dans lequel LFI annonçait l’investiture de François Ruffin, ce dernier a lui aussi réagi vertement :

« Merci, mais : Je ne vous ai demandé aucune investiture, aucune autorisation. Je ne suis pas passé sous les fourches caudines de votre bêtise, votre sectarisme. Vous préférez un homme qui frappe sa femme, auteur de violences conjugales, à des camarades qui ont l’impudence d’avoir un désaccord avec le grand chef. Notre démocratie mérite mieux que vous. »

La crise est désormais ouverte entre Jean-Luc Mélenchon et une partie des figures des Insoumis. Que cherche le fondateur du parti ? Il n’a pas été à l’initiative du Nouveau Front Populaire et n’est pas apparu sur la photo de groupe à la Maison de la Chimie, vendredi.

Dès cette nuit, des leaders d’autres partis du Nouveau Front Populaire (NFP) et des intellectuels ont commencé à se mobiliser. Il s’agit de convaincre Jean-Luc Mélenchon de revenir à la raison et retire ses candidats sans faire exploser le tout nouveau mouvement. L’enjeu est lourd, puisque c’est la prise de Matignon par un parti d’extrême droite. Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, a demandé une réunion aux autres chefs de partis du NFP. Le compte à rebours est serré : le dépôt des candidatures sera clos dimanche à minuit.

Les « purgés » de LFI ont décidé de maintenir leur candidature, et ils continueront à défendre le Nouveau Front Populaire. Ce seront des candidatures « dissidentes » de LFI mais soutenues par une grande partie du NFP

Révolté et fatigué, Alexis Corbière, élu de Bagnolet, s’exprimera ce samedi matin sur France info à 8H 30, ayant été invité par la matinale de la station.

(Source L’Obs./ Le Nouvel Observateur)