-“Madame la députée,

Le regroupement des associations signataires a adressé une lettre aux élus départementaux et aux députées pour leur demander de s’opposer par leur vote, le 5 octobre, au projet de privatisation du port au bénéfice de la Compagnie Fruitière, multinationale établie presque exclusivement en Afrique.

Vous avez répondu de la meilleure manière qui soit à l’appel angoissé des associations de votre circonscription qui, de Port-Vendres au Vallespir, est menacée par la folie bétonnière d’une majorité d’élus hermétiques au sens des mots Nature, Culture et Patrimoine. Depuis plus de 20 ans, les associations se battent contre la spoliation de la terre communale. Elles ont réuni un capital de connaissances irremplaçables qui a toujours été traité par le mépris par les autorités en particulier par la municipalité. Chaque élu doit savoir que sans esprit partisan, les associations ouvrent leur dossier à tous ceux qui veulent agir.

Vous avez en pleine légitimité avec la mission d’une élue nationale, saisi le Gouvernement et la Ministre de la Culture dont le rôle aurait dû être de veiller au respect du site. Son silence, comme celui de Madame Bachelot, ont livré le port antique aux démolisseurs. Mais ne vous leurrez pas les coups mortels qui visent la Vénus Pyrénéenne partent de beaucoup plus haut et pour faire craquer le béton, il faudra rassembler ceux qui aiment leur département et méprisent la corruption politico financière qui le gangrène. Il vous faudra convaincre la Présidente Malherbe et sans doute la Première Ministre, Madame Borne, qui dans un passé récent est intervenue fort malencontreusement dans ce dossier, de mettre un terme à ce massacre.

Peut-être arriverez-vous à prendre des mesures de sauvegarde immédiates. Peut-être vous faudra-t-il rencontrer Jérôme Fabre, le propriétaire de la multinationale, La Compagnie Fruitière, pour qu’il prenne la mesure de sa responsabilité dans la destruction d’un des sites parmi les plus importants de la Méditerranée selon la citation du regretté Cyr Descamps, l’archéologue fondateur de l’ARESMAR.

Faudra-t-il réveiller le Parquet de Perpignan qui depuis près de cinq ans mène une enquête préliminaire qui ne devait durer que trois  mois ? Il a en main des preuves qui mettent en cause l’éthique de certains élus et préfets qui ont couvert une fraude archéologique d’une ampleur sans précédent en France et en Europe.

Il est nécessaire que d’autres élus de tous bords rejoignent ce combat commun et qu’une enquête parlementaire révèle ce que les élus et la Justice persistent à nous cacher. Il faudra sans doute saisir la justice européenne voire ONUsienne pour que la vérité éclate. Mais sachez Madame la députée que vous avez doit au respect des associations sans distinction de tendance ou de partis.

 

Signataires : « Port-Vendres et les Portvendrais », « Collectif des Tamarins »