Hier, jeudi 23 avril, c’était la Saint-Georges. La Sant-Jordi. Cela n’aura échappé à personne, en tout cas certainement pas aux Catalans, de coeur ou d’adoption. Et pourtant…
Il y a dix ans de là , d’ici, de ça, dans nombre des 226 communes du département des Pyrénées-Orientales, balcons, terrasses, boulevards, rues, commerces et librairies (quand il y en avait encore), étaient pavoisés aux couleurs étoilées sang & or, coblas et sardanes comprises, etc.-etc. La Sant-Jordi était une très belle occasion de lumiériser et de concertiser une journée si particulière sur le calendrier, pour fêter, vénérer, le saint patron de la Catalogne et de l’Aragon, ou encore, toujours en Espagne, d’Alcoy, dans le Pays Valencien et Caceres.
La tradition catalane de la Sant-Jordi implique des fins romantiques similaires à celles de la Saint-Valentin dans les pays anglophones. Ce jour-là , traditionnellement, les hommes offrent une rose rouge aux femmes et, depuis les années 1920, les femmes offrent un livre aux hommes…
Si cette tradition perdure au sud, en Catalogne espagnole, visiblement ce n’est (presque) plus le cas en Catalogne du Nord (territoire départemental des P-O) où, cette année 2026, rares, d’exception (qui confirme la règle), ont été les villages et villes à célébrer la tradition, l’événement. Alors, certes, on trouvera toujours des communes qui fêteront la Sant-Jordi ce week-end qui vient… dans le genre “à Pâques ou à la Trinité” difficile de faire mieux.
Hier, jeudi 23 avril, c’était donc la Sant-Jordi. Une Sant-Jordi des plus discrètes, cette année 2026, sous le soleil du Roussillon, qui marque un tournant historique dans le recul de la catalanité sur le territoire nord-catalan. Paradoxal, non ?
Peut-être que celles et ceux, confortablement installés dans les conseils municipaux de aqui, revendiquant cette catalanité et s’en faisant le chantre & le porte-drapeau idéologique (pour leurs ambitions personnelles et carriéristes), s’engluaient un peu moins dans le discours politique et redescendaient sur terra, le catalan s’en porterait beaucoup mieux. “Où es-tu passée ma Sant-Jordi, Toi qui m’as donné l’âme pour me trouver, Même tes fenêtres ouvertes sont closes, Qui a bien pu t’emmener…”*
L.M.
*Extrait de la chanson interprétée par Nicoletta, “Où es-tu passé mon Saint-Germain-des-Prés”, auteurs-compositeurs : Michel Legrand et Eddie Barclay

