C’est donc décidé. La nouvelle école va porter le nom de Jules Ferry. Si ce dernier a mis en place, l’école obligatoire et gratuite pour tous, il n’en reste pas moins l’opposant déterminé aux fédérés en 1871, lors de la commune de Paris.

Franc-maçon et maire de la capitale à ce moment-là, il a fui cette dernière tout en restant maire pour un temps. Ce sont les Franc-maçon qui ont traîné les pieds pour marcher sur Versailles où siégeait le gouvernement dirigé par Thiers, mettant ainsi en péril la commune naissante. Louise-Michel, « la vierge rouge », a abandonné ce mouvement.
Jules Ferry, c’est aussi le colonialisme dont il a été le fervent défenseur et qui lui a coûté sa carrière politique.
Certes, en toute personne existent des contradictions. Certaines de ces dernières sont tolérables d’autres non, à chacun son choix, mais il faut les dire. Les taire, c’est mentir, or nous avons besoin de vérité pour sortir notre pays de l’ornière dans laquelle il se trouve. Tous les citoyens, qui ont à cœur leur pays, le disent. Dans toutes les discussions, sur n’importe quel sujet, c’est toujours le même leitmotif qui revient. Les citoyens sont devenus méfiants face à la parole politique.
Baptiser une école du nom de Jules Ferry, lorsque l’on connaît le passé historique sulfureux du personnage, dans le village de François Arago qui a signé l’abolition de l’esclavage, qui était un maître dans l’art de diffuser l’instruction au plus grand nombre, cela le jour de sa fête, n’est-ce pas quelque part, renier toute sa pensée devenue universelle ? N’est-ce pas mettre au placard toute idée d’avancées sociales, et se couler dans le moule du politiquement correct dont nous subissons les méfaits tendancieux ?
Nous espérons que la volonté d’utiliser ce nom, n’est due qu’à une simple précipitation pour le choix. Nous pouvons tout comprendre lorsque des explications sont données. Le seront-elles lors de la fête Arago ? Aurons-nous droit à des explications lors du discours pendant l’inauguration ?
Il nous semble que pour assumer au mieux une responsabilité politique, il est indispensable de mesurer de telles décisions et de ne pas prendre des raccourcis avec l’histoire. L’équipe municipale compte pourtant un historien. Il ne peut pas ignorer cela. Il ne peut pas avoir fait l’impasse sur ce problème si son avis a été sollicité. Ne pas prendre en compte toutes les histoires qui font celle avec un grand H, dans ce cas comme dans tous les autres possibles et imaginables, c’est créer des polémiques qui empêchent l’unité, le « vivre ensemble » d’une population.
Cela va à l’encontre de tous les discours de rassemblement que nous pouvons entendre émanant d’hommes politiques de gauche, de partis de gauche. Pour une commune dirigée par un maire communiste, cela fait désordre. Espérons que le malentendu sera levé.
Joseph JOURDA.