On ne sait toujours pas qui conseille en communication le sympathique et si déroutant, car décidément très imprévisible, président de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), Robert Vila (Les Républicains/ LR), par ailleurs maire de Saint-Estève et conseiller départemental, s’agissant tel un éléphant dans un magasin de porcelaine d’entrer sur la scène politique locale…

Lors de la réunion du Bureau de la fédération départementale du parti Les Républicains des Pyrénées-Orientales (LR’66), au lendemain du 1er tour des élections législatives, donc ce lundi 13 juin 2022, il avait affirmé « Qu’à titre personnel » il exprimerait publiquement son point de vue et sa position pour le second tour de ces législatives. Et ce d’autant que les participants à ce Bureau avait décidé d’une seule et même voix qu’ils ne donneraient aucune consigne de vote dans chacune des quatre circonscriptions des P-O…

C’est donc conformément à sa ligne de conduite, qu’hier dans l’après-midi Robert Vila du haut de son piédestal métropolitain – Qu’il le veuille ou pas, il n’est pas seulement le simple 1er magistrat de Saint-Estève -, s’est fendu d’un communiqué à la presse pour dire ce qu’il avait à dire et sur le coeur dans cet entre deux tours.

En gros : il annonce qu’il utilisera son bulletin de vote pour « faire barrage à Mélenchon Premier ministre »… Cela se passera dans la 3e circonscription des P-O, où Robert Vila demeure, dans sa bonne ville du Ribéral. Pas question, pour lui, de voter pour l’extrême gauche, en la personne ici de la candidate de la NUPES, Nathalie Cullell.

Reste que Robert Vila, même si on ne peut lui reprocher d’avoir le courage de ses opinions, et de les affirmer avec force et convictions, ne peut s’engager dans la campagne électorale en se définissant comme un simple citoyen, en martelant « à titre personnel », alors qu’il est à la tête d’une collectivité territoriale, en l’occurrence la métropole Perpignan-Méditerranée, qui regroupe trente-six communes…

L’après législatives promet de lui réserver un Chemin de croix pour le moins caillouteux, miné de nids de poules… Déjà déstabilisé dans l’hémicycle à cause d’un terrain glissant, à chaque conseil communautaire, résultat d’une majorité bancale, ou plutôt mi-figue mi-raisin, qui s’enrhume dès qu’un dossier fait éternuer le groupe des Non-Inscrits (NI), désormais avec cet engagement vers le RN – car voter contre la candidate de la NUPES c’est forcément voter pour la candidate du Rassemblement National, Sandrine Dogor-Such… ou alors y’a un truc, un tour de magie qui nous a échappé -, c’est carrément dans des eaux troubles que se jette Robert Vila.

Certains ne vont plus hésiter à vouloir sortir la sulfateuse pour tenter de l’atteindre mais, nous n’en doutons pas, l’exploitant agricole qu’il est saura trouver les habits et le matos pour assurer sa défense et riposter. Cependant, pendant ce temps perdu, qu’en est-il de l’avancée des dossiers ?

Pour rappel, parmi les dysfonctionnements en cours au sein de PMM : Robert Vila n’a toujours pas trouvé son 1er vice-président – après la destitution du maire du Barcarès, Alain Ferrand, englué dans des affaires judiciaires au long cours -, parions qu’avec ce nouveau choix politique du Président Vila les élus communautaires issus de la Majorité et/ ou du groupe des NI, ne se bousculeront pas au portillon pour occuper le poste… en revanche, au balcon de la Loge-de-Mer (l’Hôtel-de-ville de Perpignan pour les non-initiés), il y aura du monde ! Dans un autre domaine, la collectivité territoriale est aussi sous le coup d’un recours (de l’entreprise Vectalia) concernant l’attribution à Kéolis de la Délégation de Service Public (DSP) « Transports et Mobilité »

Sans une Majorité solide et unie, tout cela s’annonce compliqué. Même si Robert Vila nous a habitué à une certaine maîtrise dans l’art et la manière du rebondissement et de « l’emballé, c’est pesé » !

 

L.M.