(Vu sur la Toile)
Ces fraises venues de ce pays sont saturées de pesticides : voici celles à ne plus acheter au supermarché
(Article de La rédaction Pleine Vie)
Pleine Vie.- Une enquête pointe des fraises venues d’Espagne, champions des pesticides sur nos étals de printemps. Quels risques derrière ces barquettes bon marché et comment mieux les choisir ?
Sur les étals, elles annoncent le retour des beaux jours : brillantes, parfumées, les fraises donnent envie d’ouvrir aussitôt la barquette. Pourtant, derrière cette image idéale, ce fruit de printemps fait partie de ceux qui concentrent le plus de pesticides, surtout quand il vient d’un pays bien précis, très présent dans les rayons français.
Une enquête du magazine allemand Öko-Test, publiée en 2023, a analysé quatorze barquettes de fraises vendues en Europe : huit étaient contaminées, avec parfois jusqu’à sept résidus de pesticides différents. Treize barquettes provenaient d’Espagne, grande productrice installée dans la province de Huelva, tout près du parc national de Doñana. Et ce n’est qu’une partie de l’histoire.
Fraises espagnoles : un cocktail de pesticides pointé du doigt
Les analyses d’Öko-Test ont mis en évidence des molécules particulièrement problématiques pour l’environnement et la santé. L’éthirimol, un fongicide toxique pour les abeilles et désormais interdit dans l’Union européenne, a été détecté sur plusieurs échantillons. Les laboratoires ont aussi retrouvé du cyflumetofen, un acaricide qui pèse sur la biodiversité, ou encore du bupirimat, classé comme potentiellement cancérogène. Certaines barquettes cumulaient jusqu’à sept molécules, avec un effet dit “cocktail” encore mal connu.
Le test a aussi montré que même les produits estampillés bio ne sont pas totalement épargnés : un lot présentait des traces de spinosad, substance autorisée en agriculture biologique mais toxique pour les insectes pollinisateurs. D’autres études européennes rappellent que la fraise figure parmi les fruits les plus chargés en résidus, y compris des PFAS, ces “polluants éternels” retrouvés dans environ 95 % des fraises testées, avec des niveaux particulièrement élevés pour certains lots d’origine Espagne. Les populations sensibles comme les enfants ou les femmes enceintes sont en première ligne.
Huelva et Doñana : la face cachée des fraises bon marché
Au delà des résidus sur le fruit, la façon dont ces fraises espagnoles sont produites interroge. Dans la région de Huelva, il faut environ 300 litres d’eau pour obtenir un kilo de fraises. La culture se fait sous d’immenses bâches plastiques, avec des centaines de puits parfois illégaux creusés pour irriguer les champs. Cette pression sur les nappes phréatiques menace directement le parc national de Doñana, zone humide protégée essentielle pour près de six millions d’oiseaux migrateurs. En 2021, la Cour de justice de l’Union européenne a d’ailleurs condamné l’Espagne pour manquement à ses obligations de protection dans cette zone.
À cette empreinte eau s’ajoutent les trajets en camions frigorifiques à travers l’Europe, qui alourdissent l’impact climatique de ces barquettes vendues à petit prix. Les conditions de travail des saisonniers, souvent précaires, sont régulièrement mises en cause par les associations. Le tableau dessine une fraise très éloignée de l’image de petit fruit champêtre, aussi bien pour l’environnement que pour le social.
Au supermarché : quelles fraises éviter, lesquelles privilégier ?
Les analyses comparatives montrent que les fraises espagnoles issues de l’agriculture conventionnelle contiennent en moyenne bien plus de résidus que les françaises, jusqu’à environ 60 % de pesticides en plus selon certains tests consommateurs. En rayon, le premier réflexe consiste à vérifier l’origine sur l’étiquette : hors pleine saison française, des barquettes bon marché “Origine Espagne” ou “Huelva” méritent une vigilance particulière, surtout en gros formats très promotionnels. Les rappels récents de lots espagnols, comme ceux de la marque Fres Arte pour dépassement de limites maximales de résidus, illustrent ce risque accru.
Pour limiter son exposition, les organismes de contrôle recommandent de privilégier les fraises françaises de saison, si possible issues de circuits courts, ou des fraises bio sous labels exigeants (AB, Demeter, Nature et Progrès, Label Rouge), en gardant à l’esprit que bio ne signifie pas zéro résidu. Quel que soit le choix, un lavage soigneux sous l’eau, éventuellement avec un bref trempage dans de l’eau additionnée de bicarbonate, aide à réduire une partie des traces en surface, même si cela ne supprime pas ce qui a pénétré dans la chair du fruit.
(Source : rédacction site Pleine Vie)

