(Vu sur la Toile)
« On a vécu un enfer » : une agente territoriale témoigne de l’intrusion de casseurs dans son lycée, à Lyon
(Article de LM • Rédaction RMC)
RMC.- Laurence, agente territoriale dans un lycée, à Lyon, témoigne sur RMC de l’intrusion commise par des casseurs, au sein de son établissement. Très émue et en colère, elle dénonce une « attaque contre la République ».
Débuté le 17 septembre, le mouvement de protestation lycéen s’est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France et s’est poursuivi vendredi avec « 735 établissements » perturbés, soit « 30% de moins qu’hier », a pointé Édouard Geffray. Il y a eu 1 747 interpellations pour la seule journée de vendredi, plus de 5 000 depuis lundi, en lien avec les blocages de lycées, a de son côté indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez sur TF1 vendredi soir. Quarante proviseurs ont été blessés, ainsi que plusieurs policiers, gendarmes et pompiers.
Les dégradations dans les lycées, touchant notamment les portails d’entrée, coûtent d’ores et déjà plusieurs millions d’euros, selon les dernières estimations des régions Ile-de-France, Grand Est, Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes. Selon le ministre de l’Education nationale, plus d’une centaine » d’établissements ont connu depuis le début du mouvement « des dégradations sévères ».
–« D’une contestation sociale, on est arrivé à des actions dont les auteurs utilisent des modes d’action de violences urbaines (tirs de mortiers tendus sur les forces de l’ordre et sur les personnels de l’éducation nationale, dégradations au moyen d’engins incendiaires, barricades…) », a déclaré la préfecture de police.
-« Jeudi, on a subi une attaque », témoigne au micro de RMC Laurence, agente territoriale et travaillant dans un lycée international, à Lyon. « Il n’y avait quasiment pas d’élèves dans l’établissement puisque les cours avaient été décalés. Sur le coup des 10H 30, on a vu une bande de casseurs arriver. Avant ça, on avait 4-5 élèves qui faisaient un peu le piquet de grève devant le lycée, qui se sont fait rejoindre par des personnes qui distribuaient des tracts « révolutionnaires ».
« Je n’ai pas dormi de la nuit »
Laurence, alors à l’intérieur de l’établissement, dit aperçoir alors un « guetteur ». « Je l’ai pris en photo, il ne s’est pas laissé prendre de face mais je l’ai ». « Ensuite, une trentaine de personnes voire un peu plus sont arrivés et ont commencé faire des tirs de mortiers, ont foutu le feu au macadam et des poubelles, devant l’établissement. Puis ils se sont rapprochés dangereusement en jettant des bouteilles et ont cassé des vitres su self du lycée », poursuit Laurence, toujours émue par ce qu’il s’est passé.
–« Je suis plus que choquée, je n’ai pas dormi de la nuit », confie-t-elle, avant de reprendre son récit : « A la suite de quoi, ils ont assailli les portails, ils en ont fait tomber deux à l’entrée, ils sont rentrés dans l’établissement. Nous avons dû déclencher l’alerte d’intrusion, nous nous sommes confinés, on entendait les tirs de mortiers, on avait très peur, des agents pleuraient, priaient et appelaient leurs proches discrètement depuis notre point de confinement. On a vécu un enfer », dénonce-t-elle, en colère. Lors de son témoignagne, elle n’a pas mentionné de blessés parmi le personnel du lycée. Pour Laurence, « la France entière s’embrase, on s’attaque à un emblème, à la République ».
Beaucoup de lycéens condamnent les violences mais les chefs d’établissements y voient un « effet de groupe »
Sur RMC, ce samedi, Louis Letoublon, vice-président de l’organisation Les Lycéens!, a condamné les « violences inacceptables » qui « occultent » les revendications du mouvement lycéen. « On ne peut pas dire qu’il y a les gentils élèves d’un côté et les méchants casseurs de l’autre », affirme Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d’établissement ID-FO. Selon elle, des individus extérieurs participent à certaines violences, mais l’effet de groupe peut également entraîner des lycéens dans des débordements qu’ils n’auraient pas forcément commis.
(Source : RMC)
