
Hier, mardi 12 mai, à Rivesaltes, aux côtés du maire Julien Potel (RN), de nombreux élus, associations et familles, ont assisté à l’inauguration de la plaque commémorative en hommage aux harkis et aux anciens combattants français

Cette plaque porte des mots forts et profondément émouvants : « À la mémoire des citoyens français, anciens combattants harkis — soldats de la France — et de leurs enfants, morts au camp de Rivesaltes. Que leur sacrifice ne soit jamais oublié. La Ville de Rivesaltes se souvient. »
–“Par ces mots, a tenu à souligner Michèle Martinez (RN), députée des Pyrénées-Orientales, nous rendons hommage aux harkis, à leurs familles, à leur courage et à leur fidélité à la France. Nous rappelons aussi les souffrances, l’exil et les blessures de l’Histoire qu’ils ont trop longtemps portés dans le silence”.
Le 12 mai demeure une date douloureuse pour de nombreuses familles harkies. Elle symbolise l’abandon de Français fidèles à la France, livrés aux représailles après la guerre d’Algérie.
–“À Rivesaltes, cette mémoire est profondément ancrée dans notre histoire, notamment à travers le camp Joffre, où tant de familles ont connu l’exil, la souffrance et parfois la mort, ont rappelé Julien Potel, le maire, et Michèle Martinez. La République leur doit le respect, la vérité historique et la reconnaissance. Le devoir de mémoire est indispensable pour transmettre cette histoire aux générations futures et ne jamais oublier ceux qui ont servi la France”.

Michèle Martinez, députée des P-O et Julien Potel, nouveau maire de Rivesaltes.
//////////Â Â Â //////////Â Â Â /////////
Ci-dessous, l’intégralité du discours prononcé par Julien Potel, maire de Rivesaltes, hier lors de l’inauguration de la plaque en hommage aux harkis :Â
-“Madame la Députée,
Monsieur le Directeur de l’ONAC,
Mesdames et Messieurs les élus,
Monsieur Nouali, Président de l’association les Harkis et la République Monsieur Krouk porte-parole du Collectif National Citoyenneté Française,
Mesdames et Messieurs les représentants des associations patriotiques et du monde combattant,
Chères familles,
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes réunis aujourd’hui à Rivesaltes pour inaugurer une plaque commémorative en hommage aux harkis et aux citoyens français anciens combattants.
Cette cérémonie revêt une portée particulière. Elle s’inscrit dans un devoir de mémoire, de reconnaissance envers des femmes et des hommes qui ont servi la France avec loyauté, courage et sens du devoir.
Le 12 mai est une date profondément symbolique pour les familles harkies. Elle rappelle une page douloureuse de notre histoire nationale, longtemps passée sous silence, mais qui demeure encore aujourd’hui une blessure vive dans de nombreuses mémoires.
Je suis issu d’un mouvement politique qui a toujours défendu l’œuvre civilisatrice de la France en Algérie, tout en rendant hommage à toutes les blessures liées à l’indépendance de ces départements français.
Mais surtout, nous avons toujours porté un profond respect à l’engagement des harkis, citoyens français à part entière, ainsi qu’aux souffrances immenses subies par eux-mêmes et leurs familles.
Le choix du 12 mai n’est pas anodin. Il fait écho au télégramme adressé le 12 mai 1962 par Pierre Messmer, alors ministre des Armées, aux autorités militaires françaises en Algérie.
Dans ce message classé « extrême urgence » et « très confidentiel », il était demandé de faire cesser les transferts de harkis et de leurs familles vers la métropole, de rechercher les officiers ayant organisé ces rapatriements et de sanctionner ces initiatives. Plus grave encore, il y était indiqué que les harkis arrivés en France par ces voies seraient renvoyés en Algérie.
Pour beaucoup de familles harkies, cette date symbolise l’abandon officiel de Français fidèles à la France, livrés ensuite aux représailles et aux massacres du FLN dans des conditions d’une violence effroyable. L’histoire des harkis ne s’arrête malheureusement pas là . Pour ceux qui ont eu la chance d’échapper aux massacres, l’arrivée en métropole demeure une autre page profondément douloureuse de notre histoire nationale. Les conditions d’accueil qui leur furent réservées constituent une souffrance supplémentaire qui, pour beaucoup de familles, ne cicatrisera jamais.
Ici, dans les Pyrénées-Orientales, et plus particulièrement à Rivesaltes, nous savons ce que fut cette réalité. Le camp Joffre reste dans les mémoires comme un lieu marqué par des conditions de vie indignes, aggravées par la rudesse du climat, l’isolement, la précarité et la détresse humaine de familles déracinées et abandonnées. Beaucoup y ont laissé leur vie. Des hommes. Des femmes. Des enfants aussi.
 Et comme une ultime blessure, la question du déplacement des sépultures demeure encore aujourd’hui une douleur profonde pour de nombreuses familles.
Sans entrer dans une polémique dont la justice devra se saisir sereinement, j’ai accueilli avec fierté l’initiative portée par Messieurs Nouali et Krouk visant à ériger cette plaque commémorative en hommage aux harkis et à leurs proches. Car cette plaque n’est pas un simple symbole. Elle marque la volonté de notre commune d’inscrire durablement dans l’espace public un lieu de mémoire républicain consacré à celles et ceux qui ont servi la France.
La municipalité de Rivesaltes exprime aujourd’hui solennellement sa profonde reconnaissance à toutes celles et ceux qui ont combattu aux côtés de la France.
Leur fidélité, leur engagement et les sacrifices consentis par leurs familles font pleinement partie de l’histoire nationale. La République leur doit le respect. La vérité historique leur est due. Et la mémoire de leurs souffrances ne doit jamais être effacée.
Le choix des Allées Maréchal Joffre donne à cette cérémonie une portée symbolique forte. Le Maréchal Joffre incarne l’engagement, le courage et le service rendu à la Nation. Associer ce lieu à cet hommage traduit notre volonté de reconnaître pleinement la place des harkis dans l’histoire française et dans la mémoire nationale. Cette cérémonie est aussi un message adressé aux jeunes générations. Une nation qui oublie ceux qui l’ont servie s’affaiblit elle-même.
Notre responsabilité est donc de transmettre cette histoire avec dignité, avec honnêteté et avec respect.
Je m’inscris pleinement dans cette démarche mémorielle et je soutiendrai toutes les initiatives allant dans ce sens : rendre hommage à ceux qui se sont battus pour la France, reconnaître leur fidélité, leur courage et les sacrifices immenses consentis par leurs familles.
La Nation française leur doit respect, considération et vérité historique.
Et ici, Ã Rivesaltes, il en sera ainsi.
Je vous remercie”.
Julien Potel, maire de Rivesaltes