Salvador Dali , 50 ans après de retour dans les Pyrénées Orientales 

Que la Fête commence ! 

Voici, en 3 étapes, le programme des commémorations du 50e anniversaire du voyage triomphal de Salvador Dali dans les Pyrénées Orientales :

 

1° Font-Romeu : Quand le génie prend de la hauteur

 

En 1939, fuyant les contraignantes menaces du Franquisme espagnol, Salvador Dali est venu  s’installer Grand Hôtel**** de Font Romeu. Ce palace de haute montagne avait été construit entre 1911 et 1913 pour le plaisir d’un clientèle huppée de financiers et de millionnaires en mal d’émotions vacancières. Desservi par la voie métrique du « petit Train jaune », qui s’arrêtait à Odeillo, ce gigantesque « paquebot des cimes » fut une formidable opportunité pour désenclaver le haut-plateau de Cerdagne et d’ouvrir la région inconnue des Pyrénées catalanes à l’économie moderne et au tourisme BCBG. Le député-journaliste Emmanuel BROUSSE (1866-1926) a oeuvré durant toute son existence pour la réussite de l’ambitieux projet et le développement de la Cerdagne. Un immense monument commémoratif a été  érigé à sa mémoire à la sortie de Mont-Louis. Le Grand Hôtel de Font-Romeu a perdu de son prestige après la seconde guerre mondiale. La clientèle de luxe n’était plus au rendez-vous et la situation financière s’est rapidement dégradée. Dès 1953, l’ensemble des bâtiments fut mis en vente. La fermeture de l’unité hôtelière en 1975 a marqué la fin de la belle aventure. Le prestigieux Grand-Hôtel devenait une résidence divisée en appartements et en studios privés. En  1988, les façades, la cage d’escalier, la toiture et les éléments de décor ont été inscrits à l’inventaire des Monuments historiques.

 

Au Grand Hôtel, Salvador DALI a occupé en 1939 avec sa muse Gala une suite, qui avait été réquisitionnée peu avant par le général Maurice GAMELIN, en visite d’inspection le long de la frontière espagnole. Le peintre y peignait douze heures par jour pour créer la toile (peu connue) « Philosophe éclairé par la lumière de la lune et du soleil couchant » (120 x 160 cm). La guerre était proche. Quand la mobilisation obligeait l’hôtel de fermer, le couple Dali est parti pour aller s’installer à Arcachon.

 

L’action commémorative de l’OCD (Office de la Culture et du Patrimoine), une structure de bénévoles motivés, proche de la Mairie de Font-Romeu, placée sous la présidence d’Olivia WESTHEAD, est empreinte d’originalité. Pour honorer la mémoire de Salvador Dali,  l’OCD a pu obtenir de l’association des propriétaires de la résidence privée que le Grand Hôtel soit exceptionnellement ouvert au public. Le « Wagon de Dali » sera amené début juillet sur l’esplanade du « paquebot des ciimes » et exposé durant trois semaines face à la chaîne frontalière des Pyrénées. Le paysage y est grandiose.   L’ouverture de la manifestation « Dali au Grand Hôtel » aura lieu le vendredi 10  juillet à 17h00. Le célèbre fourgon-modèle de 1965 sera ouvert tous les jours  de 15 à 18 heures au grand public, gratuitement. Le « wagon » sera un formidable lieu de mémoire mobile et servira d’attraction dalinienne jusqu’au mardi 28 juillet. Pendant ce temps fort culturel, six artistes-peintres connus proches du mouvement créatif des « Héritiers de Dali » présenteront dans le cadre prestigieux du hall et du noble bar du Grand Hôtel 27 oeuvres d’Art originales d’inspiraton surréaliste. Il s’agit de 3 peintres occitans : Elie BRUNET  (Pau), Willy CHARPENITIER (Toulouse), Leo de FAUCHER (Carcassonne) et de 3 peintres catalans : Jean-Pierre DULUCQ, Didier MERCERET et Denis MICHEL, tous originaires de Perpignan. L’été dalinien de Font-Romeu vaut le détour. Le mois de juillet 2015 sera une bonne occasion de monter en Cerdagne pour découvrir le patrimoine et les brillants peintres pyrénéens.

 

2° Perpignan 2015 : un wagon dans la Ville

On Tout le monde connaît la fabuleuse histoire du « Wagon de Dali« . A la suite de son voyage initiatique dans le Roussillon au mois d’août 1965, Dali a créé une immense toile emblématique intitulée « Le Mystique de la Gare de Perpignan ». Le mystérieux tableau réunit un ensemble de symboles d’ordre religieux (le Christ crucifié) et rural (le couple légendaire de l’Angélus de Millet, une brouette et des outils agricoles). Pour marquer l’identité ferroviaire de l’oeuvre,  le peintre surréaliste a reproduit dans la partie supérieure de l’oeuvre un étrange véhicule hybride rail-route, bardé de chiffres et de codes. Dans le cadre de ses investigations entamées en 1983 sur les sources du génie créatif de Dali, l’auteur luxembourgeois Roger Erasmy (c’est-à-dire moi-même) a fini par retrouver en 1986 le modèle iconographique de 1965. L’aide logistique du service d’immatriculation de la Préfecture des Pyrénées Orientales a conduit le chercheur-exégète dans les bureaux des Transports Raymondis. Grâce à des indications précises, Roger Erasmy a pu localiser le wagon sur le terrain de la gare de tri SNCF de Perpignan / Saint Assiscle. Avec l’accord du propriétaire (Raymondis), le fourgon-modèle de Dali a été transformé en « plus petit espace surréaliste du monde ». Devant les réticences de la Mairie de Perpignan, le « Wagon » a été transféré en 1994 à Rosas (Costa Brava) pour animer le tourisme international du « Triangle dalinien » (Figueras-Cadaquès-Pῡbol). L’ouverture eut lieu le 6.6.1995 avec le concours médiatique de la pulpeuse vedette de la TV espagnole Marlene Moureau. 84.000 visiteurs européens ont visité le « Wagon de Dali » à Rosas.

 

Après un séjour éphémère devant la Gare de Perpignan, en 1999,  le fourgon surréaliste a tenu au cours du Centenaire Dali 2004 un rôle mobilisateur à Perpignan au Mas Sant Vicens de Saint-Gaudéric et au Téléthon de Luchon (31).  A partir de 2005, le « Wagon de Dali » est parti en tournée européenne comme « antenne mobile de la gare de Perpignan ». Après de multiples performances culturelles en Bavière, le « Wagon de Dali » est revenu en France. L’accueil officiel au  Grand Palais des Champs-Elysées (Paris) fut un événement exceptionnel suivi par 30.000 amateurs d’Art et de Surréalisme. Voir la vidéo : http://vimeo.com/80861882 . Au cours de l’été 2014, le wagon a servi de « think tank » au collectif des « Héritiers de Dali », qui ont mis au point l’ambitieuse Charte Faber 21 (signification : FAntastic BEauty Regeneration)  pour réagir contre les dérives mercantiles du soi-disant « art contemporain » sans réel contenu culturel. Nommé gérant culturel du « Wagon de Dali » par le propriétaire Raymondis, Roger Erasmy (moi-même) a voulu que le fourgon surréaliste se trouve dans les Pyrénées Orientales en 2015 pour être placé au centre des animations  du Cinquantenaire Dali 2015 (à Font-Romeu et à Perpignan).

 

Les célébrations de Font-Romeu sont orchestrées d’une manière exemplaire par l’association OCP (voir sous ). A Perpignan, les choses sont plus compliquées. J’ai dû batailler pour que « Wagon de Dali » soit exposé au mois d’août 2015 en ville sur la Place de la Victoire, proche du Castillet et non devant la gare (où il avait  déjà été présenté à 3 reprises).  Voir en pièce jointe N° 2 le plan géographique de l’itinéraire dalinien de 1965. Il s’agit de rendre le wagon accessible au grand public des Perpignanais et des estivants du mois d’août. Tout le monde n’a pas forcément envie d’aller jusqu’à la station ferroviaire. Le fourgon arrivera depuis Font-Romeu le mercredi 29 juillet, selon les accords que j’ai conclus avec le transporteur attitré Grues Padrosa de Figueras. J’ignore la date d’ouverture officielle du « Wagon de Dali« . Les services culturels de la municipalité ne communiquent pas ! Je ne peux rien vous dire non plus des animations de rue, préconisées pour le 27 août par l’adjoint responsable de la Culture, Mr Michel PINELL (tel : 06 34 40 34 58), qui ne répond pas à mes courriels. 

 

3° La gare de Perpignan : enfin « Centre du Monde »  ?

 

Depuis les années 1950, Salvador Dali a utilisé la gare de Perpignan comme lieu d’expédition privilégié de ses coûteuses toiles vers sa clientèle américaine. En 1963, la station ferroviaire est devenue le « centre du monde » de la cosmogonie dalinienne. Quand l’auteur Roger Erasmy (moi-même) a retrouvé le « Wagon de Dali » en 1986, il a élaboré plusieurs projets de monuments (dont le concept d’un Memorial Salvador Dali), proposés à la Mairie de Perpignan. Face à l’indifférence de la municipalité, la carrière européenne du « Wagon » a commencé à Rosas sur la Costa Brava comme espace culturel vivant sur le fameux « Triangle Dalinien. Je n’ai jamais arrêté de militer pour un lieu de mémoire dalinien à Perpignan. Il faut savoir que le Teatro-Museo accueille tous les ans + 1.500.000 visiteurs venus du monde entier, alors qu’il n’y a toujours RIEN à Perpignan, 50 années après le glorieux voyage de Salvador Dali en août 1965.

 

Lors d’une interview (enregistrée), le maire Mr Jean-Marc PUJOL avait évoqué en septembre 2014 l’idée originale d’une exposition significative, présentée en « hommage à Dali » à la nouvelle gare TGV. Les déclarations du Maire figurent sur la vidéo « Gare à Dali » (minutes 27′ à 32 »du DVD, qui arrivera cette semaine dans les Rédactions). Huit mois après, l’adjoint chargé de la Culture, Mr Michel PINELL (tel : 06 34 40 34 58), m’a fait savoir brutalement le 21 mai 2015 lors d’une réunion de travail à l’hôtel de ville que l’exposition « Gare à Dali » était annulée, sans la moindre concertation. La première démonstration publique du collectif rénovateur européen FABER 21 a disparu du programme des festivités de l’été 2015 ! L’action culturelle est un métier difficile.

 

Le 2 juin 2015, j’ai lancé la campagne OSER DALI, ENFIN pour sensibiliser les Elus de Perpignan. Un seul interlocuteur a répondu à mon appel. Il s’agit de Mr Robinson OSORIO, directeur du « Center del Mόn« . J’ai pu rencontrer ce décisionnaire lucide le 18 juin 2015 à Saint-Assiscle. Pour 2015, il est trop tard pour monter avec le collectif FABER 21 une manifestation « haut de gamme » crédible. Mais les perspectives sont désormais prometteuses. La nouvelle gare TGV du « Centre du Monde » de Perpignan aura prochainement un lieu de mémoire consacré à l’illustre Salvador Dali, qui reste le bienfaiteur alchimique de l’Infidelissima Vila. (voir la PJ n° 3). C’est probablement la meilleure information du Cinquantenaire.

 

SNCF Affiches dali Gare de Perpignan

Perpignan 2015 Wagon au Castillet 2A