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Refus de marier un Algérien sous OQTF : 7 500 € d’amende requis contre Robert Ménard, maire d’extrême droite de Béziers
(Rédaction du quotidien régional Ouest-France)
Ouest-France.- Le parquet de Montpellier a requis, mercredi 30 septembre, 7 500 € d’amende contre le maire de Béziers Robert Ménard, poursuivi pour avoir refusé en 2023 de célébrer le mariage d’un Algérien sous OQTF avec une Française. Le procureur a rappelé qu’un maire ne peut légalement s’opposer à la célébration d’un mariage.
Une amende a été requise ce mercredi 30 septembre 2026 par le parquet de Montpellier à l’encontre du maire d’extrême droite de Béziers, Robert Ménard, poursuivi pour avoir refusé en 2023 de marier un homme algérien sous obligation de quitter le territoire à une Française résidente de sa commune.
« Le maire est chargé de la publication et de l’exécution des lois et règlements. En conséquence, les maires ne peuvent refuser de célébrer un mariage », a rappelé le procureur Thierry Lescouarc’h, demandant à le condamner à 7 500 € d’amende, loin du maximum que prévoit la loi, à savoir cinq ans de prison, 75 000 € d’amende ainsi qu’une peine d’inéligibilité.
« Vous avez dit à la barre, M. Ménard, que si la situation se représentait, vous recommenceriez. On a eu l’impression à l’audience qu’il y avait une confusion des droits, mais le droit est simple : le respect de la liberté du mariage est une composante de la liberté personnelle, protégée par la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 », a-t-il ajouté.
Un temps proche du Front national (devenu Rassemblement national), avant de s’en éloigner, Robert Ménard a fait citer à comparaître notamment l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau et le maire de Cannes, David Lisnard. Tous les deux ont affirmé qu’ils auraient également refusé de marier ce couple.
Le couple vit séparé
Le maire de Béziers est poursuivi pour avoir refusé le 7 juillet 2023 de célébrer le mariage d’Eva M., citoyenne française, et Mustapha B., Algérien en situation irrégulière, expliquant qu’il soupçonnait un « mariage blanc ». Quelques jours plus tard, Mustapha B. avait été expulsé en Algérie, où le couple s’est finalement marié cet été, même s’ils vivent séparés, l’épouse résidant en France avec ses enfants.
« M. Ménard a réussi à faire parler de lui, mais à quel prix ? », s’est interrogée un peu plus tôt lors de sa plaidoirie l’avocate du couple, Me Vanessa Edberg : « Comment peut-on, parce qu’une loi ne va pas dans le sens de nos convictions, la violer ? »
« Le préjudice, il est là : trois ans d’une vie loin de la personne qu’on aime », a-t-elle martelé, demandant à ce qu’il « soit condamné à une somme de 3 000 € au titre du préjudice moral ».
(Source : quotidien régional Ouest-France)
