Hier, vendredi 10 février, à 19H, à la salle Colette Besson de Pia, a eu lieu la réunion publique Transparences et vérités (2e édition). “Vu le calendrier budgétaire des communes, il me paraissait important de faire un point budgétaire avec vous et avec les administrés ce soir”, a d’emblée souligné le maire de Pia, Jérôme Palmade, en introduction de son propos. Auparavant, il a tenu une conférence de presse qui fera date !

 

Jérôme Palmade, maire de Pia, lors de son intervention devant les journalistes, lors d’une conférence presse qu’il a tenu avant d’animer une réunion publique intitulée “Transparences & Vérités” (2e édition) destinée à informer les Pianencs sur les conséquences de la gestion municipale de son prédécesseur.

 

Devant les médias roussillonnais, le maire de Pia a déroulé : “Aujourd’hui nous sommes en train de construire notre premier budget avec les recommandations de la chambre régionale des comptes. Budget communal largement impacté autant par le rapport de la Chambre Régionale des Comptes (CRC), de la communauté de communes Corbières – Salanque – Méditerranée (C3SM) que celui de la commune”.

S’agissant du rapport concernant plus précisément la zone commerciale Salanca, Jérôme Palmade n’a pas hésité à mettre les pieds dans le plat, promettant aux participants à cette réunion publique de jouer à fond la transparence : “L’ancienne Directrice Générale des Services (DGS) de la communauté des communes – alors fille de Monsieur feu José Puig -, était en charge du développement de la zone économique, alors qu’elle-même ou sa famille était propriétaire foncier d’une partie des terrains de la zone qui était exclue du développement par le bureau d’étude. Grâce à un tour de Passe-Passe les voilà intégrés au détriment de la cohérence territoriale.

Je cite là le rapport page 13 et 17 chapitre 2… “Ce n’est que le 26 octobre 2018 qu’elle a signalé à M. Michel Maffre* président alors, l’existence d’intérêt privé, néanmoins la CRC relève qu’elle a continué à diriger les opérations”. N’y a-t-il pas ici dans un tel cas complicité ou incompétence délibérée ?

Le rapport de la CRC de la C3SM pointe de 2017 à 2020, je cite toujours : une administration désorganisée ; un pilotage financier aléatoire ; l’absence d’outils de pilotage de la masse salariale ; l’absence de projet de territoire ; l’absence de formalisation d’un PPI (Plan Particulier d’Intervention) ; la CRC demande des règles d’attribution et de versement des fonds de concours sur la base de critère équitable et transparent – Non-respect de la répartition des compétences entre l’EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) et les communes (ex. : école Mitterrand). Tout comme sur celui de la ville qui relève en 2016–6 annotations et 12 en 2020 aucune recommandation je dis bien aucune recommandation n’a été mise en œuvre mis œuvre par l’ancien ordonnateur… Recommandation qui pointe avant tout la mauvaise gestion”.

Et le maire de Pia d’enfoncer le clou, toujours devant les journalistes : “En préambule la Chambre Régionale des Comptes indique avoir déjà relevé dans son précédent rapport la dégradation financière de la commune qui trouve son origine dans une incapacité à maîtriser ses charges et qui s’est poursuivie malgré tout (…)”.

En conclusion, Jérôme Palmade ne mâche pas ses mots, en guise de coup de grâce : “Aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, j’accuse les anciens ordonnateurs de leur gestion catastrophique ! J’accuse les anciens DGS alors en poste d’incompétence délibérée. J’accuse les pouvoirs publics de leur silence en faveur des sirènes politiques. Je demande que chacun et chacune puissent rendre des comptes publiquement voire pénalement. Je demande à nos législateurs d’étudier une loi en vue de rendre responsables les élus de la gestion de l’argent public comme tout autre citoyen responsable de sociétés”.

 

*Michel Maffre, maire de Pia de 2015 à 2020 et ex président de la communautés de communes Corbières – Salanque – Méditerranée, aujourd’hui présidée par Jean-Jacques Lopez, maire de Salses-le-Château.